Anglais/ Français : pas de Brexit pour les mots

Anglais/ Français : pas de Brexit pour les mots

L'année 2021 commence par un évènement historique. Le Royaume-Uni quitte l'Union européenne. Mais Brexit ou pas, des deux côtés de la Manche, on continuera à parler Franglais, ce mélange unique du français et de l'anglais dans les mots.

Abandon, accident, admirable... Tous ces mots, prononcés à la française ou à l'anglaise, sont bien de chez nous. Et si finalement, l'anglais était le gardien de l'ancien français ? " On peut vraiment dire, parce qu'il y a eu véritablement un afflux de mots français du côté de l'Angleterre au moment de Guillaume le bâtard, qui était devenu Guillaume le Conquérant en devenant roi d'Angleterre", explique Jean Pruvost, linguiste.

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Tout démarre donc au Moyen Âge. À l'époque où la Normandie fait partie du royaume d'Angleterre. Pour traverser la Manche et faire parvenir son courrier, on prend la "malle", une sorte de cargo. Un mot qui désigne aussi un coffre. "C'est assez curieux parce qu'on passe du coffre au bateau, la malle de Douvres et on passe de la lettre dans le coffre au courrier de mail", estime Jean Pruvost.

Mail est certes un anglicisme, mais bien d'origine française. Et le mot "budget", ça se situe de quel côté de la Manche ? Au Moyen Âge, une "bougette" est une petite bourse. Tout comme "ticket", contraction d'"étiquette". On peut même se targuer d'être à l'origine de la plupart du vocabulaire anglo-saxon. Sur 300 000 mots, 80 % ont une racine latine.

C'est la presse au 19e siècle qui va commencer à inverser la tendance avec le sport. C'est un mot anglais. Quant à la révolution industrielle, qui vient d'outre-Manche, elle nous apporte son vocable autour du chemin de fer. On transporte des marchandises dans des "wagons" et les trains sont sur des "Rail". C'est un mot anglais. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, ce sont les Américains qui débarquent avec leurs films, leurs musiques, leurs mots.

Ils nous emmènent dans des "club". Écoutez du "Jazz" ou du "Blues".

Aujourd'hui, si l'évolution du numérique avec nos "smartphones" et le "big data", ne laisse pas sa place au français, on n'oubliera pas qu'une langue voyage toujours avec un billet aller-retou

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