Plantu signe un dernier dessin pour la route dans "Le Monde"

Le caricaturiste du "Monde", Jean Plantureux, alias Plantu, tire sa révérence.

PRESSE - Le quotidien rend hommage à son célèbre dessinateur qui prend sa retraite après avoir passé 49 ans à croquer l'actualité. Il cèdera sa place à un collectif de caricaturistes.

Il avait publié son premier dessin dans Le Monde en 1972. Ce mercredi, Plantu signe son dernier à la Une du quotidien dans l'édition datée de jeudi. Le dessinateur âgé de 70 ans avait annoncé son départ en janvier dernier. Pour marquer le coup, le quotidien publiera, outre son ultime dessin en Une, un supplément de huit pages retraçant ses 49 ans au Monde. Sa riche carrière avait démarré en octobre 1972, en pleine guerre du Vietnam, avec un dessin de colombe. C'est en 1985 que ses dessins deviennent un élément distinctif du journal, quand ce dernier décide de lui dédier tous les jours un morceau de sa Une.

Pour tourner la page, le quotidien va désormais ouvrir sa Une à des dizaines de dessinateurs français et internationaux, via un partenariat avec l'association Cartooning for Peace lancée en 2006 par Plantu avec Kofi Annan, l'ancien secrétaire général de l'ONU. Ce réseau réunit plus de 200 professionnels de tous les continents, dont des Français et francophones, ce qui permettra au quotidien de varier les perspectives sur l'actualité.

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"Tous les jours, l'association nous proposera 4 à 5 dessins, réalisés soit à l'initiative de leurs dessinateurs et dessinatrices, soit parce que nous les aurons commandés, et comme toujours la direction du Monde choisira le dessin qui nous paraîtra le plus adapté, dans le contexte de la une" du jour, a expliqué à l'AFP le directeur du quotidien Jérôme Fenoglio.

Si ces dessins devront respecter les codes graphiques et le format du Monde, ce partenariat va apporter une variété de points de vue sans précédent, souligne le responsable. "Le dessin de presse a un enjeu de renouvellement, d'ouverture et de féminisation et on s'est dit que le départ de Plantu, c'était, tout en garantissant le maintien d'un dessin en une du journal, l'occasion d'ouvrir cette fenêtre" en la confiant aux membres de Cartooning for Peace, dit-il.

À travers ce nouveau dispositif, Le Monde, qui publie en moyenne plus d'un millier de dessins par an (hors illustrations), entend réaffirmer son soutien aux dessinateurs et à la caricature. Contrairement au New York Times qui a décidé en 2019 d'arrêter les dessins politiques dans son édition internationale, et malgré la polémique provoquée par le départ de Xavier Gorce, le père des "indégivrables" qui a claqué la porte du journal en début d'année.

Chez Libé, c'est Willem qui tire sa révérence

Une démarche distincte de celle d'un autre quotidien, Libération, qui mise quant à lui sur la dessinatrice Coco. Hasard du calendrier, cette figure de Charlie Hebdo succédera, également cette semaine, au caricaturiste attitré de Libé, Willem, devenant la première femme en France à tenir ce rôle dans un grand quotidien.

Libé publiera ce mercredi une édition spéciale dans laquelle Willem fera ses adieux aux lecteurs. "Il y a un changement de génération, c'est l'évidence, puisqu'on a deux dessinateurs qui étaient emblématiques de leur publication et qui font valoir au même moment leurs droits à la retraite, et chaque journal a choisi pour se renouveler, de se tourner vers des dessinateurs et dessinatrices conformes à ce qu'ils cherchent à montrer depuis des années", Libé en optant pour une dessinatrice issue de la même veine satirique que Willem, et Le Monde avec une nouvelle génération dans la lignée de Plantu, a fait valoir Jérôme Fenoglio.

Découvrez l'interview de Plantu dans le podcast "Impact Positif" de Sylvia Amicone

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Bienvenue dans le podcast "Impact positif", dédié à celles et ceux qui veulent changer la société et le monde. Devant l'urgence climatique, la crise démocratique, une société aux inégalités croissantes, certains ont décidé de ne pas rester les bras croisés, ils ont un coup d'avance, l'audace de croire qu'ils peuvent apporter leur pierre à l'édifice. Ils sont ce que l'on appelle des Changemakers.

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