Un Gauguin et un Bonnard accrochés depuis 40 ans dans la cuisine d'un ouvrier italien

Un Gauguin et un Bonnard accrochés depuis 40 ans dans la cuisine d'un ouvrier italien

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INCROYABLE – Les deux tableaux, qui valent des millions d'euros, ont été volés à des particuliers à Londres. Oubliés dans un train entre Paris et Turin, ils ont atterri en Italie aux objets trouvés puis ont été vendus aux enchères pour 23 euros.

L'histoire de ces deux tableaux est digne d'un scénario hollywoodien. Deux toiles de Gauguin et Bonnard, estimées à des millions d'euros et dérobées en 1970 à une riche famille londonienne, ont été retrouvées après une enquête rocambolesque dans la cuisine d'un ouvrier de la Fiat. "Il s'agit de tableaux d'une importance historique et artistique exceptionnelle", selon le général des carabiniers, Mariano Mossa, qui a évoqué pour le Gauguin une estimation de plusieurs dizaines de millions d'euros. "Fruits sur une table ou nature morte au petit chien" a été peinte par Paul Gauguin (1848-1903) en 1889. Ses dimensions originales (49x54 cm), ont été réduites par les voleurs à 46,5x53. Quant à l'autre toile, il s'agit de "La femme aux deux fauteuils" (44x54 cm) de Pierre Bonnard (1867-1947), non datée.

Sur les murs d'une cuisine à Turin puis en Sicile

Ces tableaux avaient été volés en 1970 au domicile d'une riche famille de Londres, les Mark-Kennedy, dont les héritiers peuvent désormais à tout moment "revendiquer la propriété". Ils ont ensuite été oubliés dans un train Paris-Turin où ils ont été retrouvés par le personnel des chemins de fer italiens. Consignés un certain temps aux objets trouvés, les deux tableaux sont mis aux enchères à Turin en 1975 et achetés, pour la somme ridicule de 45.000 lires de l'époque (23 euros), par "un ouvrier de la Fiat, passionné d'art". L'homme les a ensuite accrochés sur les murs de sa cuisine d'abord à Turin, puis en Sicile après avoir pris sa retraite, où ils sont restés pendant 40 ans.

Comment les carabiniers sont-ils arrivés jusqu'à cette cuisine sicilienne ? Là encore, l'histoire est "extraordinaire". Elle commence par des photos, entrées en possession des carabiniers, qui repèrent de suite que les toiles qu'elles représentent peuvent être de la main des deux maîtres impressionnistes français. Après un premier contrôle, il s'avère que les tableaux ne sont pas recensés parmi les oeuvres volées. Mais l'enquête ne s'arrête pas là. Ils finissent pat mettre la main sur deux articles parus en juin 1970 dans le New York Times et dans un quotidien de Singapour sur le vol de ces deux toiles à Londres. Restait alors à identifier le propriétaire actuel des tableaux - l'ouvrier sicilien - et à le convaincre, via des avocats, de remettre ces objets aux enquêteurs. Reste à savoir si l'ouvrier touchera un dédommagement.

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