Ecrivain, cinéaste et rebelle : qui est Alexandre Jardin, candidat à l’élection présidentielle ?

PORTRAIT – Ecrivain, cinéaste et citoyen militant, Alexandre Jardin vient d’annoncer sa candidature à l’élection présidentielle de 2017. Quel est le parcours de ce romancier de 51 ans au visage enfantin et à la verve grinçante.

Quand d'autres annoncent qu'ils renoncent, lui, décide d'y aller. Alexandre Jardin, le citoyen militant à la mine débonnaire vient d’annoncer son intention de se présenter à l’élection présidentielle de 2017. Cinéaste et écrivain, ce défenseur de "la révolte des bienveillants" et pourfendeur de la centralisation à outrance de notre pays a  l’engagement militant chevillé au corps. 


Diplômé de Sciences Po, Alexandre Jardin a pourtant préféré se  lancer dans une carrière littéraire qui sera couronnée de succès. Bille en tête son premier roman écrit à 20 ans a remporté le prix du premier roman en 1986. Deux ans plus tard, il récidive avec Le Zèbre qui décrochera le Prix Femina. Cet ouvrage connaîtra même une adaptation au cinéma avec Jean Poiret à la réalisation et Thierry Lhermitte dans le rôle-titre. Suivront ensuite de nombreux autres romans comme Le Zubial, Le petit sauvage, Le roman des Jardin tout aussi plébiscités et traduits dans 23 langues.  

Rebelle et engagé

Rebelle qui se fout des conventions, Alexandre Jardin a le verbe "Oser" inscrit sur son front. Celui qui se moque des qu’en-dira-t ’on n’a ainsi pas hésité à se mettre une partie de sa famille à dos en déterrant certains tabous que certains auraient préféré garder secrets. Dans Des gens très bien, il interroge le passé de son grand-père paternel, directeur de cabinet de Pierre Laval grand maître d’œuvre du régime de Vichy. Et questionne le rôle de cet ancêtre dans la rafle du Vel d’Hiv notamment. En revanche, Alexandre Jardin voue une adoration sans borne à son père Pascal Jardin, scénariste fantasque et grand séducteur à l’origine de La Grande Vadrouille, Le Vieux Fusil, Angélique Marquise des Anges, ou encore Le Tatoué


Ancien chroniqueur au Figaro et à Canal + à l’époque de Nulle Part Ailleurs, également cinéaste  avec trois films en tant que réalisateur (Fanfan, Oui et Le Prof), Alexandre Jardin n’en oublie pas la politique qui coule dans ses veines avec un mélange détonnant... Outre son grand-père « vichyste », Alexandre Jardin compte aussi parmi ses aieux, Philippe Landrieu. Son arrière-grand-père maternel est l’un des fondateurs de la SFIO qui donnera naissance au Parti Socialiste en 1969. En 2002 alors que la France est sonnée par la qualification de Jean-Marie Le Pen  pour le second tour de l’élection présidentielle, l’écrivain engagé publie 1+1+1 qui se veut une sorte de manifeste citoyen pour faire de la politique autrement. En 2007, il veut attirer l’attention des candidats à l’élection présidentielle en lançant le site "Comment faire", qui devait répertorier des propositions concrètes pour changer les choses.

Vers une démocratie citoyenne

Mais las des apparatchiks des partis qu’il fustige, Alexandre Jardin a trouvé son salut dans le milieu associatif. Il est notamment à l’origine avec  le journaliste Pascal Guénée de l’association Lire et Faire lire qui s’appuie sur un réseau de près de 20 000 retraités qui vont transmettre dans les écoles le plaisir de la lecture aux enfants. Mais aussi de Mille Mots où des bénévoles interviennent dans les prisons pour aider les jeunes détenus à enrichir leur vocabulaire. Celui qui croit au pouvoir d’action des citoyens a créé en 2015 l’association Bleu Blanc Zèbre, un mouvement qui fédère les initiatives citoyennes dont le manifeste des "Faizeux" (qui se veut le contraire des "Diseux", les hommes politiques) en appelle au pouvoir des citoyens : "Laissez-nous faire, nous les Faizeux, celles et ceux qui agissent au quotidien pour trouver des solutions performantes aux maux qui rongent notre société. Laissez-nous faire, nous les acteurs du monde associatif, mutualiste ou entrepreneurial qui donnons concrètement des outils aux Français pour qu’ils se prennent en main."


Le 8 septembre dernier, dans la continuité de ce mouvement, il lance la Maison des Citoyens en organisant un Facebook Live Place de Clichy. C’est donc sous cette bannière qu’il décide de se présenter à l’élection présidentielle. Agacé par la vision jacobine du pouvoir exercée en France et des politiques qui se décident loin du terrain, Alexandre Jardin désire "redonner du pouvoir aux gens".   "Est-ce qu’on va pouvoir continuer à voter pour le moins pire [des candidats] ou est-ce qu’on va enfin changer de méthode. Ce que nous proposons ce n’est pas un changement de contenu c’est un changement de méthode. Notre méthode c’est de massivement décentraliser", explique Alexandre-t-il avant de justifier sa candidature  : "Il va falloir que quelqu’un prenne le pouvoir pour le donner. "

En vidéo

Déçu des politiques, l'écrivain Alexandre Jardin rassemble les "faiseux", les "gens qui font"

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Elections présidentielles

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter