Mulan arrive enfin sur Disney+ : itinéraire d'un film aussi attendu que controversé

Mulan arrive enfin sur Disney+ : itinéraire d'un film aussi attendu que controversé

DECRYPTAGE – L’adaptation live du dessin animé de 1998 sera disponible dès vendredi 4 décembre pour les abonnés de la plateforme de Disney. L’ultime étape d’un parcours chaotique que ne méritait pas ce divertissement familial porté par une superbe héroïne.

Rarement un film Disney n’aura essuyé autant de critiques avant même sa sortie. Le parcours de Mulan est à l’image d’une année 2020 bien compliquée. Aussi tortueux que chaotique. Annoncé comme l’un des grands succès à venir au cinéma de la firme aux grandes oreilles, le film de Niki Caro a été contraint de déposer les armes face au coronavirus. Sa sortie en salles a maintes fois été repoussée avant d’être définitivement annulée dans la majorité du monde.

C’est finalement sur Disney+ que l’adaptation live du dessin animé sorti en 1998 s’est dévoilée. Les abonnés américains l’ont découverte en septembre, moyennant un surcoût de 29,99 dollars. Le public français pourra la voir dès vendredi 4 décembre sans frais supplémentaires.

Des polémiques successives

En débarquant directement sur la plateforme de Disney, Mulan a essuyé les plâtres du changement de stratégie de la marque aux grandes oreilles. Les incertitudes liées à la crise du coronavirus ont précipité le virage vers le tout numérique de l’entreprise, provoquant la colère d’exploitants en demande de blockbusters pour faire revenir le public dans leurs salles.  La vidéo du directeur d’un cinéma de Palaiseau, en région parisienne, détruisant une affiche promotionnelle du film, est devenue virale cet été. Comme le symbole du désarroi de toute une profession.

Mais au-delà de ses conditions de sortie, Mulan a dû se battre face aux polémiques. La première éclot en 2016 alors que le projet n’en est qu’à ses balbutiements. Le hashtag #MakeMulanRight naît sur Twitter alors qu’il se murmure que le héros du live action ne sera pas la jeune femme mais un homme blanc. "Mulan est et restera le personnage principal et tous les rôles seront interprétés par des acteurs et des actrices chinois(es)", souligne dans la foulée une source proche de la production au site américain Vulture. Disney mise sur la crème de la crème du cinéma chinois, enrôlant Gong Li, Jet Li et Donnie Yen.

Trois ans plus tard, c’est un autre hashtag qui fait parler. Avec #BoycottMulan, les internautes s’insurgent contre le soutien de Liu Yifei, l’interprète de la guerrière, à la police de Hong Kong, critiquée pour violenter des citoyens lors des manifestations pro-démocratie. Une position incompatible avec les convictions de Mulan, selon certains qui appellent à bouder le film. Faut-il y voir un lien de cause à effet ? Le public chinois n'a pas répondu présent à la rentrée. D’un budget de 200 millions de dollars, Mulan n’en a rapporté que 23 millions lors de son premier week-end d’exploitation en Chine – rare pays à avoir eu droit à une sortie sur grand écran en septembre.

Un film visuellement grandiose

Un mois plus tard, Disney se voit contraint de s'expliquer sur le lieu le tournage de Mulan, dans le Xianjiang. Une province où Pékin est accusé d’abriter des camps de rééducation de la communauté musulmane ouïghoure. Questionné par un député britannique, un responsable du studio affirme que ce dernier n'était pas au courant des faits lorsque la production a été lancée en 2017. Se sont ajoutées des plaintes de certains spectateurs déçus de ne pas retrouver la légèreté du dessin animé, incarnée par le dragon Mushu qui n’apparaît pas. Des reproches scénaristiques non justifiés, le film de Niki Caro n'étant pas une adaptation stricto sensu du dessin animé mais une relecture du poème chinois La Ballade de Mulan, qui construit la légende de la guerrière, obligée de se travestir pour prendre la place de son père dans l’armée.

Plus sombre, plus épique, cette version de Mulan est visuellement grandiose. Les paysages sont plus sublimes les uns que les autres, faisant d’autant plus regretter que ce film ne sorte pas en salles. L’action est menée tambour battant, rythmée par d’impressionnantes scènes de combat inspirées du meilleur du cinéma asiatique. Niki Caro dit de son actrice Liu Yifei qu’elle "était la seule à pouvoir jouer Mulan". On ne peut qu’acquiescer. La comédienne chinoise de 33 ans, choisie parmi plus de 1000 jeunes femmes, impressionne à l’écran. Tantôt maladroite, tantôt combattante assurée, elle manie ses émotions aussi bien que son épée. Elle restera celle qui porte sur ses épaules pas si frêles un divertissement familial de bonne facture qui aura été phagocyté par des événements plus grands que lui.

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>> Mulan de Niki Caro avec Liu Yifei, Gong Li, Jet Li et Donnie Yen (1h55) - disponibles dès le 4 décembre sur Disney+

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