La chanteuse France Gall est morte à l’âge de 70 ans

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DISPARITION – France Gall est décédée ce dimanche matin à l’âge de 70 ans des suites d'un cancer. L’annonce a été faite par son entourage. La chanteuse à la santé fragile avait été hospitalisée en urgence fin décembre en raison d’une infection sévère.

Un monument de la musique française. La chanteuse France Gall est décédée à l’âge de 70 ans ce dimanche matin peu après 10h des suites d'un cancer, entourée, d'après Gala, de son compagnon Bruck Dawit et de son fils Raphaël. L’interprète de "Résiste", "Comment lui dire", "Les Sucettes", "Samba Mambo" ou encore "Viens, je t’emmène" avait été admise en urgence à l'hôpital américain de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) en décembre dernier, peu avant Noël, en raison d’une infection sévère, la suite de multiples problèmes de santé ces dernières années. 


Preuve du choc, les hommages et témoignages d’affection foisonnent depuis l’annonce de sa mort en fin de matinée. "France Gall a traversé le temps grâce à sa sincérité et sa générosité. Elle laisse des chansons connues de tous les Français et l'exemple d'une vie tournée vers les autres, ceux qu'elle aimait et ceux qu'elle aidait", a par exemple écrit Emmanuel Macron. "Il y a des mots qu'on ne voudrait jamais prononcer. France Gall a rejoint le Paradis blanc le 7 Janvier, après avoir défié depuis 2 ans, avec discrétion et dignité, la récidive de son cancer", a indiqué sa chargée de communication Geneviève Salama dans un texte transmis à l'AFP. 

Diagnostiquée d'un cancer du sein en 1993, un an après le décès soudain de son mari Michel Berger d'un infarctus, France Gall avait fini par se retirer de la scène après le décès de sa fille Pauline, victime de la mucoviscidose, en 1997. Rompant son silence, elle était revenue dans la lumière en 2015 pour la comédie musicale "Résiste", qui remettait au goût du jour les titres du couple icône qu'elle formait avec Michel Berger depuis leur mariage en 1973. Une période au cours de laquelle la native du XIIe arrondissement de Paris - prénommée Isabelle à la ville - avait fini de se faire une place parmi les artistes préférés des Français. 

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ARCHIVES - "Résiste", la comédie musicale dédiée à France Gall

Une idylle amoureuse et artistique

Rien n'était pourtant aquis, malgré des débuts tonitruants. Après avoir multiplié les succès, notamment grâce à la plume de Serge Gainsbourg ("N’écoute pas les idoles", "Laisse tomber les filles", "Baby Pop", "Les Sucettes") qui lui permettra de remporter le concours de l'Eurovision 1965 - sous les couleurs du Luxembourg - avec "Poupée de cire, poupée de son", France Gall connaît ensuite une traversée du désert. 


Des années difficiles dont elle va se relever grâce à sa rencontre avec Michel Berger, l'amour de sa vie avec qui elle va trouver la sérennité que n'avaient su lui donner Claude François puis Julien Clerc. "Ça a transformé mon existence, ma vie. Ça m’a apaisée", confiait-elle à porpos de lui bien des années plus tard à propos de "celui qui chant[ait]".  


Dès 1974, la réussite revient et chaque année de la décennie ou presque est marquée par les tubes. France Gall profite à plein. Les années 1980 sont du même acabit. "Il jouait du piano debout", "Tout pour la musique", Diego libre dans sa tête", "Babacar", "Ella, elle l’a", "Evidemment"… : l’idylle entre le compositeur et sa muse accouche de refrains aussi entêtants qu’indémodables. Cette époque, c'est aussi celle de son engagement humanitaire. 

Moi, je ne construis que ma vieFrance Gall, en 1987

Amoureuse du Sénégal, où elle se fera plus tard construire une maison, et de l'Afrique en général, celle qui est surnommée "Babou" se joint aux "Chanteurs sans frontières" pour s'investir en faveur de l'Ethiopie. Avec Action Ecoles, une association fondée par le couple Berger-Gall aux côtés, entre autres, de Richard Berry et de Daniel Balavoine, elle en fait ensuite de même avec le Mali. Un altruisme et une générosité qui l'installent encore un peu plus dans le coeur de ses fans.


Dévastée par la mort de Michel Berger, France Gall se fait alors plus rare. Une rareté qu'elle cultivera jusqu'à son retrait de la scène, quitte à sortir un peu des radars médiatiques. Ce qu'elle assume et revendique pleinement. "Qu’il reste quelque chose de moi m’indiffère. Je ne suis pas comme ces personnalités politiques qui éprouvent le besoin de faire bâtir un monument afin de laisser une trace tangible de leur passage : moi, je ne construis que ma vie…", disait-elle dès 1987. 


Retirée, elle reviendra seulement pour une dernière apparition live à l'Olympia en duo avec Johnny Hallyday pour interpréter "Quelque chose de Tennessee". Un symbole. Finalement décédée un mois et deux jours après la disparition du taulier, la chanteuse blonde aux yeux bruns rejoint elle aussi à présent le panthéon de la chanson. Aux côtés de Johnny comme de tous les autres monuments de la musique française.

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