La BBC s'excuse d'avoir menti à Lady Diana pour obtenir l'interview explosive de 1995

La BBC s'excuse d'avoir menti à Lady Diana pour obtenir l'interview explosive de 1995

SCANDALE - Une enquête indépendante menée par l'ex-juge de la Cour Suprême John Dyson a établi que le journaliste Martin Bashir a falsifié des documents pour obtenir l'entretien fracassant de Lady Diana, alors suivi par 23 millions de téléspectateurs.

Près d'un quart de siècle après la célèbre interview de Lady Diana, la BBC présente publiquement ses excuses à la famille royale. Le rapport Dyson publié ce jeudi dénonce les méthodes "trompeuses" employées par leur journaliste Martin Bashir pour convaincre la princesse de se livrer sans filtre sur son mariage raté avec le prince Charles. Alors âgé de 32 ans, le journaliste aurait approché le comte Charles Spencer, petit frère et confident de Diana, exhibant de faux extraits de compte bancaire censés prouver que des gens, dans l’entourage de la princesse, étaient payés pour la surveiller. Un comportement qui constitue une "sérieuse violation" des principes éditoriaux de la grande chaîne publique britannique.

Le fils aîné de Lady Di avait salué le lancement des investigations par l'ex-juge de la Cour Suprême John Dyson en novembre dernier. "Les employés de la BBC ont raconté de fausses histoires glauques à propos de la famille royale, ce qui a nourri ses peurs et sa paranoïa", a affirmé le prince William ce jeudi. "À mon avis, la façon trompeuse avec laquelle l'interview a été obtenue a considérablement influencé ce que ma mère a dit et a empiré la relation de mes parents", menant à leur divorce.

Mais sa charge la plus lourde, il l'adresse contre les dirigeants de la BBC de l'époque, expliquant : "Ce qui m’attriste le plus, c'est que si la BBC avait correctement mené l’enquête après qu’ont émergé les premières plaintes, en 1995, ma mère aurait su qu’elle avait été trompée. Elle a été dupée non seulement par un journaliste voyou, mais aussi par les responsables de la BBC qui ont regardé ailleurs au lieu de poser des questions difficiles."  

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Cette culture de l’exploitation et ces pratiques non éthiques ont fini par lui coûter la vie.- Prince Harry

Outre-Atlantique, son petit frère Harry a également réagi, avec plus de force encore. "Cette culture de l’exploitation et ces pratiques non éthiques ont fini par lui coûter la vie", assène-t-il, en référence au décès de Lady Diana moins de deux ans plus tard dans un accident de voiture sous le pont de l'Alma à Paris, alors qu'elle était traquée par des paparazzis."Notre mère était une femme incroyable qui a consacré sa vie à son devoir. Elle était résiliente, courageuse, et absolument honnête"

Lors de cet entretien télévisé, le 20 novembre 1995, Lady Di avait notamment affirmé qu'il y avait "trois personnes" dans son mariage, en raison de la relation que Charles entretenait avec Camilla Parker Bowles (mariés depuis 2005), et reconnaissait entretenir elle-même une liaison extra-conjugale."Voir les problèmes conjugaux de ses parents exposés à plus de 20 millions de téléspectateurs a été un traumatisme dont il ne s'est jamais remis", explique Marc Roche, spécialiste de la famille royale, sur TF1, à propos du prince Harry qui entretient des rapports orageux avec la presse britannique. "Il entendait régler ses comptes avec la BBC le plus vite possible."  

À l'époque où la presse traquait sans relâche la princesse de Galles, tous les coups étaient permis pour obtenir le cliché qui allait défrayer la chronique. Mais "personne ne s'attendait à ce que l'acteur de l'audiovisuel public, payé par le contribuable, utilise les mêmes méthodes de voyous qu'étaient les tabloïds", poursuit l'expert. 

Face au tollé, le gouvernement a de son côté indiqué qu'il allait examiner la nécessité de réformer la gouvernance de la BBC, dont il questionne le financement par la redevance publique et où il tente de placer des alliés des conservateurs. "J'espère vraiment que la BBC prendra toutes les mesures possibles pour garantir qu'une telle situation ne se reproduise plus jamais", a ainsi déclaré le Premier ministre Boris Johnson. 

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L'auteur de l'un des plus grands scoops du 20ᵉ siècle, 58 ans, a quitté l'organe de presse officiellement pour des raisons de santé. Quant à l'ancien directeur général Tony Hall, alors directeur de la rédaction au moment des faits, il s'est excusé après la publication du rapport, reconnaissant que l'enquête interne menée en 1996 "était bien en deçà" des standards requis. Il a également reconnu avoir eu "tort de donner à Martin Bashir le bénéfice du doute". Et a démissionné de ses fonctions de président de la National Gallery afin de ne pas entacher la célèbre réputation du musée londonien. 

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