Dany Boon dans "Sept à Huit" : "Enfant, j’ai voulu faire rire ma mère pour qu’elle aille mieux"

INTERVIEW - Dans son prochain film, il désamorce la crise du Covid avec sa meilleure arme : l’humour. Invité d’Audrey Crespo-Mara dans le portrait de la semaine, Dany Boon explique comment le rire joue le rôle de "réparation" depuis son enfance.

INTERVIEW - Dans son prochain film, il désamorce la crise du Covid avec sa meilleure arme : l’humour. Invité d’Audrey Crespo-Mara dans le portrait de la semaine de "Sept à Huit", Dany Boon explique comment le rire joue le rôle de "réparation" depuis son enfance.

L’autodérision fait partie de lui. "J’avais fait des études avant d’hypocondriaque, une formation assez longue qui s’améliore avec le temps. Plus on vieillit et plus on l’est", s’amuse-t-il. Après avoir moqué sa peur des maladies dans Supercondriaque en 2014, Dany Boon ne pouvait pas passer à côté de la pandémie de coronavirus qui a mis la planète à l’arrêt l’an dernier.

De son expérience du confinement, il a fait une comédie chorale à découvrir dès le 20 octobre sur Netflix. Dans 8, rue de l’humanité, il campe un homme inquiet de tout - et surtout des microbes - qui va devoir jouer la carte de la solidarité avec des voisins qu’il ne connaît pas.

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Martin, son personnage, lui ressemble un peu. Voire beaucoup. Pendant le confinement, "je prenais la température de tout le monde. J’avais un pistolet thermomètre et je devais changer de pile à peu près tous les trois jours (…) Je le fais dans le film, mais je le faisais dans la vie", raconte Dany Boon dans "Sept à Huit". Il glisse aussi qu’il se désinfectait le visage au gel hydroalcoolique. "Ce n’est pas une bonne idée, ça brûle au bout d’un moment", confirme-t-il. Il a aussi fait partie de ceux qui ont "laissé les courses dehors" pour limiter le contact avec le virus. "On lit toutes les conneries qu’il peut y avoir sur Internet", reconnaît-il.

Dany Boon dit avoir "un peu flippé" après avoir attrapé le Covid. Mais continue à s’amuser de certaines de ses réactions, comme l’achat d’un oxymètre pour mesurer le taux d’oxygène dans le sang. Car le rire est son moteur depuis l’enfance. "En voyant ma mère souffrir, je me suis dit qu’il fallait que je la fasse rire pour qu’elle aille mieux", se souvient-il. Elle n’a que 17 ans quand elle tombe enceinte d’un Kabyle de 20 ans son aîné, provoquant la colère de sa famille qui coupe les ponts avec elle. "Le rire a été une réparation pour tout", insiste l'humoriste. "C’est séduisant quand on fait rire aussi, comme j’avais un physique un peu particulier" sourit-il aussi. "Ma mère me disait : "t'es beau de trois-quarts ou de profil (…). J’ai raté un truc : tes oreilles"", ajoute-t-il. 

J’ai été très pauvre (...). Je payais une partie de mes études en faisant du mime automate, du spectacle dans la rue, de la guitare. Je me donnais une chance d’y arriver- Dany Boon

Dany Boon assure que "le rire ne le désangoisse pas". L’angoisse est même "le moteur du rire". "Ça permet de ne pas se prendre au sérieux et de dire que tout ça n’est pas bien grave", précise-t-il, rappelant les mots qu'il fredonnait dans son tout premier sketch. "Je vais bien, tout va bien. Je suis gai, tout me plaît..." Un état d'esprit positif qu'il a toujours observé, même dans les moments les plus difficiles où l'argent manquait. "J’ai été très pauvre. Je n’ai pas été malheureux ni envieux des gens qui étaient riches. J’ai fait la manche, ma mère était femme de ménage et mon père routier. C'était compliqué pour eux de payer ma piaule. Je payais une partie de mes études en faisant du mime automate, du spectacle dans la rue, de la guitare. Je me donnais une chance d’y arriver", raconte-t-il.

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Mais ses parents n’en savaient rien. "Je ne voulais pas leur créer plus de soucis", confie-t-il. Alors quand il a commencé à empocher des gros cachets grâce à sa carrière d'acteur et de réalisateur, il confesse avoir eu "honte". "Je pense que c'est commun à tous ceux qui viennent de milieux très modestes. Mes parents ont passé leur vie à payer leur coron. Quand j'ai vu que je gagnais cet argent en très peu de temps... Il y a une forme de pudeur ou de culpabilité, on se demande pourquoi", dit-il. Son angoisse actuelle ? Son prochain scénario. "Ce matin, je me suis levé très tôt pour écrire puis je me suis endormi sur mon ordi et je n'ai écrit que des z…", admet-il. En riant, comme toujours.

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