VIDÉO - Le Manifeste des 343, l’histoire de la lutte féministe pour l’IVG

VIDÉO - Le Manifeste des 343, l’histoire de la lutte féministe pour l’IVG

COMBAT - Le 5 avril 1971, 343 femmes, connues et anonymes, avouent publiquement avoir avorté dans l’illégalité, dans un manifeste publié dans "Le Nouvel Observateur". Un scandale immédiat qui mènera quelques années plus tard à la loi sur l'IVG.

C'était il y a cinquante ans... Le 5 avril 1971, Le Nouvel Observateur publiait une liste de 343 signatures, celles de femmes ayant eu le courage de déclarer publiquement qu’elles avaient eu recours à l'avortement. À l'occasion du cinquantième anniversaire de cette parution, Histoire TV diffuse mercredi 7 avril à 20h50, "Le manifeste des 343, dans les coulisses d'un scandale", produit par Camera Lucida, Sensito Films et Histoire TV. 

Ce documentaire de Valérie Jourdan et Adeline Laffitte retrace l’histoire de ce manifeste, d’un acte de désobéissance civile mené par des femmes et pour des femmes pour en finir avec l'omerta sur l'avortement. À l’époque, la contraception demeure quasi inexistante et l’Église comme l’Ordre des médecins refusent toute idée d’une modification de la loi de 1920 qui interdit l’avortement et toute propagande à son sujet. Celles qui n’en ont pas les moyens ont recours aux faiseuses d’anges. Dans la plus grande clandestinité, 800.000 femmes subissent un avortement chaque année en France et 5000 d’entre elles décèdent dans l'indifférence générale. 

Nicole Muchnik, le MLF et Simone de Beauvoir

Une situation alarmante qui va indigner une jeune journaliste du Nouvel Observateur. "J’ai dit qu'il faudrait que des femmes qui se sont fait avorter aient le courage de le dire et qu'elles le signent et qu'elles le disent et qu'on l'écrive dans le journal", explique la journaliste, Nicole Muchnik. L'hebdomadaire laisse la jeune femme aller au bout de son idée mais la tâche s’avère compliquée. 

Dans la mouvance de mai 68, le Mouvement de libération des femmes (MLF) se forme. Anne Zelensky devient l’une de ses figures historiques. Et c’est elle que la journaliste du Nouvel Observateur décide de contacter pour l’aider à publier une déclaration en faveur de la légalisation de l’avortement. Pour marquer le coup, il fallait recruter des femmes célèbres prêtes à la signer, Anne Zelensky demande à Simone de Beauvoir de participer à cette action. La philosophe et écrivaine auréolée d’un prix Goncourt accepte sans tarder et persuade Catherine Deneuve, Jeanne Moreau, Ariane Mnouchkine ou encore Gisèle Halimi de participer. 

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Le 5 avril 1971, le manifeste apparaît en première page de l'hebdomadaire. Le scandale est total. Avec la signature de ces "343 salopes", c’est toute la vérité qui éclate sur la réalité de l’avortement. La peur a alors changé de camp, les manifestations se multiplient ainsi que les prises de paroles à la télévision et dans la presse. Le manifeste devient le premier maillon d'une chaîne d'actions qui aboutira quatre ans plus tard à la loi sur l'interruption volontaire de grossesse.

>> "Le Manifeste des 343, dans les coulisses d'un scandale",  mercredi 7 avril à 20h50 sur la chaîne Histoire TV

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