Un street artiste agressé pour avoir prôné la paix entre les religions

Un street artiste agressé pour avoir prôné la paix entre les religions

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PARIS - L'artiste parisien Combo s'est fait passer à tabac le week-end dernier alors qu'il était en train de taguer sur un mur le mot Coexist avec un croissant musulman pour le C, une étoile de David pour le X et une croix chrétienne pour le T.

Il a eu droit à un tabassage en règle. Son péché ? Avoir prôné la paix entre les religions. Le street artiste Combo s'est fait agresser, samedi dernier dans Paris, alors qu'il était en train de coller une affiche le représentant vêtu d'une djellaba blanche à côté du mot ''Coexist'' tagué en noir avec un croissant musulman pour le C, une étoile juive pour le X et une croix chrétienne pour le T. Selon le quotidien Le Monde, qui a relayé l'information, Combo s'en est sorti avec une épaule démise, des bleus et tout de même huit jours d'incapacité totale de travail.

Sur sa page Facebook , l'artiste français d'origine libano-marocaine a posté une photo de lui, cocard à l'œil et ecchymose sur le front, avec ce message : ''La nuit dernière je collais dans les rues de Paris, il était tard et j’étais seul. Quand dans mon dos un groupe de 4 hommes m'ont interpellé. Ils n'aiment vraisemblablement pas mon travail et m’ont sommé de l'effacer en m’insultant. Ce à quoi j'ai répondu non", écrit-il.

"Ils ont alors commencé à me frapper, poursuit Combo. J'ai fini à terre, roué de coups. Peu importent d’où ils viennent, leur couleur de peau, leur religion ou leurs idées politiques. Ils ne représentaient que bêtise et ignorance. Rien ni personne ne m’empêchera de m'exprimer, de pratiquer mon art. Demain je retournerai coller, après-demain et le jour d'après aussi. Nos idéaux valent plus que leurs idées basses.''

''Moins de Hamas, plus de houmous''

Combo, alias Culture Kidnapper, officie depuis 2012 dans la capitale, où il est connu pour ses photos détournées. Sur celles-ci, les dirigeants de la planète se retrouvent affublés de têtes de Pinocchio ou de Rapetout. Mais ce pro de la provoc ne connaît pas de frontière. A Tchernobyl, il a collé des affiches en faveur du nucléaire. A Hong Kong, il a semé des affiches représentant des pages Google censurées par Pékin. A Beyrouth, celui qui fait passer ses messages avec beaucoup d'humour a laissé sur les murs de la ville cet appel à la raison : ''Moins de Hamas, plus de houmous''.

Très drôle également, cette photo sur laquelle il tient un grand drapeau qui pourrait passer, aux yeux du néophyte, pour celui de Daech. Sur le sien est inscrit en arabe : "Écris sur un drapeau noir en arabe, et tu verras les Occidentaux paniquer". Depuis les attentats du mois de janvier, Combo multiplie les messages de tolérance.

Toujours à côté de son portrait en djellaba blanche, il tague : ''L'habit ne fait pas le moine et la barbe ne fait pas l'imam'' ; "Did you know that Muslims finish their prayers saying 'amen', like Christians and Jews?" [Saviez-vous que les musulmans finissent leurs prières par "amen" comme les chrétiens et les juifs] ou ''In France we have 50 000 soldiers, muslims, who protect our country'' (En France, nous avons 50 000 soldats musulmans qui protègent notre pays].

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