Accusé d’agressions sexuelles, le rockeur Marilyn Manson va devoir s’expliquer au tribunal

Accusé d’agressions sexuelles, le rockeur Marilyn Manson va devoir s’expliquer au tribunal

POURSUIVI - La comédienne Esmé Bianco a déposé plainte en fin de semaine dernière contre Marilyn Manson. Elle est la première à engager des poursuites judiciaires depuis que Evan Rachel Wood, l’ex-compagne du rockeur, a publiquement dénoncé les violences que ce dernier lui aurait fait subir lorsqu’ils étaient en couple.

Pour Marilyn Manson, les choses sérieuses ne font sans doute que commencer. Après avoir été accusé début février d’agressions physiques et psychologiques par son ex-compagne, la comédienne Evan Rachel Wood, et par plusieurs femmes l’ayant côtoyé, le rockeur américain de 52 ans avait été lâché par son label, son attaché de presse et l’agence qui le représentait en tant qu’acteur tandis que les producteurs de plusieurs séries où il figurait prenait la décision de le couper au montage. Un désaveu public inévitable, dans l’Amérique post-MeToo, pour un artiste qui avait jusque-là résisté à toutes les controverses, qu’il déchire la Bible sur scène où qu’on l’accuse d’avoir inspiré les auteurs de la tuerie de Columbine.

Après avoir publié un démenti laconique, où il affirmait que toutes ses relations intimes étaient "consenties", le rockeur s’était muré dans le silence, s’enfermant dans sa maison sur les collines de Hollywood avec son épouse actuelle, la photographe Lindsay Usich. À la demande de l’un de ses proches, inquiet de ne pas avoir de ses nouvelles, la police avait été envoyée sur place, le propriétaire refusant obstinément de se présenter aux agents venus s’assurer de son état de santé, tandis qu’un hélicoptère survolait les lieux. Ambiance. 

Un processus désormais inéluctable

Dès la prise de parole d’Evan Rachel Wood, la sénatrice de Californie Susan Rubio avait écrit au FBI pour réclamer l’ouverture d’une enquête visant à identifier des "victimes insoupçonnées" de Marilyn Manson, de son vrai nom Brian Warner. C’est finalement la police du comté de Los Angeles qui a pris les choses en main fin février, ouvrant une enquête pour "violences conjugales" pour des faits remontant à la période 2009-2011. L’identité de la personne accusant le chanteur n’avait à l’époque pas été révélée. Mais tout portait à croire qu’il s’agissait d’Esmé Bianco, une comédienne britannique qui dans une longue interview publiée quelques jours plus tôt par le magazine The Cut, décrivait l’enfer que le rockeur lui aurait fait subir à cette époque.

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Vendredi, celle qu’on a pu apercevoir dans la série Game of Thrones a officiellement déposé plainte contre Marilyn Manson, affirmant avoir été "tailladée, fouettée et électrocutée" par le chanteur qu'elle a commencé à fréquenter à partir de 2009, peut-on lire dans la plainte. "M. Warner a violé Mme Bianco en mai ou autour de mai 2011", est-il précisé. "M. Warner a commis sur Mme Bianco des actes sexuels alors qu'elle était inconsciente ou incapable de donner son consentement" et "a aussi commis des agressions sexuelles sur Mme Bianco à de multiples reprises".

Du côté du chanteur, on nie en bloc. "Il s’agit de fausses accusations", a déclaré à l’AFP son avocat, Me Howard King. "Pour être clair, cette plainte n’a été déposée que parce que mon client a refusé de céder aux demandes financières de Mademoiselle Bianco et de son avocat pour des faits qui ne se sont jamais produits. Nous contesterons vigoureusement ces accusations au tribunal et nous avons confiance dans le fait que nous l’emporterons."

Ce n’est pas un artiste incompris. Il mérite de se retrouver derrière les barreaux pour le restant de sa vie- Esmé Bianco, dans The Cut

Pour Esmé Bianco, 38 ans, la perspective d’un procès est l’aboutissement d’un processus engagé depuis déjà plusieurs années. En 2018, en entendant Evan Rachel Wood témoigner devant le Congrès américain avec d’autres victimes de violences conjugales, elle s’était rapprochée de sa consœur, bien qu’à l’époque celle-ci n’avait pas osé publiquement prononcer le nom de Marilyn Manson. Frustrées de ne pouvoir déposer plainte, elles avaient milité pour l’extension du Phoenix Act, une loi californienne qui étend le statut de victime de violences conjugales de trois à cinq ans.

À l’époque, Esmé Bianco avait été interrogée par le FBI au sujet d’un éventuel trafic d’être humains impliquant le rockeur, mais l’enquête avait finalement été classée. "Ce n’est pas un artiste incompris", déclarait-elle en février dans The Cut. "Il mérite de se retrouver derrière les barreaux pour le restant de sa vie." Dans un message posté vendredi sur les réseaux sociaux, elle explique avoir pris la parole pour empêcher Marilyn Manson "de détruire d’autres vies et contribuer à ce que d’autres victimes puissent aussi demander leur part de justice."

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