Traitements des attentats : i>Télé, BFM TV ou encore France 2 mises en demeure par le CSA

Traitements des attentats : i>Télé, BFM TV ou encore France 2 mises en demeure par le CSA

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SANCTIONS - Le CSA s'est prononcé au sujet des traitements des récents attentats par les télévisions et les radios françaises. Le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel a ainsi émi 21 mises en demeure.

Le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel a rendu son verdict. Dans un communiqué posté sur son site officiel , le CSA a ainsi déclaré avoir analysé "quelque cinq cents heures de programmes" suite aux attentats terroristes survenus en France entre le 7 et le 9 janvier dernier. "Conscient des difficultés propres à la couverture d’une telle actualité, le Conseil supérieur de l’audiovisuel avait invité, par une note aux rédactions du 9 janvier, les télévisions et les radios à agir avec le plus grand discernement, notamment en vue de permettre aux forces de l’ordre de remplir leur mission avec toute l’efficacité requise", a déclaré ce dernier.

Le CSA affirme ainsi avoir relevé "36 manquements dont 15 ont donné lieu à des mises en garde et 21, plus graves, ont justifié des mises en demeure". Concernant "la diffusion d’images issues de la vidéo montrant le policier abattu par les terroristes", le CSA a mis en demeure France 24 pour avoir "porté atteinte au respect de la dignité de la personne humaine", ainsi que France 5, qui a diffusé la une d’un journal britannique, le Daily News, montrant l’image du policier à terre. De leurs côtés, i>Télé et LCI ont été mises en demeure suite à "la divulgation d’informations concernant l’identification de Saïd et Chérif Kouachi, avant la diffusion de l’appel à témoins par la Préfecture de police et ce, en dépit des demandes précises et insistantes du procureur de la République". Un geste qui "risquait de perturber l’action des autorités".

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Concernant "la divulgation de l’identité d’une personne mise en cause comme étant l’un des terroristes", le CSA a mis en demeure les chaînes BFM TV, France 2, i>Télé, LCI et TF1, qui pour l'institution "ont manqué de mesure dans le traitement de l’enquête, mais encore pris le risque d’alimenter les tensions dans la population à partir d’une allégation qui s’est révélée inexacte". Pour ce qui est de la "diffusion d’images ou d’informations concernant le déroulement des opérations en cours, alors que les terroristes étaient encore retranchés à Dammartin-en-Goële et à l’Hyper Cacher de la Porte de Vincennes", BFM TV, Canal +, Euronews, France 2, France 24, LCI et TF1 ont aussi été mises en cause.

Dans son communiqué, le CSA fait également référence à l'"annonce que des affrontements contre les terroristes avaient lieu à Dammartin-en-Goële alors qu’Amedy Coulibaly était encore retranché à la Porte de Vincennes''. Une décision qui a également amené à mettre en demeure BFM TV, Euronews, France 2, France 24, i>Télé, LCI, TF1, ainsi que les radios Europe 1, France info, France inter, RFI, RMC et RTL. Par ailleurs, France 3 et Canal + ont, elles, été mises en demeure pour la diffusion intégrale d'une vidéo montrant l'assaut mené contre l'Hyper Cacher. "Des images insistantes, susceptibles de nourrir les tensions et les antagonismes, pouvaient contribuer à troubler l’ordre public", a estimé le CSA, qui a également rappelé à l'ordre France 2, TF1 et RMC, qui avaient "signalé la présence d’une personne qui était parvenue à se cacher dans l’imprimerie" où les frères Kouachi s’étaient retranchés, mettant ainsi en danger la sécurité de cet individu.

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Ce vendredi, France Info a ainsi tenu a contesté sa mise en demeure. ''Il nous reproche d'avoir en quelque sorte fait notre métier. C'est-à-dire d'avoir dit au moment où les forces de l'ordre menaient une opération à Dammartin-en-Goële visant à mettre hors d'état de nuire les frères Kouachi, d'avoir dit à ce moment-là sur l'antenne de France Info : 'Il se passe quelque chose à Dammartin-en-Goële. Il y a des coups de feu, c'est l'un des reporters de France Info qui a décrit la scène, c'est en cours d'évolution", a déclaré Erik Kervellec, le directeur de la rédaction.

"Si on nous avait dit : 'il va y avoir une intervention'. Nous sommes des gens responsables. Nous n'allions pas communiquer et effectivement dire des choses qui étaient de nature à faire dégénérer la situation. Mais en aucune façon, nous n'avons reçu une consigne de ce type de la part des autorités compétentes. A aucun moment", a-t-il expliqué, avant d'ajouter : "Nous contestons cette mise en demeure. Nous ne la comprenons pas et nous envisageons des recours pour faire revenir le CSA sur cette sanction que nous jugeons parfaitement injustifiée".

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