"Merci pour les enfants et Vanessa !" : Johnny Depp en mode séduction au Festival de Deauville

Johnny Depp, ce dimanche à Deauville

SUPERSTAR - Invité de marque du 47e Festival de Deauville, Johnny Depp a fait monter la température sur les planches ce dimanche. Sa carrière en péril à Hollywood, l’acteur conserve une côte de popularité impressionnante de ce côté de l’Atlantique. Et il l’a visiblement savouré, entre séances de dédicaces et confidences sur sa carrière lors d’une rencontre avec ses fans.

Il ne vit pas sur le même fuseau horaire que le commun des mortels, à en juger par ses retards à répétition lors de son séjour à Deauville. Mais Johnny Depp est-il un être humain comme les autres ? Omniprésent sur les écrans depuis la fin des années 1980, l’acteur américain a nourri l’imaginaire collectif de plusieurs générations, son image publique se confondant avec celle de ses personnages de celluloïd.  

Si Hollywood lui tourne aujourd’hui le dos, suite à ses déboires personnels, ses fans français ne l’ont visiblement pas oublié. Tout au long du week-end, ils ont fait le pied de grue devant son hôtel pour l’apercevoir ou assister à une rencontre publique malheureusement sold out depuis plusieurs jours. Veste et casquette, lunettes fumées, cigarette et jeans troué, l’acteur aujourd’hui âgé de 58 ans a raconté les grandes lignes de son parcours avec pas mal d’humour et un sens de la punchline plutôt savoureux. 

Sa passion précoce pour la guitare qui lui a fait "oublier la puberté", les producteurs de télé qui voyaient en lui "le nouveau James Dean", sa passion pour le cinéma muet et son entente parfaite avec Tim Burton qui a eu "le courage" de l’imposer dans le rôle-titre d'Edward aux mains argent que convoitaient Tom Cruise et Michael Jackson… Johnny Depp multiplie les anecdotes et n’hésite pas à balancer quelques piques bien senties.

Les fans sont des gens réels qui vont voir les films en payant leur ticket. Ce sont eux mes patrons. Et ce sont aussi les patrons des studios. Il serait d’ailleurs temps qu'ils le comprennent- Johnny Depp

"Pour moi la télévision, c’était le diable", explique-t-il en évoquant la série 21 Jump Street qui a fait de lui une icône des ados à la fin des années 1980. "C’est un truc hyper contrôlé et répétitif. La Fox a essayé de me transformer en une sorte de produit que je n’étais pas (…) Alors pendant deux ans, j’ai tout essayé pour me faire virer. Un jour, je me suis collé du scotch sur la langue. J’ai expliqué que c’était un choix créatif parce que mon personnage avait un défaut d’élocution. Je suis passé pour un idiot et ils m’ont quand même gardé."

S’il a enchaîné les rôles devenus cultes dès son premier grand rôle dans Cry Baby de John Waters en 1990, c’est avec Pirates des Caraïbes qu’il est devenu un vrai champion du box-office à partir de 2003. À l’époque, pourtant, la direction de Disney n’est guère enchantée par ses premiers essais pour le personnage de Jack Sparrow, de sa démarche incertaine à sa diction tout aussi improbable. 

"La productrice Nina Jacobs m’a appelé et m’a demandé : ‘quel est le problème de ce personnage ? Est-il fou ? Est-il bourré ? Est-il gay ? J’étais persuadé que j’allais être viré alors je lui ai répondu : ‘mais voyons, vous n’avez pas remarqué que tous mes personnages sont gays ? Finalement ils m’ont gardé et lors des projections tests, les gens ont adoré."

Un film "kidnappé" depuis trois ans

Au détour d’une question sur ses choix de carrière, Johnny Depp rappelle qu’il ne serait rien sans son public et qu’il déteste le terme de "fans". "Ce sont des gens réels qui vont voir les films en payant leur ticket avec l’argent qu’ils ont durement gagné", rappelle-t-il, déclenchant les applaudissements de ceux présents dans la salle. "Ce sont eux mes patrons. Et ce sont aussi les patrons des studios. Il serait d’ailleurs temps que les studios le comprennent", assène celui qui est aujourd’hui délaissé par les majors après leur avoir rapporté des millions de dollars. Et réciproquement.

Plus tard dans la soirée, l’acteur en remettra une couche en venant présenter sur scène City of Lies, le polar de Brad Furman terminé depuis 2017 et inédit dans de nombreux pays à cause de la mauvaise réputation de sa vedette. "Ce film a été kidnappé pendant trois ans", lance-t-il dans la langue Molière à propos de ce polar où il incarne Russell Poole, le détective qui a enquêté pendant plus de 20 ans sur le meurtre du rappeur Notorious BIG. "Il y a des gens à Hollywood, à cause d’eux ce film était mort", poursuit-il. "Ce film c’est aussi une histoire de corruption et malheureusement il semble que le crime, ça paye."

À l’heure où sa carrière cinématographique semble au point mort, difficile de dire de quoi sera fait l’avenir de Johnny Depp. D’autant plus qu’il n'en a pas fini avec la justice puisqu'il va retrouver Amber Heard au tribunal au printemps prochain. Après avoir perdu son procès en diffamation contre The Sun à Londres, c’est son ex-épouse qu’il attaque en justice suite à une tribune publiée par le Washington Post dans laquelle est se décrivait comme une victime de violences conjugales. Des faits que l’acteur continue de nier. 

Trouvera-t-il matière à rebondir en Europe, et plus particulièrement en France où il conserve une propriété en Provence ? "Ce que j’aime chez vous, ce sont les gens, la culture. Chaque jour, c’est une célébration. Ça, je l’ai trouvé en France. Et puis j’y ai aussi trouvé Vanessa et mes enfants, alors merci pour ça", conclut-il, un brin nostalgique, faisant rugir de plaisir un public un peu ronchon de l’avoir attendu un peu plus d’heure. On est star ou on ne l’est pas, non ?  

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