VIDÉO - Napoléon sur Histoire TV : la face sombre d'un empereur tant adoré que détesté

Génie militaire, créateur du code civil, du baccalauréat ou de la Légion d'honneur, l'empereur a en aussi rétabli l'esclavage tout en sacrifiant la vie de nombreux soldats pour assouvir son ambition démesurée. Retour sur la face sombre d'un homme qui a marqué l'Histoire.

PARADOXE - Il y a tout juste 200 ans, le 5 mai 1821, Napoléon 1er décédait sur l'île de Sainte-Hélène où il était exilé. Considéré comme l'une des figures historiques préférées des Français, l'Empereur est pourtant un personnage très controversé.

C'était il y a 200 ans... Napoléon disparaissait le 5 mai 1821 sur l'île Sainte-Hélène. Si l’homme est bien souvent admiré, reconnu pour son génie militaire et ses réformes étatiques encore présentes dans la France d’aujourd’hui, Napoléon 1er est aussi l'un des personnages historiques les plus controversés pour son action au pouvoir entre 1799 et 1815. Une personnalité ambiguë, aux multiples facettes que vous propose de découvrir Histoire TV ce lundi 3 mai, à 20h50  dans un documentaire divisé en trois épisodes, produit par Back2back et réalisé par David Barrie. 

Controversé, au point que même deux siècles après sa mort, Napoléon n'a pas fini d'alimenter les passions : l'empereur des Français voit encore aujourd'hui s'affronter partisans et adversaires sur son héritage plus que contesté. Le président de la République,  Emmanuel Macron, a d'ailleurs attendu la dernière minute pour annoncer finalement qu'il allait célébrer le bicentenaire de la mort de Napoléon Bonaparte. Créateur du code civil, du baccalauréat ou de la Légion d'honneur, l'empereur a aussi rétabli l'esclavage tout en sacrifiant la vie de nombreux soldats pour assouvir son ambition démesurée. Retour sur la face sombre d'un homme qui a marqué l'Histoire. 

Le fossoyeur de la République

"La République ne peut pas rendre un hommage officiel à celui qui en a été le fossoyeur en mettant fin à la première expérience républicaine de notre histoire pour créer un régime autoritaire", s'est indigné récemment le député de La France Insoumise, Alexis Corbière. Car, il ne faut pas l'oublier, Napoléon met fin à la Révolution française et à la République. 

Par le coup d'État du 18 Brumaire, en novembre 1799, le général Bonaparte accède au pouvoir. Lui et ses complices établissent le Consulat et Napoléon devient le Premier consul. C'est la fin du Directoire mais pas de la première République. Celle-ci se terminera en 1804 avec la proclamation de l'Empire, où Napoléon se distingue comme un administrateur hors pair, mais l'homme gouverne en dictateur  : les libertés garanties par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen ne sont plus respectées, le peuple fait face à un État policier et les guerres sont continuelles. L'Empire est devenu une monarchie absolue. 

Un homme complètement "mysogyne"

"Napoléon est l'un des plus grands misogynes", selon la ministre chargée de l'Égalité femmes-hommes, Elisabeth Moreno.  Si Napoléon collectionna les batailles, il collectionna aussi les femmes. On parle de plus d’une soixantaine de maîtresses qu’il traitait avec mépris et méfiance.

"Les femmes sont l’âme de toutes les intrigues, on devrait les reléguer dans leur ménage, les salons du gouvernement devraient leur être fermés. La femme est notre propriété, nous ne sommes pas la sienne"  écrivait-il à son frère dans une lettre en 1795.

Une vision qui s’inscrit dans le code civil dont il fut l’inventeur. Aucun droit de travailler sans l'accord de son mari, aucun droit de disposer de son salaire. Aucun droit de vote. Sous l'autorité de son époux, la femme est considérée comme une mineure, il pouvait l’envoyer en prison, si elle commettait un adultère. L’instruction est, elle, réservée aux hommes, dans les lycées et à l’Université. 

Des pertes humaines innombrables

Stratège d'exception, meneur d'hommes, auteur de multiples et foudroyantes victoires, Napoléon fait partie du Panthéon de l'histoire de l'art militaire mais son ambition a eu un coût élevé qui lui a valu le surnom de "l'Ogre" : un bilan global des morts dans ses campagnes est impossible à établir exactement, selon les historiens. Entre 400.000 et un million de soldats français seraient morts pendant les guerres du Consulat et de l'Empire, ce qui n'inclut pas les morts des armées adverses et les civils.

Si les premières conquêtes en Italie et en Egypte restent ancrées comme des succès militaires pendant ses années de Consulat, l'Empire et les batailles continuelles mèneront à la chute de Napoléon. Déjà pris dans une guerre espagnole qu'il n'avait pas anticipée, sa mégalomanie l'amènera à la campagne de trop en 1812, en Russie. Sa grande armée est anéantie et forcée de battre en retraite en plein hiver, ce qui coûtera la vie à 200.000 soldats.

Privé des succès militaires qui légitiment son pouvoir politique, l'empereur est contraint à l'abdication le 6 avril 1814. Son retour en 1815 lors de l'ultime bataille de Waterloo signe sa chute politique définitive. Sa défaite le contraint à l'exil.

"Napoléon est un cynique. Il n'est ni un idéologue raciste, comme les colons qui l'entourent, ni un humaniste abolitionniste"- L'ancien ministre de François Hollande, Jean-Marc Ayrault

Celui qui a rétabli l'esclavage

C'est sans doute l'aspect le plus à charge contre la mémoire napoléonienne... Concrètement, l'esclavage est aboli en 1794 par la Convention mais la mesure n’est pas appliquée partout. Par la loi du 20 mai 1802, Napoléon prévoit le maintien de l’esclavage là où il n’a pas été aboli : à la Réunion, où les colons n’avaient pas obéi à la Convention, et en Martinique qui avait été sous domination anglaise. En Guadeloupe, Bonaparte rétablit l’esclavage, une mesure également appliquée en Guyane.

Mais pour la plupart des historiens, Napoléon a surtout agi par calcul économique et volonté expansionniste. 

"Napoléon veut agrandir l’empire colonial français : c’est son rêve américain. Pour lui, le rétablissement de l’esclavage n’est qu’un moyen au service de ce rêve colonial. Napoléon a agi comme il l'a fait en toutes choses : sans affect et sans morale. Cette décision n'est pas un accident de parcours mais s'inscrit dans sa pratique du pouvoir. Napoléon est un cynique. Il n'est ni un idéologue raciste, comme les colons qui l'entourent, ni un humaniste abolitionniste", explique Jean-Marc Ayrault.

En rétablissant l’esclavage, Bonaparte donne raison aux revendications des colons racistes qui voulaient un ordre ségrégationniste plus dur que sous l’Ancien Régime. Ils craignaient les rébellions comme celle de Saint-Domingue où naîtra la République d’Haïti en 1804. "Napoléon ne fait pas que rétablir l’esclavage. Par des textes spécifiques, (...) il s’en prend aussi aux 'libres de couleur' (Noirs affranchis). Leurs droits sont diminués, les mariages mixtes sont interdits, le métissage est condamné", explique l’ancien Premier ministre de François Hollande. Reste que l’esclavage restera en vigueur jusqu’à son abolition définitive en 1848.

Lire aussi

>> Retrouvez ce lundi 3 mai à 20h50 sur Histoire TV, un documentaire en trois épisodes consacré à Napoléon Ier et rediffusé mercredi à partir de 17h. 

• L'épisode 1, nommé "Les prémices du pouvoir " est consacré à l'ascension de Napoléon à la tête de la nation française à la fin des années 1790. De simple officier de l'armée corse à Premier consul de France. Il raconte les triomphes militaires de Napoléon en Italie, en Égypte et dans les rues de Paris, son mariage avec Joséphine de Beauharnais et l’organisation du coup d'État militaire qui l'a porté au pouvoir. 

 

• L'épisode 2, "l'Art de la guerre" se consacre à Napoléon et l'apogée de son pouvoir. De leader politique des Français à empereur, puis homme d'État mondial, cet épisode revient sur son couronnement en 1804 et la bataille d'Austerlitz, l'un des plus grands affrontements militaires du XIXe siècle. Deux évènements majeurs qui feront de Napoléon, l'homme le plus puissant de son époque, dirigeant d'un empire de plus de 40 millions d'habitants. 

• Enfin l'épisode 3 "la Chute de l'empereur" revient sur la destruction de son empire par les monarchies européennes. Du désastre de sa campagne militaire en Russie, en passant par la bataille de Waterloo, à sa mort sur l'île lointaine de Sainte-Hélène, cet épisode se consacre aux erreurs qui ont amené l'empereur à abdiquer et se retrouver en exil. 

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