"Ça n'a rien à voir avec Netflix !" : à Paris, la joie des premiers spectateurs de retour au cinéma

"Ça n'a rien à voir avec Netflix  !" : à Paris, la joie des premiers spectateurs de retour au cinéma

REPORTAGE – Les cinéphiles retrouvaient ce mercredi les salles obscures, fermées depuis le 30 octobre dernier. Nous nous sommes rendus au MK2 Bibliothèque, dans le XIIIe arrondissement de Paris où l’équipe de la comédie "Mandibules" est allée à la rencontre des spectateurs, dès 8 h du matin.

"Ça fait du bien de retourner au cinéma, mais surtout ça fait du bien de voir des gens !", s’enthousiasme l’actrice Adèle Exarchopoulos, venue accueillir au MK2 Bibliothèque les premiers spectateurs de Mandibules avec ses partenaires Grégoire Ludig et David Marsais, le duo du Palmashow, ainsi que le réalisateur Quentin Dupieux. Et le public est effectivement au rendez-vous, comme en atteste le succès des réservations en ligne : la séance de 8H20 complète depuis le week-end dernier, une autre a été programmée quelques minutes plus tôt, histoire de ne pas faire de déçus.  

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Aujourd’hui je vais voir trois films et au milieu je bosse mes partiels !- Arthur, étudiant en cinéma

Dans la file d’attente, qui grossit à vue d’œil, tout le monde a le sourire derrière le masque. "Aller au cinéma pour voir un film sur un très grand écran avec un très bon son, ça n’a rien à voir avec Netflix !", insiste Martin, un jeune cadre qui a pris sa matinée pour l’occasion. "Ce n’est pas la même qualité, pas le même ressenti non plus." Même son de cloche du côté d’Arthur, un étudiant en fac de cinéma. "Voir des films sur de tous petits écrans pendant des mois, sans parler des cours dans des conditions atroces, ce n’était plus possible", soupire-t-il. "Aujourd’hui je vais voir trois films et au milieu, je bosse mes partiels !". 

À l’ouverture des portes, pas de cohue, mais des spectateurs pressés et parfois un peu déboussolés, certains filant directement vers les salles en oubliant de valider leur réservation à la borne. Qu’ils se rassurent, il y aura de la place tout le monde, même si le gouvernement a fixé la jauge des salles à 35%. "Comme l’ensemble des commerces, on est juste heureux de rouvrir, c’est avant tout un symbole", confie Nathanaël Karmitz, le directeur général du groupe MK2. "Et puis ces protocoles sanitaires sont limités dans le temps, c’est pour trois semaines. Il y a aura ensuite une deuxième étape pour arriver à une levée complète des restrictions au 30 juin. Alors on joue le jeu !". 

Le protocole sanitaire respecté mais...

À l’intérieur des salles, les spectateurs se répartissent dans les rangées sans difficulté, ni contrôle strict. "On fait confiance au bon sens et à la responsabilité des gens, comme c’est le cas depuis un an avec cette pandémie", explique Nathanaël Karmitz, tout en soulignant "une petite aberration technique : on a le droit de vendre la confiserie, mais on a l’obligation de garder le masque en salles. Or un cinéma, c'est comme le TGV, mais en beaucoup plus sûr puisque tout le monde regarde dans la même direction, avec beaucoup plus de distanciation entre les gens !"

Quelques instants plus tard, l’équipe de Mandibules va recevoir une standing-ovation un peu plus longue que d’ordinaire, Quentin Dupieux s’excusant presque de faire patienter les spectateurs avant leur première séance depuis des lustres. "C’est vrai qu’on a attendu puisque Mandibules devait sortir il y a un an. Mais je ne vais pas non plus vous dire que je suis soulagé parce que je suis dans une position privilégiée", nous confie le cinéaste qui a déjà tourné son prochain long-métrage avec Alain Chabat et Léa Drucker. "En fait, on a l’impression de participer à un événement qui n’est pas tant la sortie de mon film que la réouverture des cinémas".

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Surprise à la fin de la projection : très peu de spectateurs quittent leur siège, là où ils auraient sans doute filé à l’extérieur dès l’apparition du générique. Comme s’ils voulaient savourer ces retrouvailles après des mois d’attentes. "C’était très agréable, très intense", avoue Julie, une professeure qui a fait une demi-heure de métro pour assister à cette première séance. Et puis c’était émouvant de se lever ce matin et de voir toutes ces terrasses ouvertes sur le chemin du cinéma. L’absence de culture m’a pesé", avoue celle qui a prévu d’enchaîner avec Adieu les cons d’Albert Dupontel, "un film important" qu’elle avait déjà vu avant la fermeture. 

Parmi ces premiers spectateurs, personne pour critiquer le port du masque, ou l’interdiction du pop-corn, même si la privation s’est éternisée. "Quand les cinémas ont fermé, alors que les études montraient que ce n’était pas un lieu de contamination, j’avoue que j’ai eu du mal à comprendre", reconnaît Claire, étudiante en master d’anglais. "Depuis des mois on regarde des films sur ordinateur, et à chaque fois on se dit que ça aurait été tellement mieux en salles. Je confirme : ça fait vraiment du bien de revenir !".

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