Julie de Bona : "On ne sort pas indemne de 'Plan B'"

Dans "Plan B", Julie de Bona joue une mère confrontée au suicide de sa fille.

INTERVIEW – Dans la série "Plan B", Julie de Bona campe le rôle d'une mère qui remonte le temps pour tenter d'éviter le suicide de sa fille. Un rôle en or pour la comédienne, très appréciée du grand public.

C'est un rôle dont elle a eu du mal à se remettre. Dans Plan B, la nouvelle fiction de TF1 diffusée ce lundi 17 mai, Julie de Bona incarne Florence, une animatrice radio à succès dont la vie bascule le jour où sa fille de 16 ans se suicide. Lorsqu'une inconnue lui propose de remonter le temps, elle saisit l'occasion pour tenter d'éviter le drame, dont elle se sent responsable. Elle entame alors un voyage fantastique en forme d'introspection, dont elle ne ressortira pas indemne. 

Série absolument bouleversante et d'une grande subtilité, Plan B a durablement marqué Julie de Bona qui déborde d'enthousiasme à l'idée de la faire découvrir au grand public. "C'est comme si j'allais enfin pouvoir dévoiler un secret aux gens !", s'enthousiasme la comédienne. 

Quelle a été votre première réaction quand on vous a proposé la série ?

Quand j'ai lu le scénario, je me suis dit : "Enfin une série qui sort de l'ordinaire !" J'ai tout de suite senti la puissance émotionnelle de cette histoire. Et j'ai été complètement bouleversée par la fin. Je suis tellement heureuse que la série soit enfin diffusée, car j'ai été emportée par cette histoire et j'ai envie de partager cela avec les gens ! 

Aviez-vous regardé la série originale québécoise ? 

Oui, j'ai regardé et elle m'a complètement retournée également. C'est la même histoire, mais on en a fait une belle adaptation. On est partis dans quelque chose de plus viscéral, de plus latin. Mais l'essence de la série reste la même. 

La série débute avec le suicide d'un enfant. Vous qui êtes aussi maman, ça a dû avoir une résonance particulière ? 

La chance que j'ai eue, c'est que pendant le tournage, mon fils avait deux ans et demi. Donc je n'étais pas du tout dans les mêmes problématiques que mon personnage. Et tant mieux, car je n'ai pas eu à puiser dans ma relation avec lui. Et puis le rapport mère-fille, ce n'est pas pareil. 

Plus qu'un film de science-fiction, Plan B est plus une sorte d'enquête psychanalytique, non ? 

Oui, complètement. C'est une belle approche pour montrer comment on peut revenir en arrière sur des événements de notre vie, pour essayer de les appréhender et de comprendre notre part de responsabilité. Dans la série, Florence essaie de les changer dans le temps, et on voit le résultat directement à l'écran. C'est une belle métaphore. Comme dans un film policier, la série propose aux téléspectateurs de résoudre une enquête, mais celle-ci est beaucoup plus profonde.

Plan B nous pousse aussi à faire attention à nos proches…

Oui, elle nous dit qu'il est important de regarder notre famille différemment et de prendre soin les uns des autres surtout. Les téléspectateurs ne sortiront pas indemnes de cette série. 

Tout le monde devrait être féministe, ce n'est pas un gros mot- Julie de Bona

Vous donnez la réplique à Kim Higelin. Comment s'est passé le tournage avec elle ?  

Elle m'a épatée. Pour moi, c'est un diamant brut, une pépite. Il y a très peu d'actrices capables de faire ça, et à 19 ans en plus. Sur le tournage, on a créé un lien magique. C'est grâce à elle qu'on a une aussi belle série sur le lien mère-fille. 

Florence est animatrice radio. Comment vous êtes-vous préparée ? 

J'ai fait un stage d'une semaine sur Europe 1 dans l'émission de Philippe Vandel et j'ai kiffé ! Je me suis pris un vrai shoot d'adrénaline. Hélène Mannarino a été ma maitresse de stage. Elle m'a expliqué notamment comment elle faisait son portrait inattendu. Il y a aussi quelque chose de génial à la radio, c'est ce côté à la fois enveloppant et puissant, car on est les premiers à divulguer l'info. 

Florence est une féministe. Et vous ? 

Oui, et j'ai envie de dire, heureusement que je suis féministe. Tout le monde devrait l'être, car ce n'est pas un gros mot. Être féministe ça veut tout simplement dire que l'on souhaite que les hommes et les femmes aient les mêmes droits. Après, il y a le militantisme, c'est encore autre chose. Moi, je ne me sens pas une âme de militante, car ça implique un côté politique et je ne me sens pas à la hauteur. Mais je remercie toutes les personnes qui se battent pour nous. Je trouve que c'est formidable. 

La série touche à un sujet tellement intime et humain que tout le monde peut embarquer pour ce voyage- Julie de Bona

Est-ce qu'un rôle comme celui-là ça marque ? 

Oui. J'ai d'ailleurs du mal à m'en remettre. Le fait de pouvoir en reparler et de réaliser que ceux qui ont vu la fiction se sont retrouvés dans le même état que moi, ça me touche. Plan B pose beaucoup de questions qui poussent au dialogue. On se met à parler de femme à femme, de mère à mère. Cette série touche à un sujet tellement intime et en même temps tellement humain que tout le monde peut embarquer pour ce voyage. 

Si vous pouviez aller dans le passé, que changeriez-vous ?

Je pense qu'on est la somme de nos actes, donc je ne changerai rien. J'ai presque envie de remercier les événements de ma vie, qu'ils soient positifs ou négatifs. Je trouve cela dommage de vouloir les changer et de ne pas accepter plutôt ce qui fait la richesse de notre personnalité. Mais à la différence de Florence, je n'ai pas été confrontée au malheur de voir ma fille se suicider. C'est le pire drame au monde. 

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