Longtemps critique de Netflix, Steven Spielberg pactise avec le géant du streaming

Longtemps critique de Netflix, Steven Spielberg pactise avec le géant du streaming

HISTORIQUE – Patron du box-office américain depuis plus de 40 ans, Steven Spielberg annonce s’associer avec Netflix pour produire plusieurs films par an, destinés au géant du streaming payant. Un virage radical pour celui qui a longtemps milité contre le modèle économique des plateformes.

Certains voyaient en lui le dernier défenseur des vieux studios contre l’irrésistible ascension des plateformes. Visiblement, il a changé d’avis. Steven Spielberg a annoncé que sa société de production Amblin Partners venait de signer un accord avec Netflix afin de produire plusieurs films par an à destination du géant du streaming payant.  

"Chez Amblin, raconter des histoires sera toujours au centre de tout ce que nous faisons", écrit le cinéaste âgé de 74 ans dans un communiqué. "À la minute où nous avons commencé à discuter avec Ted (Sarandos, le patron de Netflix – ndlr), il était clair que nous avions l’opportunité de raconter de nouvelles histoires ensemble et de toucher le public de nouvelles manières." 

Il voulait exclure Netflix des Oscars

Steven Spielberg précise que cette association ne met pas un terme à l'accord qu’il a noué de longue date avec Universal pour la distribution des films d’Amblin au cinéma. Il a d’ailleurs été renouvelé en décembre dernier. Mais en faisant un pas en direction de la société qui ébranle Hollywood dans ses certitudes, le cinéaste montre qu’il a mis de l’eau dans son Coca. 

En 2018, lors de la promo de Ready Player One, Steven Spielberg avait ouvertement critiqué la stratégie des plateformes qui consistent à exploiter brièvement un film en salles, afin qu’il soit éligible aux Oscars, avant de le mettre à disposition de ses abonnés. "Une fois que vous vous engagez sur un format télévision, vous êtes un téléfilm", avait-il déclaré à la chaîne britannique ITV.

Quelques mois plus tard, le cinéaste aurait même tenté de convaincre la direction des Oscars de revoir les règles d’éligibilité des films pour empêcher les plateformes de faire une razzia sur les nominations. Non seulement il n’a pas été entendu, mais de nombreux cinéastes de premier plan comme Martin Scorsese, David Fincher ou Alfonso Cuaron ont trouvé refuge chez Netflix, louant la liberté créative qui leur était accordée.

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S’il a résisté plus longtemps que les autres, Steven Spielberg avait prophétisé dès 2013 ce rapprochement avec les nouveaux acteurs du streaming. Lors d’une conférence à l’université de Californie avec son vieux copain George Lucas, il avait déploré le manque de prise de risques des studios "qui préfèrent investir 250 millions de dollars dans un blockbuster plutôt que de produire plusieurs films qui sont très intéressants, profondément personnels – et peut-être historiques." 

Le cinéaste avait déjà effectué un premier rapprochement avec l'univers des plateformes en s'associant l'an dernier  à AppleTV+ pour lancer une nouvelle mouture d'Histoires Fantastiques, la série télé qu'il avait lancé dans les années 1980. Une collaboration qui, à l'époque, avait été présentée par Variety comme "une claque pour Netflix". Elle a visiblement été pardonnée.

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