VIDÉO - On a visité "Domestikator", l’œuvre controversée qui a trouvé refuge à Beaubourg

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ÉTONNANT - Le Louvre n’en a pas voulu dans son jardin. En marge de la Fiac, la sculpture "Domestikator" est présentée sur le parvis du Centre Pompidou jusqu’au 22 octobre. LCI est allé à la rencontre de son créateur, le Néerlandais Joep van Lieshout.

"Domestikator" a trouvé sa maison. Cette sculpture-habitat de 12 mètres de haut de l’artiste contemporain néerlandais Joep van Lieshout devait être exposée dans le jardin des Tuileries dans le cadre du parcours Hors les Murs de la Fiac 2017. A la dernière minute, le Louvre y a mis son veto. Dans un courrier, adressé aux organisateurs de la manifestation reine de l’art contemporain, son président Jean-Luc Martinez expliquait que "des légendes sur l’Internet circulent et attribuent à cette œuvre une vision trop brutale qui risque d’être mal perçue par notre public traditionnel du jardin des Tuileries."


Le célèbre musée parisien craignait-il des actes de vandalisme, trois ans après le fameux "Plug Anal" de Paul McCarthy, installé place Vendôme, dans le cadre de la Fiac ? Ou de ceux commis sur le Dirty Corner d’Anish Kapoor, à Versailles fin 2015 ? Toujours est-il que "Domestikator" est finalement présenté à Paris, sur le parvis du Centre Pompidou plus précisément. "Je suis content d’être accueilli ici parce que je peux montrer l’œuvre et l’expliquer aux gens", a confié l’artiste à LCI, sous l'oeil amusé des passants.

Le plus grand malentendu, c’est que les gens croient que ça parle de sexeJoep van Lieshout

"Le plus grand malentendu, c’est que les gens croient que ça parle de sexe. Alors que ça parle de domestication, précise-t-il. La domestication, c’est un processus au cours duquel l’homme, à travers sa productivité et son intelligence, œuvre sur son environnement pour créer un monde meilleur. D’où l’agriculture, l’industrie, les nouvelles technologies. Tout ce qui nous entoure aujourd’hui est le fruit de la domestication. Et ça continue avec les robots, l’intelligence artificielle, les manipulations génétiques, la big data."


Si l’apparence extérieure de "Domestikator" interpelle, fait sourire, voire dérange, l’intérieur révèle une maison à deux étages, sur lesquels sont exposées des œuvres et des installations vidéos évoquant la thématique chère à l’artiste. "Ce que je veux, c’est que les gens réfléchissent aux effets de ces nouvelles technologies, insiste Joep van Lieshout. Est-ce bien ? Est-ce effrayant ? Peut-être est-ce positif pour les pays pauvres, mais n’est-ce pas un processus irréversible qui rendra la nourriture artificielle ? Je ne dis pas que la domestication est mauvaise, que la technologie est mauvaise. Je veux juste entamer un dialogue."

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Courtois, ce Néerlandais de 54 ans ne digère pas totalement la décision du Louvre. "Aujourd’hui les musées deviennent de grosses compagnies, avec beaucoup de gens et d’argent impliqués, déplore-t-il. Leurs directeurs veulent la jouer 'safe'. Ils consultent leur directeur marketing, leurs avocats. Alors qu’ils devraient choisir les œuvres sur la base ce qui est bon, et de ce qui a du sens. Et l’expliquer au public plutôt que de dire que c’est impossible de les exposer à cause de la nudité, de la politique etc. Je pense vraiment qu’il faut s’engager pour la liberté de l’art."

"Domestikator" est exposé devant Beaubourg jusqu'au 22 octobre. D'autres oeuvres de Joep van Lieshout sont exposées à la Carpenters Workshop Gallery, 54 rue de la Verrerie, Paris 4. 

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