"Stillwater", la critique : Matt Damon irrésistible en redneck en quête de rédemption sur la Canebière

"Stillwater", la critique : Matt Damon irrésistible en redneck en quête de rédemption sur la Canebière

ON AIME – En salles ce mercredi, "Stillwater" embarque le spectateur à Marseille où un père américain cherche à innocenter sa fille, incarcérée pour meurtre. Plus proche du drame familial que du thriller pur, le film de Tom McCarthy est illuminé par la performance de Matt Damon en redneck rongé par les regrets.

Les apparences sont parfois trompeuses. Les bandes annonces aussi. Celle de Stillwater suggère un "Taken sur la Canebière", que le film de Tom McCarthy n’est clairement pas. Et c’est tant mieux ! Dans ce drame très librement inspiré de l’affaire Amanda Knox, Matt Damon incarne Bill Baker, un foreur de pétrole américain venu visite à sa fille Allison (l'ex-Little Miss Sunshine Abigail Breslin), incarcérée aux Baumettes après avoir été condamnée pour meurtre.

Dans sa cellule, la jeune femme a écrit une lettre pour son avocate française, lui suppliant d’enquêter sur une piste qui pourrait l’innocenter. Avec l’aide de Virginie (Camille Cottin), une mère célibataire qui n’est pas insensible à ses manières de cowboy, Bill va mener lui-même l’enquête, à ses risques et périls.

Moins binaire que "Bac Nord"

Stillwater est un projet à part dans la carrière de Tom McCarthy, Oscarisé avec Spotlight, son drame consacré à l’enquête journalistique qui mis à jour un scandale de pédophilie au sein de l’Eglise catholique de Boston. Pour la première fois de sa carrière, le cinéaste originaire du New Jersey a choisi de poser sa caméra hors de son pays. Mais il a eu le bon goût de faire appel à deux scénaristes hexagonaux, Thomas Bidegain et Noé Debré, co-auteurs du Dheepan de Jacques Audiard.

Cette collaboration franco-américaine évite d’emblée les poncifs inhérents à 99% des productions hollywoodiennes tournées chez nous. Moins binaire que le récent Bac Nord, Stillwater dresse le portrait d’une cité cosmopolite où la beauté côtoie la violence, des calanques où se baigne Allison le temps d’une permission de sortie aux zones de non droit où Bill se perd en suivant la piste de l’homme qui pourrait définitivement sortir sa fille de prison.

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D’un refuge, loin de l’Amérique et ses tourments, la cité phocéenne devient le théâtre d’un joli récit sur la filiation, avec d’un côté la relation conflictuelle qu’entretient Bill avec Allison, et de l’autre celle qu’il noue par substitution avec Maya (la jeune Lilou Siauvaud) la fille de Virginie. Et bien que Stillwater renoue avec la promesse du thriller dans sa dernière partie, c’est bien cette pâte humaine, souvent touchante, qui en fait l’originalité.

Mais sa grande force, c’est la performance de Matt Damon, dans un registre "à la Eastwood" qui lui va à merveille. "Lost in translation" au propre comme au figuré, l’acteur est impeccable en redneck taiseux, maladroit, désireux de se racheter vis-à-vis d’une enfant qu’il n’a pas vu grandir. "Même les électeurs de Trump ont un cœur", a résumé un critique américain à propos du jeu de l’acteur. On a eu beau chercher, on n’a pas trouvé mieux.

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