"The Dissident", le docu choc : "Tout dans le meurtre de Jamal Khashoggi est choquant"

"The Dissident", le docu choc : "Tout dans le meurtre de Jamal Khashoggi est choquant"

RENCONTRE - Dans le documentaire "The Dissident", le réalisateur américain Bryan Fogel dénonce la responsabilité du prince saoudien Mohammed Ben Salmane dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, en octobre 2018. LCI s’est entretenu avec lui.

Qui a tué Jamal Khashoggi ? Avec le documentaire The Dissident, le réalisateur américain ne prend pas de pincettes en dénonçant la responsabilité directe du prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane dans l’assassinat de ce célèbre journaliste qui après avoir longtemps été proche du pouvoir, s’était exilé aux Etats-Unis en 2017, dénonçant les atteintes aux libertés et la répression des opposants menées par celui que les médias internationaux ont longtemps présenté comme le visage du changement.

Le 2 octobre 2018, Jamal Khashoggi se rend au consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul afin d’obtenir un document administratif l’autorisant à se remarier avec sa jeune compagne turque, Hatice Cergiz. Il n’en ressortira jamais. L’enquête menée par les autorités locales révélera que le journaliste a été assassiné sur les lieux par un commando saoudien, entré en Turquie quelques jours plus tôt. Des hommes sous les ordres directs de Mohammed Ben Salmane, qui va lui nier toute responsabilité.

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Meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi

Une enquête accablante

Des enregistrements audio ont permis de découvrir que Jamal Khashoggi avait été torturé puis démembré, encore vivant, par un médecin venu avec le commando. Des caméras de surveillance ont également montré qu’un homme portant les vêtements de la victime avait quitté le consulat, quelques heures plus tard. Les restes du corps, en revanche, n’ont jamais été retrouvés. En décembre 2019, cinq membres du commando seront condamnés à mort par la justice saoudienne, avant que leur peine soit commuée en vingt ans de prison.

"L’audace, l’extravagance, la nature horrifique de ce meurtre, la réponse qui y a été apporté puisqu’il n’a pas été puni, tout dans cette histoire est choquant", explique Bryan Fogel à LCI, qui s’est passionné pour cette affaire qui continue de faire la une des journaux du monde entier. Classifié par Donald Trump, un rapport de la CIA reliant clairement le prince héritier au meurtre a été rendu public en février dernier par Joe Biden. Mais comme son prédécesseur, le nouveau président américain refuse de sanctionner l’Arabie Saoudite.

Est-ce que la France va arrêter vendre des armes à l’Arabie Saoudite ? La réponse est très certainement non- Bryan Fogel

"Qui va partir en guerre avec l’Arabie Saoudite ?", interroge Bryan Fogel. "Est-ce que Macron va arrêter le commerce avec l’Arabie Saoudite ? Est-ce que la France va arrêter vendre des armes à l’Arabie Saoudite ? La réponse est très certainement non", estime celui qui déplore la frilosité de la communauté internationale vis-à-vis du premier producteur de pétrole de la planète.

Après avoir décroché un Oscar pour Icarus, son documentaire primé aux Oscars, Bryan Fogel pensait n’avoir aucune difficulté à trouver un distributeur pour son nouveau film. Surprise : si The Dissident a été chaleureusement applaudi au Festival de Sundance en janvier 2020, aucune plateforme de streaming ne s’en est portée acquéreuse à l’époque. C’est finalement en VOD qu’il sort aujourd’hui en France, soutenu par le distributeur Originals Factory.

"Visiblement des intérêts financiers se sont mis en travers de mon chemin", constate le réalisateur. "Mais mon but, c’était que des gens voient le film, qu’ils le louent pour  5 ou 6 euros en France ou qu’ils le trouvent sur un site de Torrents, moi je suis content. "Parce que je ne l’ai pas fait pour gagner de l’argent, mais parce que c’est un sujet qui me passionne."

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Alors que Hatice Cengiz continue de faire pression sur les institutions internationales pour que Mohammed Ben Salmane soit jugé un jour, son compagnon est devenu un symbole de la lutte pour la liberté d’expression. "La liberté d’opinion, la liberté de pensée, d’élire nos dirigeants et de critiquer leurs décisions… Nous tous en Occident prenons ces choses pour acquises", observe Bryan Fogel.

 

"Mais ce que nous constatons en 2021, c’est que ces principes ne s’appliquent pas au niveau mondial. J’espère que les gens qui verront mon film seront non seulement choqués mais terrifiés. Et en colère. Mais qu’ils éprouveront aussi une connexion émotionnelle qui leur donnera envie d'élever leur voix. Parce que c'est de là que vient le changement."

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