Nouvelle peine de prison ferme pour Pablo Hasél, le rappeur le plus controversé d’Espagne

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POLÉMIQUE - Après avoir été arrêté mardi alors qu’il refusait de purger une peine de neuf mois derrière les barreaux pour apologie du terrorisme, le rappeur Pablo Hasél a écopé jeudi de deux ans et demi d’emprisonnement pour avoir menacé le témoin d’un procès contre des policiers. Une nouvelle condamnation qui intervient alors que son arrestation a provoqué de violents affrontements dans plusieurs villes.

C’est l’homme qui déchaîne les passions en Espagne. Le rappeur Pablo Hasél, 32 ans, a été délogé mardi de l’Université de Lerida où il s’était retranché le week-end précédent, refusant de purger sa peine de deux mois et de prison apologie du terrorisme, mais aussi injures et calomonies à l’encontre des autorités de son pays. Des propos qu’il avait tenu dans une série de tweets publiés de 2014 et 2016 et qui ont fait de lui un symbole de la lutte pour la liberté d’expression. 

Soutenu par de nombreuses personnalités du showbiz comme Pedro Almodovar et Javier Bardem, ce fil d’un entrepreneur catalan est devenu une épine dans le pied du gouvernement socialiste de Pedro Sanchez, le parti de gauche radical Podemos, dénonçant mardi une arrestation qui met en lumière "les manques démocratiques actuels".

Des manifestations dans tout le pays

Dans la soirée de mardi, des violences ont éclaté en marge de manifestation de soutien au rappeur, organisée dans plusieurs villes du pays. Plus de 60 personnes ont été arrêtées et plusieurs dizaines blessées, dont une jeune fille qui a perdu un œil à Barcelone. "La démocratie ne justifie jamais, au grand jamais, la violence", a réagi ce vendredi Pedro Sanchez, dans une très brève déclaration en ouverture d'un discours en Extrémadure (ouest).

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Pablo Hasél ne quitte plus la Une des journaux puisqu’il vient d’écoper d’une nouvelle condamnation, cette fois à deux ans et demi de prison ferme pour avoir menacé le témoin d'un procès contre deux policiers, a indiqué le tribunal de Lérida (nord-est), sa ville natale. Si la décision a été prise le 12 février, elle n’a été rendue publique que jeudi, dans un contexte pour le moins tendu. 

Selon le verdict, le rappeur avait publié en octobre 2017 sur Twitter la photo du témoin d'un procès contre deux policiers municipaux, assurant que les agents avaient acheté son témoignage afin d'être innocentés. Deux jours plus tard, Pabel Hasél avait accosté le témoin dans un bar, avait tenté de le frapper et lui avait crié : "Je te tuerai fils de pute, je t'aurai". Cette décision a été rendue en appel, après une condamnation en première instance. Le rappeur peut encore se pourvoir en cassation.  

Issu de la scène underground, Pablo Hasél, de son vrai nom Pablo Rivadulla Duro, avait déjà été condamné pour apologie du terrorisme dans certaines de ses chansons où il prônait des "tirs dans la nuque" ou des attentats suicide contre des hommes politiques, ainsi que pour avoir agressé un journaliste. 

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