"Les bracelets rouges" : pourquoi l'hôpital inspire autant les séries

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SUCCÈS - TF1 diffuse ce soir, les deux derniers épisodes de la série "Les bracelets rouges". Une série qui confirme l'appétence des téléspectateurs pour les séries se déroulant dans les hôpitaux ? Marie Roussin, scénariste de cette série médicale pas comme les autres, revient avec nous sur le choix de cet univers.

Depuis la nuit des temps, soit depuis La clinique de la Forêt-Noire, on ne compte pas les séries qui se déroulent dans un univers hospitalier. Impossible de ne pas s'attarder sur Urgences, le premier grand medical drama. Initiée par Spielberg qui voulait d'abord en faire un long-métrage, cette série de Michael Crichton a frappé par le regard réaliste et violent qu'elle posait sur un monde alors très peu connu. La mise en scène énergique, les personnages complexes et la qualité des scénarii en ont fait une série incontournable. Jusqu'à ce que le Cook County ferme définitivement ses portes après 15 ans de bons et loyaux services. 


On pourrait également citer, au rayon humour, la série Scrubs, où le futur créateur de Cougar Town s'intéressait à une bande de jeunes médecins catapultés dans un univers bien sérieux (J.D et ses amis) affrontaient la vie pour le meilleur et pour le rire. Ou encore, au rayon indémodable, Grey's Anatomy, la série-carton de Shonda Rimes dans laquelle se mêlent intrigues romantiques, voix off omniprésente, musique pop-rock, personnages attachants. Ou encore, rayon angoisse, la série Kingdom Hospital, reprise par Stephen King d'une mini-série de Lars Von Trier intitulée The Kingdom


Dans un tout autre registre, Les Bracelets Rouges, adaptation d’un succès espagnol Polseres Vermelles, ne fait pas exception à la règle même s'il ne s'agit pas d'une énième série médicale de plus et qu'elle se révèle finalement plus proche d'un film comme Patients de Grand Corps Malade et Mehdi Idir. Les téléspectateurs peuvent ainsi suivre le quotidien d’une bande d’ados hospitalisés pour une longue durée. Nous avons voulu en savoir plus avec Marie Roussin, scénariste de la série diffusé en prime-time sur TF1. 

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La série événement "Les Bracelets Rouges" débarque sur TF1

L'enjeu des "Bracelets rouges", c'est de demander ce que l'on peut faire de sa vie lorsqu'on est malade Marie Roussin, scénariste

LCI : "Les Bracelets Rouges" est l'adaptation d'une série catalane. Qu'est-ce qui vous a donné envie de travailler dessus ?

Marie Roussin : Ce qui m'a séduit, c'est la sincérité qui en émanait. En termes d'adaptation, je voyais dans ce cadre la possibilité de développer des thèmes de prédilection comme l'adolescence. C'était la condition parfaite d'une adaptation : je pouvais reprendre la trame et ajouter des éléments personnels. On pouvait aussi parler de la vie dans un contexte hospitalier où la mort est omniprésente. Les chaînes de télévision ont souvent peur des sujets anxiogènes et le fait que la série ait marché à l'étranger a de quoi rassurer. Tant que les personnages existent dans une réalité psychologique et sociale, ça me passionne.

LCI : Comment avez-vous travaillé l'univers hospitalier ?

Marie Roussin : J'ai regardé beaucoup de documentaires. J'ai lu beaucoup de blogs, notamment des témoignages de personnes anorexiques. J'ai l'impression qu'une partie de notre jeunesse en France est dépressive, et montrer dans une série des adolescents qui ont la rage de vivre envoie un message positif.

LCI : Quelles ornières vouliez-vous éviter sur un sujet aussi sensible ?

Marie Roussin : Le but, c'était vraiment d'éviter de tomber dans le pathos ou dans la réalité édulcorée donnant l'impression que l'hôpital est un hôtel cinq étoiles. Il était hors de question de passer à côté de la réalité.

LCI : Dans quelle mesure cette série est différente des habituelles séries se déroulant dans des hôpitaux ?

Marie Roussin : "Les Bracelets Rouges" ne devait pas ressembler aux autres séries hospitalières. L'action se passe dans un hôpital mais ce n'est pas "Grey's Anatomy" : les personnages principaux sont les patients et non les médecins. On n'est pas dans l'enjeu de guérir quelqu'un. L'enjeu des "Bracelets rouges", c'est de demander ce que l'on peut faire de sa vie lorsqu'on est malade. C'est ce que l'on a tenté de raconter, en insistant aussi sur l'idée d'appartenance à un groupe. Ensemble, on est plus forts.

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