Maïtena Biraben dit stop "à la course à la vitesse, au buzz et au clash"

Maïtena Biraben dit stop "à la course à la vitesse, au buzz et au clash"
CULTURE

MISE AU POINT - Maïtena Biraben dénonce dans une tribune "la course à la vitesse et au buzz" des journalistes. Une réaction à chaud publiée sur le site du Figaro, après le très critiqué traitement médiatique de l'élection de Donald Trump.

Maïtena Biraben aurait-elle du mal à digérer son éviction du Grand Journal ? Ou est-ce vraiment le traitement médiatique de la course à la présidentielle américaine et l'élection de Donald Trump qui l'a fait sortir de ses gonds ? Cinq mois après son départ de Canal +, la journaliste a décidé de vider son sac dans une tribune publiée sur le site internet du Figaro

Ses premiers mots, Maïtena les consacrent à elle-même. Elle qui n'a pas de carte de presse, qui n'a pas fait d'école de journalisme et ne fait pas partie de ce milieu journalistique. " (Je) viens du divertissement télévisuel", soutient-elle. Son idée de la profession, ce sont des gens comme Joseph Kessel, Anne Sinclair et Christine Ockrent qui la lui ont conféré. "Ils évoquaient respect, intelligence et distance. Les médias étaient alors le 4ème pouvoir." Une période révolue, selon elle. 

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    Maïtena Biraben dénonce lourdement le journalisme d'aujourd'hui. "La course à la vitesse, au buzz, au clash priment et dévorent le métier", pointe-t-elle du doigt. Elle évoque "des journalistes déconnectés, qui semblent avoir morgue et mépris pour le 'désordre' créé par les ignorants de la vraie vie, comme, par exemple, au lendemain de l'élection européenne de 2005" sur le projet de traité constitutionnel européen. "Au lendemain de l'élection de Donald Trump, on entend et on lit les Mea culpa de ceux qui n'ont pas voulu comprendre, entendre ou voir", ajoute-t-elle à propos du contexte actuel.

    La journaliste en profite aussi pour régler ses comptes avec ceux qui l'ont taclée après ses propos sur le Front national lors du Grand Journal du 24 septembre 2015. Elle avait affirmé que c'était le parti de Marine Le Pen qui tenait et incarnait souvent "les propos de la vérité" : "J'ai cette année été prise dans une tempête médiatique après avoir dit sur Canal, que le FN est perçu pour beaucoup, comme le parti du 'parler vrai'. Tollé," dénonce-t-elle. 

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      Maïtena ajoute : "Que j'ai été malhabile est un fait ('discours de vérité'). Mais au delà de ma tournure, que le fond du propos ait soulevé l'indignation est un problème! J'appartiens à ceux qui pensent que le Front National et ces membres doivent être reçus au même titre que les autres avec une attention et un travail tout particulier. (...)  Ne pas pouvoir le dire est effarant et dangereux car cela nourrit la colère, et creuse encore le fossé qui sépare ceux de la fameuse 'vraie vie' et les autres." 

      Après la dénonciation vient la mise en garde : "Il y a tant de journalistes qui ne sont ni déconnectés, ni donneur de leçon, ni pétris de certitudes, plébiscite à la fin de sa tribune l'ex-tête d'affiche de Canal +. Qui ne distribuent pas de points. Qui informent. Nous savons tous, combien c'est précieux. A l'heure du populisme et du grand capital flambloyants , prenons y garde, car c'est aussi fragile." 

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