Mon journal de Cannes, épisode 12 : Julie, Julia, André et les autres dans mon palmarès idéal

Mon journal de Cannes, épisode 12 : Julie, Julia, André et les autres dans mon palmarès idéal

BILLET D'HUMEUR – Du 6 au 17 juillet, je vous raconte depuis la Croisette la 74e édition du Festival de Cannes de l'intérieur, entre coups de cœur et coups de griffes. Aujourd'hui : le palmarès très subjectif de votre serviteur, après deux semaines deux projections intenses.

Je vais refermer ce journal de Cannes avec le petit plaisir coupable de tous les journalistes qui ont couvert la quinzaine : mon palmarès ! Des choix subjectifs, forcément. Et qui ne sont pas simplement liés à mes goûts cinématographiques. En festival, plein de choses rentrent en ligne de compte. L’ordre dans lequel on a vu les films, l’état de fatigue lors d’une projection, ce qu’on avait mangé avant ou ce qu’on attendait de manger après. D’expérience, c’est lorsqu’on n'espère rien de spécial d'un film qu’on a les plus belles surprises. A contrario lorsqu’il y a trop d’attente, c’est là qu’on est déçu. Voire en colère.

C’est dans une villa sur les hauteurs de Cannes que Spike Lee et son jury délibèrent ce dimanche matin. Un cadre idyllique pour faire des choix qui auront un impact indéniable sur la carrière de certains films. Souvenez-vous qu’en 2019, c’est à Cannes que Parasite, de Bong Joon-Ho, a été dévoilé en avant-première mondiale, avant de décrocher la Palme d’or puis une moisson d’Oscars, quelques mois après. Mon palmarès, lui, ne changera pas la face du monde. Et à défaut de villa sur les hauteurs, je n’ai pas eu trop de mal à me mettre d’accord avec moi-même. C’est déjà ça…

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Interprétation masculine : André Dussollier

Le défi de François Ozon avec Tout s'est bien passé, adapté du roman d'Emmanuèle Bernheim, c’était de nous faire sourire, et même rire avec un sujet grave : la fin de vie. C’est très réussi, mais ça ne le serait sans doute pas autant sans le travail d’André Dussollier qui évite tous les clichés de la performance d’acteur, souvent crispante avec ce genre de rôle. Il est grave, il est touchant et il est souvent drôle, très drôle. Rien que pour ça : chapeau Monsieur !

Interprétation féminine : Renate Reinsve

Je suis toujours incapable de prononcer son nom en norvégien et ça n’a aucune importance : véritable révélation du festival, Renate Reinsve est la vedette de Julie (en 12 chapitres), la délicieuse comédie romantique de son compatriote Joachim Trier. Cette comédienne apporte mille nuances à ce portrait d’une jeune femme d’aujourd’hui, avec ses doutes, ses envies. Moi, elle m’a bouleversé. Je suis sûr que vous aussi.

Prix du jury : "Haut et Fort" de Nabil Ayouch

Ce n’est pas un film parfait, loin de là. Mais le message de Haut et Fort est tellement puissant qu’il mérite d’être dans ce palmarès. Des adolescents se libèrent des carcans de la société marocaine grâce un prof de hip-hop qui va être dépassé par l’énergie de ses élèves. Vu en fin de festival, c’est une bouffée d’air frais. Et franchement l’un de seuls films de Cannes qu’on peut aller voir avec des ados…

Mise en scène : Leos Carax pour "Annette"

C’était ma première projection du festival, le 6 juillet dernier, et j’ai toujours les chansons des Sparks dans la tête. Surtout je reste subjugué par le travail de Leos Carax, son inventivité, son envie de faire du spectacle et quelque chose d’excitant à chaque plan jusque dans les moindres détails. Franchement, personne en France ne filme comme lui.

Scénario : Ryusuke Hamaguchi pour "Drive My Car"

J’ai envie le donner au Japonais Ryusuke Hamaguchi pour cette adaptation périlleuse, mais réussie, de l’un des écrivains les plus géniaux de la planète, le grand Haruki Murakami. Même si c’est parfois un peu long – surtout lorsque le personnage principal répète une pièce de théâtre lors de longues virées en Saab - le film récrée la douce mélancolie et la magie mystérieuse des romans de l’auteur de Kafka sur le rivage. Et rien que pour ça…

Grand prix : "Un héros" de Asghar Farhadi

Un héros, c’est une mécanique implacable, la descente aux enfers du déshonneur d’un homme qui enchaine mensonge sur mensonge dans une société iranienne gangrenée comme la nôtre par la frénésie des réseaux sociaux. Brillant conteur de l’âme humaine, Asghar Farhadi remportera peut-être la Palme d’or, c’est le favori de beaucoup de festivaliers. Mais un Grand Prix, c’est déjà pas mal non ?

Palme d’or : "Titane" de Julia Ducournau

Bon d’accord, aucune femme cinéaste n’a remporté la Palme depuis Jane Campion en 1993, une éternité. Et couronner un film fantastique sur la Croisette n’est pas ordinaire. Mais si je lui donne ma Palme à Titane, c’est parce que le film de Julia Ducournau est celui qui m’a procuré le plus de sensations, tout simplement. C’est beau, sale, sensuel, organique. C’est effrayant et dérangeant aussi. Il paraît que les pompiers ont dû intervenir à la projection officielle. Moi, j’étais Titanisé. 

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