Blandine Bellavoir dans "Une affaire française" : "Jouer Christine Villemin m'a complètement chamboulée"

Dans "Une Affaire française", Blandine Bellavoir joue le rôle de Christine Villemin.

INTERVIEW - Dans "Une affaire française", ce soir sur TF1, Blandine Bellavoir joue le rôle de Christine Villemin, la mère du petit Grégory retrouvé mort dans la Vologne en 1984. Un rôle qui a l'a profondément marquée.

Il y a des rôles qui marquent plus que d'autres. Dans Une affaire française, Blandine Bellavoir s'est glissée dans la peau de Christine Villemin, la mère du petit Grégory dont l'assassinat avait défrayé la chronique en 1984. La comédienne vue dans Plus belle la vie, Maison Close et Les petits meurtres d'Agatha Christie livre une interprétation puissante de cette mère brisée qui fut même inculpée et écrouée en 1985 pour l'assassinat de son fils, avant d'être totalement innocentée en 1993. 

Qu'est-ce qui vous a poussé à accepter le rôle de Christine Villemin ? 

J'ai été séduite par l'écriture factuelle et incisive de la série. Le fait que ce soit une fiction chorale m'a également interpellée, car je trouve que ça permet au spectateur de faire son propre avis. Le sujet est aussi traité avec respect, délicatesse et pudeur. Une affaire française n'est pas là pour prendre parti.

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Vous n'avez pas hésité, vu le sujet ?

C'est vrai que j'ai pris du temps pour réfléchir, car c'est un sujet très délicat. J'avoue que je ne me rendais pas compte à quel point c'était une responsabilité de se lancer dans cette série. Je ne connaissais pas très bien l'affaire, puisque j'ai l'âge de la disparition de Grégory. Mais cette affaire est l'un des premiers emballements médiatiques en France, les gens sont devenus fous. La fiction dénonce avant tout la folie des hommes. 

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Faire une fiction, c'est prendre du recul ?

Oui. Même si elle s'ancre dans son époque, la série a quelque chose d'intemporel dans les thématiques qu'elle traite comme l'emballement médiatique, le pouvoir des médias, les ratés de la justice. C'est fascinant de montrer que, quand les égos sont placés au-dessus des intelligences, ça fait des dommages. 

Christine Villemin a été victime d'un acharnement hallucinant. On a le sentiment que les femmes sont toujours jugées plus sévèrement, non ? 

Je suis tout à fait d'accord. Une femme, par principe, a tort. Il y a encore beaucoup de travail à faire, et je trouve qu'il y a une grande hypocrisie sur le sujet en France. On est dans un pays très conservateur. Christine Villemin est un véritable personnage de tragédie. Cette fiction m'a vraiment fait grandir. Elle m'a poussée à me poser des questions et me positionner encore plus fort dans des endroits où je me sens attaquée. 

C'est un message d'espoir et de résilience extraordinaire- Blandine Bellavoir

Christine et Jean-Marie Villemin sont toujours resté unis, malgré l'adversité…

Oui, j'ai découvert une histoire d'amour que je ne soupçonnais pas du tout. Ils sont restés unis pour le meilleur et le pire. Ce sont des gens ordinaires à qui il est arrivé le pire des cauchemars et ils cherchent encore la vérité. Aujourd'hui ils sont toujours ensemble et ils ont eu d'autres enfants. C'est beau de se dire qu'à la fin, c'est l'amour qui gagne. C'est un message d'espoir et de résilience extraordinaire. 

Avez-vous souhaité rencontrer Christine Villemin ? 

Non, je ne souhaitais pas rencontrer le couple, je ne voyais pas l'intérêt d'aller les déranger. Je suis juste une interprète sur un projet de fiction, je ne cherchais pas à faire du mimétisme. Et puis j'avais déjà assez de matière, plus de 3000 articles ont été écrits ! Mais c'est vrai que j'ai eu un sentiment de responsabilité, il fallait être à la hauteur. 

Les émotions qu'on joue marquent forcément la personne que l'on est - Blandine Bellavoir

Un rôle comme celui-là, ça laisse des traces ? 

Oui, d'autant plus que je venais d'avoir un enfant et que j'étais en plein post-partum. Ce rôle m'a complètement chamboulée dans ma féminité, ma maternité et ma façon de percevoir le métier que je faisais. J'ai compris que ce n'était pas un métier si commun. Les émotions qu'on joue marquent forcément la personne que l'on est. 

Vous êtes en train de réaliser un documentaire sur le post-partum. Pourquoi ? 

C'est un sujet très tabou alors que c'est une réalité qui touche beaucoup de femmes. J'ai moi-même connu un post-partum difficile, une vraie tempête, je me suis sentie très seule. Je n'ai pas compris ce qui m'arrivait. Mais nous vivons dans un pays où on ne parle pas de ses émotions et où aller voir un psy est considéré comme honteux. Mais il ne faut pas oublier que la deuxième cause de mortalité des jeunes mamans, c’est le suicide. Avec ce documentaire, j'ai envie d'apporter ma pierre à l'édifice. 

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