Sacha Baron Cohen : un humour corrosif qui ne cherche pas qu'à faire rire

Sacha Baron Cohen : un humour corrosif qui ne cherche pas qu'à faire rire

PORTRAIT – Borat, Ali G ou encore Brüno, c’est lui. L’acteur britannique Sacha Baron Cohen se dédouble à nouveau et revient faire trembler l’Amérique dans la série "Who is America ?", diffusée actuellement sur Showtime. L’occasion d’y dénoncer les aberrations d’un système de manière pas toujours subtile mais diablement efficace.

Il se décrit comme "quelqu’un de secret". A mille lieux de ses exubérants personnages. Sacha Baron Cohen, c’est un peu Docteur "discrétion" et Mister "no limit". Le Britannique, né à Londres en 1971, passerait presque inaperçu si vous le rencontriez au supermarché du coin. Au quotidien, il mène la vie de Monsieur tout le monde avec sa femme, la comédienne Isla Fisher, et leurs trois enfants. "L’homme derrière le bouffon" constitue, selon le magazine Rolling Stone, "l’énigme la plus populaire d’Angleterre". Le ton change dès qu'il enfile ses multiples costumes. Sa technique ? Se retrancher derrière des doubles de fiction qu'il emmène toujours dans le politiquement très incorrect.

Sacha Baron Cohen connaît la gloire il y a vingt ans sous les traits du "gangsta" en carton Ali G. Il cherche aussi à devenir "la deuxième superstar autochtone après Hitler" avec Brüno, un journaliste mode autrichien de très mauvais goût. Il se met également le Kazakhstan à dos avec un autre journaliste, Borat, raciste et antisémite, devenu le plus célèbre de ses personnages. Le film lui permet de décrocher un Golden Globe et lui offre une nomination à l'Oscar du meilleur scénario.

 "Je me suis trouvé dans une situation bizarre, dans laquelle un pays a fait de moi l’ennemi numéro un. C’est une situation fondamentalement comique. Je veux dire, c’est toujours risqué quand vous n’empruntez pas la route normale", racontait-il à Rolling Stone en 2006. La sienne est marquée de sketchs grotesques, trashs et vulgaires. Il "joue de manière satirique sur les réactions d'un public qui ne se doute de rien", détaille sa biographie sur le site de Christ’s College, la très prestigieuse université de Cambridge dont il est ressorti diplômé d’histoire et où il a fait ses premiers pas sur scène. 

En vidéo

"Who is America ?" : la nouvelle folie de Sacha Baron Cohen

Un élu républicain poussé à la démission, Sarah Palin très en colère

Et comme toute satire, l'objectif n'est pas de faire rire mais de dénoncer les énormités proférées par les personnes qu'il rencontre. Sa nouvelle série en est l'exemple parfait. Pour "Who is America ?" ("Qui est l'Amérique ?"), Sacha Baron Cohen s'est glissé dans la peau de quatre nouveaux personnages destinés à pointer le pire de l'Amérique de Trump. On ne sait trop comment, mais il est parvenu à décrocher des entretiens avec des politiciens qu'il semble presque mener à la baguette tellement les séquences sont irréelles. 

Dick Cheney, l'ancien vice-président de George W. Bush, signe ainsi de bon coeur un bidon d'eau censé avoir été utilisé pour torturer des prisonniers.  De son côté, l'ancien candidat républicain au Sénat de l'Alabama Roy Moore, soupçonné d'abus sexuels sur mineures, s'amuse (très brièvement) quand il sonne au passage d'un "détecteur de pédophile". Sacha Baron Cohen fait même baisser son pantalon à Jason Spencer, élu républicain de Géorgie à qui il enseigne ses méthodes bien particulières pour faire fuir les terroristes. Le tout sous fond de racisme et d'homophobie. Face au tollé causé après la diffusion de l'épisode le mettant en scène, Jason Spencer a d'ailleurs été contraint de démissionner. D'autres élus du Congrès ont accepté de bon gré d'enregistrer un message de soutien à une campagne pour armer les enfants dès l'âge de quatre ans

Lire aussi

Tous se sont entretenus avec l'un des quatre doubles de Baron Cohen créés pour la série, Erran Morad, un supposé expert en anti-terrorisme et ancien du Mossad, les services secrets israéliens. Et la technique est à chaque fois la même. Le personnage "est essentiellement un outil", disait le comédien à propos de Borat. "En étant lui-même antisémite, il laisse les gens baisser leur garde et exposer leurs propres préjugés, que ce soit de l'antisémitisme ou le fait d'accepter l'antisémitisme." Le résultat, au bout de trois épisodes, est effrayant.

Les politiciens piégés n'ont évidemment pas apprécié le procédé. L'ancienne candidate à la vice-présidence Sarah Palin a même anticipé la diffusion de l'épisode dans lequel elle figure pour dénoncer "l'humour maléfique, exploiteur et pervers du comédien Sacha Baron Cohen". Un entretien à découvrir très prochainement, le 7e et dernier épisode étant diffusé le 26 août prochain.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Alerte aux orages et aux vents forts : 18 départements en vigilance, risque de "phénomène violent"

Vincent éliminé de "Koh-Lanta" : "En rentrant, je me suis inscrit à une formation pour devenir coach de vie"

REVIVEZ - Jim Bauer, Marghe, Mentissa Aziza et Cyprien qualifiés pour la finale de "The Voice"

Chute (incontrôlée) d’une fusée chinoise ce week-end : où va-t-elle retomber sur Terre ?

Jérusalem : plus de 230 blessés dans des heurts entre Palestiniens et police israélienne en deux jours

Lire et commenter

LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies. > En savoir plus.