En mal de scène, les artistes multiplient les concerts et spectacles payants sur Internet

En mal de scène, les artistes multiplient les concerts et spectacles payants sur Internet

ALTERNATIVES - Salles aux portes closes et tournées avortées poussent les professionnels de la culture à se réinventer. En mal de scène, ils sont de plus en plus nombreux à s'essayer au "live streaming", un spectacle payant diffusé en direct sur Internet.

Du chanteur Rodolphe Burger au groupe anglo-saxon Gorillaz, en passant par Patrick Fiori, M. Pokora ou encore l’Opéra de Paris, le live streaming, ou le fait de diffuser un spectacle payant en direct sur Internet, séduit de plus en plus artistes en mal de scène, du fait de la fermeture des salles de spectacle et des tournées avortées. Les fameux live qui permettaient aux artistes et au public de garder le contact et le moral lors du premier confinement se font aujourd’hui de plus en plus rares. Depuis un mois, ce sont désormais les concerts payants en ligne qui se multiplient. Ils sont pour les artistes une source de rémunération mais aussi de promotion de leurs albums.

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Pour la chanteuse Liane Foly, après plus de 35 ans de carrière, ce sera une première. L’artiste montera sur la scène de l’Apollo Théâtre à Paris ce mercredi 16 décembre à 21h, pour un concert en piano-voix. "La scène me manque éperdument. Pour ma part, je dirais même qu’elle me manque follement", confie la chanteuse, qui trépigne d’impatience à l’idée de retrouver son public. Celle qui a l’habitude d'assurer une cinquantaine de concerts par an n’en a pas donné un seul cette année. 14 euros pour une heure et demie de concert, autant dire que les spectateurs en auront pour leur argent. En contrepartie, ils prendront place sur des strapontins virtuels, derrière leur écran. Pour combler le manque d’interactions, des postes de télévision ont été disposés de chaque côté de la salle, de quoi permettre à l’artiste de s’adresser à eux pendant le concert.

"Le fait que la salle soit vide doit faire étrange. En même temps, je sais que les gens vont être là. Le streaming live, c'est un peu magique. Et c'est une très bonne solution", s’enthousiasme Liane Foly, qui se produira à l’occasion de son anniversaire. Pour combler le manque d’interactions avec les spectateurs, des postes de télévision ont été disposés de chaque côté de la salle, de quoi permettre à l’artiste de s’adresser à son public en direct pendant le concert. Avant elle, le chanteur Patrick Fiori s'était produit le 14 novembre dernier devant 3500 fans, battant ainsi le record de Jean-Marie Bigard, qui avait vendu plus de 2000 billets pour son spectacle en ligne, Big Streaming, le 20 juin dernier.

Entre les cadreurs et les réalisateurs, une équipe de 25 personnes travaille sur ce spectacle. Avant, ils étaient au chômage- Le magicien Éric Antoine

Une tendance qui risque encore de se développer à l'avenir alors que l’épidémie de Covid-19 continue de se propager à travers le monde. La plateforme "My Digital Arena", autoproclamée "plus grande salle de spectacle de France", propose d’ores et déjà trois concerts. Depuis le Pavillon Baltard se produiront ainsi Cali (18 décembre), Elsa Esnoult (le 19) et Chantal Goya (le 20) avec des billets autour de 20 euros. Même l’Opéra de Paris a sauté le pas. Pandémie oblige, l’institution, vieille de 350 ans, a lancé le 13 décembre dernier sa propre plateforme de diffusion de spectacles en ligne, baptisée "Opéra chez soi". À cette occasion, l'Opéra de Paris a retransmis pour la première fois sur Internet un ballet, La Bayadère de Noureev, en diffusion payante. À l’issue de la représentation, le danseur Paul Marque a été nommé danseur étoile. 

En attendant de retrouver leur public, artistes et performeurs rivalisent d’ingéniosité pour proposer des spectacles originaux et soignés, tout en s’adaptant à ce nouveau mode de diffusion. À l’instar du magicien Éric Antoine qui dès le premier confinement a imaginé un dispositif technique et des tours de magie spécialement conçus pour son nouveau show intitulé Connexion. Deux représentations par jour, 25 euros par foyer, le tout en visioconférence, via l’application Zoom, de manière à faciliter l'interaction avec les spectateurs. "Il y a une forme de responsabilité en tant qu'artiste lorsqu'on a un succès populaire comme le mien. Entre les cadreurs et les réalisateurs, une  équipe de 25 personnes travaille sur ce spectacle. Avant, ils étaient au chômage", souligne l’artiste.

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Un concept qui, au-delà de la barrière psychologique qui peut freiner le public par son côté novateur, reste malgré tout complexe à rentabiliser. D’autant que parfois les contraintes s'accumulent, comme pour les cabarets. Ni spectacle, ni restauration, mais une volonté farouche de rester en contact avec le public. Bénévolement, artistes et salariés du cabaret Don Camilo à Paris ont lancé récemment Couvre pas mon feu, une émission humoristique diffusée sur Internet. "C'est à la fois un mouvement de soutien à tous les artistes qui sont désespérés depuis le mois de mars.  Et aussi un moyen de distraire et amuser ceux qui nous regardent car ils en ont un grand besoin", explique Sylvain Collaro, directeur artistique du cabaret parisien. Car les salles de spectacles, elles, resteront fermées au moins jusqu'au 7 janvier.

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