200 ans après sa mort, Napoléon va ressusciter grâce aux plateformes de streaming américaines

Albert Dieudonné dans "Napoléon" d'Abel Gance (1927)

EVENEMENT - Alors que Joaquin Phoenix s’apprête à incarner l'empereur sous la direction de Ridley Scott dans un film Apple, la Cinémathèque française vient de recevoir le soutien financier de Netflix pour achever la restauration de "Napoléon", le classique muet d’Abel Gance datant de 1927.

Il mesure quelques centimètres de plus que l’original. Mais grâce à la magie du Septième art, on n’y verra que du feu ! Encore auréolé de son triomphe aux Oscars avec Joker, Joaquin Phoenix s’apprête à revêtir les habits de Napoléon sous la direction de Ridley Scott. Un cinéaste qu’il connaît bien puisqu’il était son Commodus dans Gladiator, il y a déjà 20 ans. Si le titre du film, Kitebag, fait référence au paquetage des soldats sur le front, le projet s’annonce autant spectaculaire qu’intimiste. Le scénario de David Scarpa promet en effet de donner à voir "l'ascension rapide et impitoyable de l’empereur par le prisme de sa relation addictive et souvent explosive avec sa femme et unique amour, Joséphine". Une présentation qui oublie tout de même que l'empereur a répudié sa première épouse pour se marier avec Marie-Louise d'Autriche.

Mais la vraie surprise, c’est que le film sera produit par Apple, qui le proposera aux abonnés de sa plateforme Apple TV+ sans renoncer, a priori, à une sortie en salles au préalable, sous l’égide d’un studio traditionnel. Après s’être offerte Killers of the Flower Moon, le prochain thriller de Martin Scorsese avec Leonardo DiCaprio, ou encore Emancipation, le film d’Antoine Fuqua sur l’esclavage avec Will Smith, la firme high tech confirme sa montée en puissance dans l’univers du cinéma avec l’un des personnages historiques les plus représentés à l’écran. Chez nous, il a été joué avec des fortunes diverses par Pierre Mondy, Raymond Pellegrin, Daniel Mesguisch, Philippe Torreton ou encore Christian Clavier.

Des acteurs désormais incontournables

Du côté de Hollywood, deux icônes ont prêté leurs traits à l’empereur. Marlon Brando dans Désirée de Henry Koster en 1954. Et avant lui Albert Dieudonné dans Napoléon d’Abel Gance en 1927, un classique du cinéma muet dont la Cinémathèque française a lancé la restauration en 2008, sous la direction du réalisateur et chercheur George Mourier. Un travail de longue haleine qui a nécessité de recoller des lambeaux d’images, venus du monde entier. Et qui vient de connaître un coup d’accélérateur grâce à l’aide de Netflix. La plateforme américaine a annoncé en effet ce jeudi sa contribution au projet, d’un point de vue financier, mais aussi en participation à l’organisation de projection, conférences et masterclasses.

"Nous prévoyons d’achever la restauration en 2021, pour le bicentenaire de la mort de l’Empereur", indique dans un communiqué Frédéric Bonnaud, le directeur général de la Cinémathèque française. "Nous sommes heureux du concours décisif de Netflix pour la reconstruction de ce grand chef-d’œuvre du cinéma mondial", souligne-t-il alors que le projet avait été lancé à l’origine sous l’impulsion du Centre National de la Cinématographique (CNC), la Fondation Napoléon et d’un généreux mécène privé. Netflix n’en est pas à son coup d’essai en matière de cinéma de patrimoine puisqu’en 2018, la plateforme américaine avait financé et diffusé De l’autre côté du vent, le film inachevé d’Orson Welles.

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Outre l’enjeu d’image, la restauration de Napoléon montre comment Netflix se fait aujourd’hui indispensable pour de nombreux acteurs du Septième art. Et sa montée en puissance devrait encore s’accélérer dans les prochains mois en France puisqu’en vertu de la directive européenne SMA (Service de médias audiovisuel), qui doit s’appliquer au printemps, les géants du streaming vont devoir investir une partie de leur chiffre d’affaires dans la création hexagonale. Une contribution qui dans le cadre de Netflix pourrait atteindre entre 150 et 200 millions d’euros par an, d’après les chiffres communiqués en décembre par la ministre de la Culture Roselyne Bachelot. 

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