Nicolas Cage raconte "l’histoire des gros mots" sur Netflix et c’est étonnamment passionnant

L'acteur américain Nicolas Cage raconte "L'histoire des gros mots" dans une mini-série documentaire disponible sur Netflix depuis le 5 janvier 2021.

BONNE SURPRISE – L’acteur américain reprend du service avec un rôle inattendu, celui de narrateur d’une mini-série documentaire de six épisodes qui décrypte les origines des mots "fuck", "bitch" ou en encore "pussy". Aussi vulgaire qu’intelligent.

Ils sont la première chose qu’on demande aux enfants de ne pas répéter. Un interdit qui donne forcément envie de s’y intéresser. Netflix le fait, et plutôt très bien, dans une mini-série documentaire intitulée L’histoire des gros mots. Six épisodes disponibles depuis le 5 décembre qui reviennent sur l’origine, l’évolution et l’impact culturel des six jurons les plus célèbres de la langue de Shakespeare. 

Pas besoin de pratiquer l’anglais couramment pour se passionner pour ces récits d’une vingtaine de minutes chacun, emmenés par un Nicolas Cage très en forme, ravi de jouer au Père Castor des insultes. "Le meilleur outil d’un acteur, c’est son imagination. Mais jurer, c’est aussi quelque chose […]. Avec les gros mots, on peut blesser, apaiser, ravir, effrayer, insulter et séduire", explique le comédien américain, presque flegmatique depuis sa bibliothèque digne d’un lord british

Une plongée didactique et très instructive sur des tics de langage bien plus utiles qu'il n'y paraît

 L’ensemble aurait pu ressembler à une vaste blague mais cette Histoire des gros mots est des plus sérieuses, s’appuyant sur les éclairages de spécialistes avisés. Entrecoupés de séquences de films, d’images d’archives et de réactions d'humoristes, ils décortiquent l’étymologie de ce que les Anglo-saxons appellent les swear words et la manière dont ils sont devenus offensifs. On découvre ainsi que bitch (salope) vient du vieil anglais bicce qui signifie "chienne" et comment le surnom de Richard, Dick, est d’abord devenu une référence au sexe masculin puis une insulte. Comment le film American Pie a créé le concept de MILF (Mother I’d like to fuck, mère bonne à baiser) et comment est né le sticker Parental Advisory, encore aujourd’hui accolé sur les albums aux paroles jugées vulgaires. 

Une lexicographe qui écrivait pour l’équivalent américain du Larousse, un chercheur en sciences cognitives et une professeure d’université en études féministes se succèdent notamment à l’écran pour déconstruire les idées reçues autour de ces gros mots souvent monosyllabiques, plus forts que la barrière de la langue et aussi puissants qu’un long discours. "Jurer vous rend plus fort [...]. Beaucoup de gens pensent que c’est cathartique", assure un des spécialistes interrogés. Certaines études scientifiques viennent même prouver qu’on se sent mieux en lâchant un "merde" ou un "putain".

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"Utiliser le mot fuck est un moyen de se faire entendre", insiste un autre intervenant.  De la tournée Fuck the army portée par les acteurs Jane Fonda et Donald Sutherland pour protester contre la guerre du Vietman dans les années 1970 au morceau Fuck tha police des rappeurs de NWA dans les années 1990. Au fil du temps, le juron s’est transformé en arme. Les épisodes consacrés aux mots bitch et pussy (chatte) mettent en lumière la manière dont les femmes se sont réappropriées ces mots dégradants. Du "grab them by the pussy" de Donald Trump à l'hymne féministe WAP (Wet Ass Pussy) de Cardi B. et Megan Thee Stallion. Plus qu’un condensé d’insultes, L’histoire des gros mots est une plongée didactique et très instructive sur des tics de langage bien plus utiles qu'il n'y paraît. Inutile de dire que son visionnage reste tout de même réservé aux plus grands.

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