"Un pays qui en vient à légaliser l'euthanasie perd tout droit au respect" : la colère de Michel Houellebecq

"Un pays qui en vient à légaliser l'euthanasie perd tout droit au respect" : la colère de Michel Houellebecq

OPINION - Dans une tribune publiée dans "Le Figaro", l’écrivain Michel Houellebecq exprime son opposition au projet de loi sur la fin de vie qui doit être examiné à partir de jeudi à l’Assemblée nationale.

Michel Houellebecq contre l’euthanasie, suite. Déjà auteur d’une tribune dans Le Monde paru en 2019, avant la mort de Vincent Lambert, l’écrivain reprend la plume ce mardi dans les colonnes du Figaro, alors que les députés s’apprêtent à examiner le projet de loi créant un droit à l'euthanasie pour les personnes souffrant d'une pathologie incurable. Un texte qui a peu de chance d’être voté dans l’immédiat puisque l’opposition y a opposé quelques 3.000 amendements.

"Personne n’a envie de souffrir physiquement", admet Michel Houellebecq. "La souffrance morale a ses charmes, on peut en faire un matériau esthétique ce dont je ne me suis pas privé. La souffrance physique n’est rien d’autre qu’un enfer dénué d’intérêt", reconnaît l’écrivain, avant de rappeler l’existence de plusieurs manières de l’éliminer comme l’administration de morphine ou le recours à l’hypnose. Des méthodes dont la méconnaissance par le grand public explique, selon lui, "les sondages effarants" en faveur de l’euthanasie.

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L’auteur de Sérotonine déplore le dévoiement, selon lui, de certains mots par les défenseurs du projet de loi. Et notamment la nécessaire "dignité" due aux malades. "Je n’ai guère eu l’impression, tout au long de ma vie, de manifester une dignité exceptionnelle", ironise-t-il. "Et je n’ai pas l’impression que ce soit appelé à s’améliorer. Je vais finir de perdre mes cheveux et mes dents, mes poumons vont commencer à partir en lambeaux (…) Si c’est la dignité, on peut très bien vivre sans ; on s’en passe. Par contre, on a tous plus ou moins besoin de sentir nécessaires ou aimés."

Pour Michel Houellebecq, la légalisation de l’euthanasie serait même un péril destructeur pour l’Occident. "Sur le plan anthropologique, c’est une question de vie ou de mort", estime-t-il. "Je vais, là, devoir être très explicite : lorsqu’un pays – une société, une civilisation – en vient à légaliser l’euthanasie, il perd à mes yeux tout droit au respect. Il devient dès lors non seulement légitime, mais souhaitable, de le détruire afin qu’autre chose – un autre pays, une autre société, une autre civilisation – ait une chance d’advenir."

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