"Loin de la foule déchaînée" : quand "Festen" rencontre "Autant en emporte le vent"

"Loin de la foule déchaînée" : quand "Festen" rencontre "Autant en emporte le vent"

CULTURE
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ROMANCE - Déjà adapté en 1967 avec Julie Christie, le roman de Thomas Hardy "Loin de la foule déchaînée" revient sur les écrans dans un nouveau mélo hollywoodien signé Thomas Vinterberg, un réalisateur que l’on n’attendait pas dans l’exercice.

Thomas Vinterberg, c’est La Chasse, Festen et Submarino. Soit le meilleur cinéma d'auteur européen. Aujourd’hui, c’est aussi Loin de la Foule Déchaînée, un mélo hollywoodien pur jus que l’on n’aurait pas spontanément associé à son nom. "C’est un film de commande, une demande de Hollywood", nous raconte le cinéaste danois. "C’est peu commun pour moi mais quand j’ai lu le scénario, j’ai eu cette réaction chimique inexplicable : je suis tombé amoureux de cette héroïne forte et vulnérable." Cette femme, c’est Bathsheba Everdeene, héritière de l’Angleterre victorienne qui, bien que d'abord décidée à refuser les diktats sociaux de l’époque et à vivre sans mâle, verra son coeur balancer entre trois prétendants : un séduisant soldat (Tom Sturridge), un voisin bourgeois (Michael Scheen) et l’intendant de son domaine (Matthias Schoenaerts).

"Festen avait été pensé comme un classique"

Cette histoire de passion, d’indépendance et de féminisme avant l’heure, le metteur en scène la conte avec un classicisme assumé. "Mes amis m’ont demandé ce qui me prenait de faire ce film mais je suis un inconditionnel des grandes romances hollywoodiennes comme Autant en emporte le vent ou Docteur Jivago. D’ailleurs, Festen avait été pensé comme un de ces classiques. Si vous enlevez l’inceste et les règles du dogme, vous avez une famille en guerre, des nœuds papillons, des chandeliers, un manoir en campagne", explique le réalisateur. "Ici, je respecte juste davantage la tradition. Je voulais faire un film que vous regardez pendant les vacances de Noël avec un bon feu de cheminée."

Pari réussi : aventure, passion romanesque et décors bucoliques régaleront les âmes sensibles qui devraient par ailleurs succomber au charme espiègle de Carey Mulligan et au charisme de Matthias Schoenaerts, subtil mélange de sensibilité et de testostérone. "Comme je n’étais pas auteur mais seulement réalisateur, j’ai pu me consacrer 100% à la direction d’acteurs et à la mise en scène", souligne le cinéaste. "Je fais des films depuis mes 16 ans, je suis très attaché à mon travail personnel, mais adapter le texte d’un autre m’a presque soulagé." Pas question pourtant de céder à la facilité. Après avoir réalisé La Commune, un film en danois inspiré de son enfance dans une communauté à tendance hippie, il prépare un long-métrage qu’il annonce comme "une célébration de l’alcool". Moins hollywoodien, sans doute.

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