Yseult, Camélia Jordana, Pomme… Ces chanteuses qui bousculent la pop française

Yseult, Camélia Jordana, Pomme… Ces chanteuses qui bousculent la pop française

ZOOM - Elles inspirent les uns et agacent les autres… mais elles assument. La 36e cérémonie des Victoires de la musique a mis en lumière une nouvelle génération de chanteuses qui n’a pas peur de prendre la parole sur les grands sujets de société.

Si Benjamin Biolay a enrichi sa collection de Victoires de la musique de deux nouvelles statuettes, vendredi 12 février, l’édition 2021 a confirmé que le meilleur de la pop française se conjuguait aujourd'hui au féminin. Coup de projecteur sur ces chanteuses qui n’ont pas fini de faire parler…

Pomme

De son vrai nom Claire Pommet, cette multi-instrumentiste surdouée enregistre ses premiers titres lorsqu’elle est encore au lycée, dans la banlieue de Lyon. Nourrie de chanson française et de folk américain, elle en a hérité un goût pour les textes intimistes et engagés, comme elle l'a prouvé en assumant son homosexualité à travers l'emploi de pronoms féminins dans ses chansons.

Après avoir décroché la Victoire de la révélation féminine l’an dernier, elle a été sacrée artiste féminine de l’année ce vendredi, dans le sillage du succès de son deuxième album, Les Failles, produit par Albin de la Simone, vendu à déjà plus de 50.000 exemplaires.

Avant la cérémonie, Pomme avait publié une tribune poignante sur le blog de Mediapart, affirmant avoir été "manipulée, harcelée moralement et sexuellement" de 15 à 17 ans. En recevant sa récompense, elle a souhaité "une industrie musicale plus safe pour les femmes" et invité ces dernières à casser les codes du milieu.

>> Le titre à écouter : Anxiété, extrait de l’album Les Failles

Yseult

Recalée aux auditions à l’aveugle de The Voice, la Parisienne Yseult Onguenet avait échoué en finale de la Nouvelle Star, en 2013. Après avoir publié chez Universal un premier album un peu trop sage de son propre aveu, elle traverse une douloureuse période de remise en question avant de lancer son propre label musical pour se réinventer de A à Z.

Après avoir écrit pour les autres, Jenifer et Chimène Badi notamment, Yseult revient sur le devant de la scène fin 2019 avec Noir, un EP qui contient Corps, un titre poignant qu’elle a interprété aux Victoires de la Musique. Et dont le texte évoque ses combats aussi bien personnels que professionnels.

"Je vois des délires, genre 'ferme-la et chante'", s’est-elle emportée il y a quelques jours sur le plateau de Clique, sur Canal +. "Mais au nom de quoi, au nom de qui ? […] J’aimerais juste qu’aujourd’hui, on arrive à parler librement du racisme du féminisme, du sexisme, qu’on arrête de s’acharner sur nous et qu’on arrête de nous ch… dessus."

>> Le titre à écouter : Corps, sur le EP Noir

Camélia Jordana

Difficile de ne pas avoir entendu parler ces derniers mois de celle qui a débuté devant les caméras de la Nouvelle Star à l’âge de 16 ans. Si le cinéma l’a accueilli à bras ouverts, avec le César de la révélation pour son rôle dans Le Brio, c’est à travers la musique que cette petite fille d’immigrés algériens, née à Toulon, s’exprime le plus librement.

Si ces déclarations sur la police chez Laurent Ruquier ont fait des vagues l’an dernier, la jeune femme n’en était pas à son coup d’essai. Dans la très belle chanson Dhaouw, extraite de l’album LOST, interprétée en 2019 sur la scène des Victoire de la musique, elle évoquait la répression meurtrière, le 17 octobre 1961, de plusieurs centaines d’Algériens sur ordre du préfet de police de Paris Maurice Papon.

Nommée aux Victoires de la musique cette année pour la chanson Facile, Camélia Jordana revendique sa liberté de parole, qu’elle cite les autrices féministes qui lui sont chères comme Mona Chollet et Lauren Bastide ou qu’elle défende le travail de l’association SOS Méditerranée, qui vient au secours des migrants en mer. "Je ne me considère pas comme une artiste engagée, je me considère comme une citoyenne concernée et consciente du monde dans lequel elle vit", confiait-elle à LCI à l’occasion de la sortie de l’album Facile x fragile.

>> Le titre à écouter : Dhaouw, extrait de l’album LOST

Suzanne

Née à Avignon dans un milieu modeste, Océane Colom commence la danse classique à l’âge de 5 ans. Après le conservatoire, elle multiplie les petits boulots avant de percer dans la musique. Elle est encore serveuse dans un bar du XXe arrondissement lorsqu’elle écrit les textes des morceaux électro-pop qui figureront sur son EP éponyme, publié en 2019. Portée par ses performances scéniques détonantes, elle décroche l’an dernier la Victoire de la révélation scène.

Suzane confirme ses belles promesses avec l’album Toï Toï, paru en janvier 2020. Militante féministe et écolo, la chanteuse évoque librement son homosexualité et s’engage contre le harcèlement de rue qu’elle a connu elle-même dans sa jeunesse. Et qu’elle met en scène avec férocité dans le texte et la vidéo explicite de la chanson SLT. 

"Moi, je me sens surtout concernée avant d’être engagée", expliquait-elle début 2020 à 20 Minutes celle qui était nommée pour la Victoire de l’artiste féminine de l’année. "Je me dis qu’on vit à une époque où est un peu obligés d’être concernés parce que tout va vite, trop vite, et il y a beaucoup de choses sur lesquelles on perd le contrôle."

>> Le titre à écouter : SLT, extrait de l’album Toï Toï

>> Retrouvez l'intégralité du palmarès des 36e Victoires de la musique ici

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