Le jour où j'ai cherché le ciel au Palais de Tokyo

Le jour où j'ai cherché le ciel au Palais de Tokyo

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SURPRISE – Les œuvres et installations de plusieurs artistes contemporains sont réunies au Palais de Tokyo à l'occasion d'une exposition baptisée ''L'état du ciel''. L'occasion d'une visite riche en sensations.

J'aurais dû me méfier. Au Palais de Tokyo , on ne trouve jamais ce qu'on est venu chercher. Naïvement, en arpentant l'exposition ''L'état du ciel'', qui se tient jusqu'au 7 septembre, je pensais trouver des œuvres d'art contemporain ayant trait au climat ou à l'espace. Surprise, il est ici question de temps politique, d'un ''temps où voir est déjà une manière d'agir''. Abandonnant toutes tentatives de compréhension, je décide de laisser mes pas me guider à travers les trois étages de cet espace labyrinthique.

Au niveau supérieur, l'installation de Georges Didi-Huberman et d'Arno Gisinger me plonge dans une ''Histoire de fantôme''. Sur plus de 1000 m2, une vingtaine de vidéos – extraits de films et de documentaires liés à la mort – sont projetées au sol. Au mur, des photos reprennent ce thème. Entre les images captivantes et le fond sonore constitué de pleurs, l'émotion monte. A côté, je découvre l'œuvre déconcertante ''Mo's Swallow'',  de David Douard . Une main dépasse d'une boîte aux lettres défoncée. Une machine pleine de câbles et décorée de cartables fait des soubresauts derrière un rideau. De l'eau coule dans des fontaines constituées de tuyaux et de vasques en plastique. Des cages à hamster tournent sur elles-mêmes. Des sculptures monstrueuses rappellent le genre humain. Je ressors avec une vague impression de fin du monde.

Interdit de ne pas toucher

Dans l'espace intermédiaire, des visiteurs rigolent : ''C'est une œuvre ou des travaux ?''. Face à un pan de mur en carton troué de gigantesques cercles, dont certains gisent sur le côté, le doute est permis. A côté, vision surréaliste, des gamins roulent sur de superbes vélos signés Ann Veronica Janssens. Une injonction écrite au mur m'ordonne d'essayer une sculpture en forme de fauteuil déstructuré et orné de deux miroirs. Argh, j'aurais dû éviter de mettre une jupe ! Plus loin, d'autres enfants s'éclatent avec des structures métalliques modulables tandis que les parents plus timorés se demandent par quel bout prendre l'œuvre.

Je m'enfonce ensuite vers le dernier niveau du Palais de Tokyo. Après avoir cru m'être égarée dans un parking désaffecté, je pousse une porte et tombe sous le choc. Dans une pièce très sombre, je me retrouve face à une vidéo de forêt peu engageante. La musique est angoissante. Le tout me prend à la gorge. Au bout d'un couloir tapissé d'une matière indéfinissable, qui rappelle le bois, je pénètre dans une salle où une rivière et une cascade surgissent sur deux immenses écrans. Des espèces de rochers renforcent ce sentiment d'être parvenu dans un nouveau monde, une autre nature. L'eau y coule à l'envers. Après un second sas, un film, consacré à une énorme machine, laisse à penser qu'il n'y a plus âme qui vive. Je ressors fascinée par cette installation d'Angelika Markul, jeune plasticienne d'origine polonaise. C'est finalement dans le sous-sol du Palais de Tokyo que j'ai atteint le 7e ciel.

''L'état du ciel'', au Palais de Tokyo, Paris XVIe, jusqu'au 7 septembre. Tarifs : de 8 à 10 euros. Infos : 01 81 97 35 88.

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