Netflix boude le festival de Cannes 2018

CULTURE - Le directeur des contenus a annoncé mercredi au magazine Variety qu'il refusait les nouvelles conditions jugées "obsolètes" imposées par le cinéma français. Le géant américain de la VOD avait pourtant fait sensation en 2017 en présentant une de ses productions.

Le directeur des contenus de Netflix Ted Sarandos a indiqué mercredi que le géant du streaming serait absent de la 71e édition du festival de Cannes. Ted Sarandos évoque la stricte réglementation française sur la sortie des œuvres cinématographiques.  Dans un entretien au magazine américain spécialisé dans l'audiovisuel Variety publié mercredi, il a expliqué que le festival avait mis en place une nouvelle règle interdisant à tout film sans distribution en salles en France d'être en compétition. Face à cette nouvelle règle, il préfère que Netflix ne participe pas plutôt que de subir "un manque de respect" face au reste des cinéastes en compétition.

Pour Sarandos, Netflix risquait de subir "un manque de respect"

"Nous voulons être sur un plan d'égalité avec les autres cinéastes", a-t-il martelé, estimant par ailleurs que projeter des films hors compétition ferait courir aux films et aux cinéastes produits par Netflix le risque de subir un "manque de respect (...) Je ne pense pas que ce serait bien pour nous d'y aller". Netflix avait fait scandale l'année dernière à Cannes en refusant de diffuser en salles le film "Okja" qu'il avait produit, pour pouvoir le fournir sans délai à ses abonnés. 

La législation française jugée "obsolète"

La réglementation française prévoit qu'un film ne soit diffusé sur une plateforme de vidéo à la demande par abonnement (VOD) que 36 mois après sa sortie. Une chronologie considérée comme obsolète face à l'essor du piratage et des plateformes de VOD comme les Américains Netflix et Amazon Prime. 

Un rapport commandé par le gouvernement pour moderniser ce système proposait en mars de ramener de quatre à trois mois la période d'exclusivité dont disposent les cinémas pour diffuser la plupart des films. La disponibilité sur les plateformes de vidéo par abonnement serait avancée à quinze mois après la sortie en salles, mais uniquement pour celles dites "vertueuses", c'est-à-dire qui respecteraient une série d'engagements assez stricts en termes de financement de la création française. Des conditions que Netflix et Amazon notamment sont loin de remplir.

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