Jean-Paul Belmondo, ce fou de théâtre

Jean-Paul Belmondo a commencé sa carrière au théâtre. Sur les planches, il a connu plusieurs échecs avant sa carrière au cinéma. Découvrez ses plus beaux rôles au théâtre.

AU THÉÂTRE CE SOIR – Son imposante filmographie éclipserait presque ses premières amours. C’est sur scène que Bébel a forgé son talent et réalisé son rêve de gosse d’être comédien.

Son père était sculpteur, sa mère danseuse. Lui ne rêvait que de théâtre. Jean-Paul Belmondo fait partie de ceux qui ont trouvé leur vocation très tôt. À 10 ans, ses parents le surprennent chez le voisin en train de jouer la comédie avec un ami du même âge.

"Un jour, ils m’ont demandé ce que je voulais faire. J’ai répondu : 'acteur'", raconte-t-il dans le documentaire Belmondo par Belmondo. À 16 ans, il entame son apprentissage avec le professeur Raymond Girard. "C’est lui qui m’a dirigé dans le métier", dira Bébel, qui l’année suivante joue sa première pièce. 

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Jean-Paul Belmondo, la mort d'une légende

Avec La Belle au bois dormant, il se produit dans les hôpitaux pour les malades, puis enchaîne avec d’autres classiques. De Molière à Feydeau, en passant par Racine et Anouilh. Jean-Paul Belmondo affine son jeu au Conservatoire, où il rencontre Jean-Pierre Marielle et Jean Rochefort. "J’y ai passé quatre ans (…). Officiellement, pendant les études, nous n’avions pas le droit de jouer au théâtre. Pourtant, je l’ai fait souvent ainsi que Jean-Pierre Marielle. Nous avions pris d’autres noms. Il se faisait appeler Marielli et moi Belmont. Le règlement était sauf !", confesse-t-il au Monde en 1984. 

Jugé non conventionnel, il quittera l’établissement avec un simple accessit le privant d’entrée à la Comédie-Française. Celui qui fait le pitre en permanence apparaît tout timide quand, en 1957, il partage la scène de César et Cléopâtre avec Jean Marais. Ce dernier, qui incarne l’empereur, le présente comme "un légionnaire romain de deuxième classe avec énormément de talent".

Pierre Brasseur, avec qui "il rêvait de travailler un jour", l’engage à son tour pour La Mégère apprivoisée de Shakespeare. "Jean-Paul déjà faisait des choses absolument extravagantes (…). Il avait un rôle qui n’était pas très important, mais plutôt que d’aller en coulisses ou dans sa loge, il restait sur le plateau pour observer mon père jouer", se souvient Claude Brasseur dans Belmondo par Belmondo. Le jeune acteur enchaîne avec Oscar l’année suivante. Le succès de cette comédie à l’affiche du théâtre de l’Athénée, avec Pierre Mondy et Maria Pacôme, est immédiat.

Mais la carrière du jeune Jean-Paul, alors âgé de 25 ans, est stoppée brutalement lorsqu’il est mobilisé pour la guerre d’Algérie. "La directrice du théâtre Mademoiselle Gramont me dit : 'Tu dois aller faire ton devoir comme tout le monde. Tu pars'". Lui qui n’a jamais pensé qu’au théâtre est courtisé par le cinéma à son retour. Sa collaboration avec Jean-Luc Godard sur À bout de souffle fait de lui une icône de la Nouvelle vague qui inscrira sa légende sur grand écran au fil des ans. Pendant plus de vingt ans, 48 de ses films dépassent chacun le million d'entrées... Jusqu'au Solitaire en 1987, son premier gros échec commercial. 

C’est difficile au cinéma d’avoir la joie que je viens d’avoir là - Jean-Paul Belmondo à l'issue de la dernière de "Kean" en 1987

La même année, il met fin à une disette de 28 ans et retrouve ses premières amours théâtrales avec son ami Robert Hossein. Tous les deux s’attaquent à Kean, pièce adaptée par Jean-Paul Sartre. Une réflexion sur le métier d’acteur qui fait se déplacer une foule désireuse de retrouver Bébel sur les planches. Le soir de la générale, la star prend peur et monte dans sa Ferrari qui l’emmène loin du théâtre Marigny. Mais finit par faire demi-tour pour rejoindre son public.

Le spectacle se jouera pendant neuf mois. Lors de la dernière, tout le théâtre chante "Ce n’est qu’un au revoir". Un final qui lui "retourne les tripes". "C’est difficile au cinéma d’avoir la joie que je viens d’avoir là", commente-t-il à l’issue de la représentation. En 1990, il endosse le costume de Cyrano de Bergerac avec la même passion et provoque la même ferveur chez le public. La célèbre tirade du nez, il la déclamera pendant un an à Paris et encore un an en tournée dans le monde, jusqu’au Japon où la Bébel mania fait salle comble alors qu’il joue en français.

Le théâtre fait tellement part de son ADN qu’il acquiert le théâtre des Variétés en 1991. "L’acheter m’a beaucoup plu. Je l’ai gardé pendant quinze ans. J’aurais continué si je n’avais pas été malade", glisse-t-il à son fils Paul dans Belmondo par Belmondo. De 1993 à 1998, il jouera trois nouvelles pièces sous la direction de Bernard Murat. Deux de Feydeau (Tailleurs pour dames, La puce à l’oreille) et une d’Eric-Emmanuel Schmitt (Frédérik ou le boulevard du crime). Un ultime passage sur scène avant qu’un AVC ne vienne altérer sa diction.

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