Pourquoi Justin Bieber voulait-il (vraiment) rencontrer Emmanuel Macron ?

Pourquoi Justin Bieber voulait-il (vraiment) rencontrer Emmanuel Macron ?

DÉCRYPTAGE – Emmanuel et Brigitte Macron ont reçu lundi à l’Élysée le chanteur canadien Justin Bieber et son épouse Hailey. S’il n’a pas encore l’aura humanitaire d’un Bono, l’ex-idole des ados soigne son image d'homme nouveau, longtemps écornée par ses frasques de jeunesse.

À qui profite la com' ? Sans tambour ni trompettes, Justin Bieber a été reçu ce lundi par le couple Macron à l’Élysée, en compagnie de sa jeune épouse, Hailey Baldwin. De source proche, on assure que c’est le chanteur canadien lui-même qui aurait sollicité cette rencontre pour parler de la jeunesse et du climat, un vaste programme donc. Sur la forme, rien de surprenant. En juillet 2017, Bono avait profité d’un concert de U2 à Paris pour défendre auprès du président fraichement élu l’action d'ONE, son association qui lutte contre la pauvreté.  

"C'était une conversation assez singulière, comme j'en ai rarement eues", avait loué à la sortie ce vieux routier de l’aide humanitaire depuis le perron de l’Élysée. Bons amis, les deux hommes s’étaient ensuite revus en septembre 2018 pour discuter des relations entre l’Europe et l’Afrique. À la clé, la promesse de porter l'aide au développement "à 0,55% du PIB en 2022", contre 0,38% en 2016.

Pas très "branché" politique

Durant l’été 2017, on se souvient que le couple Macron avait également reçu la visite de Rihanna. Marraine du Partenariat Mondial pour l’Education (PME), la star de la Barbade avait sollicité le président français via les réseaux sociaux, forte de son titre de "personnalité humanitaire de l’année", remis quelques semaines plus tôt par l’Université d’Harvard. "Je n’arrive pas à croire à quel point il était incroyable", s’était émue la chanteuse qui avait retrouvé le président français quelques mois plus tard à Dakar, l’occasion d’annoncer une hausse significative de la contribution financière de la France au PME. 

Et Justin Bieber dans tout ça ? En matière d’engagement, l’interprète de "Baby" est encore un brin novice. "Je n’ai jamais été très branché politique, mais si vous êtes en Amérique, s’il vous plaît, inscrivez-vous pour voter. C’est plus important que jamais",  écrivait-il à ses 110 millions d’abonnés sur Twitter en octobre dernier. De là à dire qu’il a contribué à la défaite de Donald Trump…

Un homme nouveau

Il faut dire qu'il y a encore quelque mois, c’est avec ses propres démons que l’ex-idole des ados se débattait. À l’automne 2019, dans une longue lettre postée sur Instagram, l’ex-enfant star confiait avec consommé des drogues dures dès l’âge de 19 ans, déstabilisé par sa notoriété précoce. Revenant sur ses frasques de jeunesse, il avouait même s’être "mal comporté" dans toutes ses relations avec les femmes. Un mea culpa public dans lequel il remerciait Hailey, son épouse, qui lui appris "la patience, la confiance, l’engagement, la gentillesse, l’humilité et tout ce qu’il faut pour être un homme bon". 

Cet équilibre retrouvé, le Canadien va le chanter sur le bien nommé Changes, en 2020, puis sur Justice, sorti en mars dernier. Un disque sur lequel il n’hésite pas à sampler les discours de Martin Luther King, entre deux ballades sur son bonheur conjugal. Même maladroit, l’hommage sera salué par la propre fille du leader du mouvement pour les droits civiques, persuadée que la notoriété du jeune chanteur ne peut pas faire de mal à la lutte contre le racisme dans l'Amérique de Black Lives Matter.

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"Je suis inspiré par la culture noire", expliquait le jeune homme en juin 2020 sur Instagram après la mort de George Floyd. "Dans mon style, ma façon de chanter, de danser, de me produire, de m’habiller (…) Je m’engage à utiliser la plateforme qui est la mienne pour m’exprimer contre l’injustice raciale et l’oppression systémique et pour identifier les façons de participer à un changement nécessaire."

Ce qui n’a pas évolué, en revanche, c’est la place qu’occupe la foi chrétienne dans la vie du chanteur. Depuis qu'il a déclaré  en 2017 vouloir "vivre comme Jésus", Justin Bieber ne manque pas une occasion de prêcher la bonne parole. En avril dernier, il s’est rendu dans la prison de Lancaster, en Californie, où il a échangé avec des détenus bénéficiant d’un programme de réinsertion par la religion, mis en place par un pasteur local. Sa visite à l’Élysée a-t-elle convaincu les Macron de rejoindre les rangs de ses "Beliebers" ? 

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