Joey Starr, dans "Le Remplaçant" sur TF1 : "J'aime bien l'idée d'être seul contre le monde entier"

Dans "Le Remplaçant", Joey Starr joue le rôle d'un prof pas très conformiste.

INTERVIEW – Dans "Le Remplaçant", diffusé ce lundi soir sur TF1, il joue le rôle d'un prof aux méthodes peu conventionnelles. Dans la vraie vie, le rappeur n'a pas sa langue dans sa poche.

Joey Starr en prof de français, il fallait oser. Ce lundi 12 avril, TF1 diffuse le pilote de sa nouvelle série baptisée Le Remplaçant. Découpée en deux épisodes de 45 minutes, la fiction portée par le célèbre rappeur suit les aventures de Nicolas Valeyre, un prof de français original qui débarque dans un collège où il va être fraichement accueilli. 

Si ses méthodes dérangent ses collègues, il a du mal à se faire accepter par les élèves qui se moquent ouvertement de cet enseignant aux méthodes éducatives parfois fantasques. Mais derrière ses airs d'ours mal léché se cache en réalité un prof sensible prêt à tout pour les aider à trouver leur voie. Un rôle en or pour Joey Starr, et à l'origine du projet. 

Le Remplaçant est né d'une de vos idées. Qu'est-ce qui vous a donné envie de vous pencher sur la vie des profs ? 

Il y a 3 ans, j'ai été marqué par une actualité, l'éducation nationale recrutait parce qu'ils manquaient de profs. En fait, il suffisait juste d'avoir le bac pour enseigner. Je me suis dit que ça ouvrait la porte à des personnes de tous bords. Quand les producteurs sont venus me voir pour me demander ce que j’avais envie de faire, je leur ai parlé de ça. Mais quand ils m'ont proposé la fiction, j'y croyais moyennement. 

Pourquoi ? 

Parce que je suis toujours comme ça. J'oublie qu'il y a toujours des doux dingues qui pensent à moi. Du coup j'ai un peu fanfaronné en proposant des choses. J'avais deux références en tête : le film Detachment, un drame assez noir sur le système scolaire américain avec Adrien Brody et Le cercle des poètes disparus.

Vous jouez le rôle d'un prof non conformiste. On ne peut pas s'empêcher de se dire que vous avez des points communs avec lui…

Oui, c'est vrai. J'aime le fait que le mec arrive sur son cheval blanc et qu'il se fasse télescoper un peu partout, que ce soit les autres profs ou les élèves. J'aime bien l'idée d'être seul contre le monde entier. 

J'allais à l'école pour qu'on me fiche la paix- Joey Starr

On dit que les jeunes aujourd'hui sont plus difficiles. Vous y croyez ? 

Je pense qu'ils sont plus en nombre à être difficiles. Il y a certains critères dans notre société qui font que beaucoup de jeunes ont du mal à réaliser l'importance du savoir. Ils se réfugient dans l'égo, du coup ça crée de la confrontation bête et gratuite. Au final, ils sont le miroir de ce qu'on leur offre. 

Quel genre élève étiez-vous ?

Moi, je n'étais pas dans le frontal. J'allais à l'école pour qu'on me fiche la paix, pour passer le temps, j'étais assez sélectif sur les matières, ça dépendait de l'enseignant que j'avais en face. Mais pour les conneries, je n'étais pas un meneur, je suivais juste le groupe. 

Auriez-vous pu être prof ? 

Il y a un philosophe de proximité qui s'appelle Kool Shen et qui a dit qu'on était professeurs en sodomie verbale. Donc voilà, c'est ma réponse. 

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Vous avez trois garçons de 6 ans, 14 ans et 16 ans. Que leur dites-vous sur l'école ? 

J'ai la chance d'avoir des mamans qui sont des louves, je n'ai rien besoin de leur expliquer. À 10 ans, mon fils aîné avait déjà des objectifs et il était effondré s'il loupait un trimestre. Moi, je le regardais avec des grands yeux en me disant : ça existe pour de vrai ? Et ces gens-là sont mes enfants ? J'accompagne au mieux, mais je suis plus dans le rôle d'un sergent major, je m'assure qu'ils se lèvent le matin et qu'ils suivent les cours. 

Les écoles ont été fermées à cause du Covid, c'est un sujet qui vous interpelle ? 

Oui, parce qu'aller à l'école ce n'est pas juste apprendre, mais aussi s'inscrire dans la société, dans le rapport avec l'autre. Ce n'est pas une bonne chose de les garder à la maison, on va en faire des timorés. On risque de payer tout ça plus tard. Comme avec l'hôpital, j'ai l'impression que dans l'éducation nationale, on n'a pas les gens qui font ce qu'il faut depuis très longtemps.

Roselyne Bachelot, elle ne sert strictement à rien- Joey Starr

Comment voyez-vous l'avenir pour le monde de la culture, à l'arrêt depuis le début de la pandémie ? 

Moi, j'ai l'impression qu'en novembre, on y sera encore. Même si les salles de spectacle ouvrent, on sera avec des demi-jauges. Je ne suis pas devin, mais Roselyne Bachelot, elle ne sert strictement à rien. On est quand même une industrie qui pèse plus lourd que le secteur automobile et on se retrouve comme des va-nu-pieds. J'en ai marre d'être infantilisé.

Que faudrait-il faire ? 

Moi, je serais prêt à aller porter plainte contre le gouvernement pour défaut d'anticipation. Quand on voit ce qui se passe avec le vaccin, ne serait-ce que dans 93… On sait maintenant que le virus était là depuis l'année dernière et que le gouvernement n'en avait rien à faire. On a des gens qui meurent, des gens du milieu hospitalier qui sont en souffrance. Même au niveau scolaire et au niveau mental, on souffre tous. Je suis comme tout le monde, je n'ai plus d'avis, j'attends juste que ça passe. 

Quels sont vos projets ? 

Je suis en train de mettre en scène une pièce de théâtre qui s'appelle Cette petite musique que personne n’entend qui parle d'un pervers narcissique. Je sais déjà que je vais me faire défoncer. Et il y a aussi le film Suprêmes, réalisé par Audrey Estrougo et la série d'Arte Le monde de demain, tous les deux sur la genèse de NTM. J'ai l'impression d'être déjà dans une tombe, normalement on fait de genre de trucs quand les gens sont morts. 

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