Pourquoi la France va restituer au Bénin 26 œuvres d’art qu'elle conservait depuis 130 ans

Pourquoi la France va restituer au Bénin 26 œuvres d’art qu'elle conservait depuis 130 ans

ART - La France va restituer dans les prochaines semaines 26 œuvres d'art à leur pays d'origine, le Bénin. On vous explique.

17 novembre 1892 : les Français s'emparent du palais royal d’Abomey au Bénin. Ils en profitent pour emporter 26 objets en guise de butin de guerre. Alors que ces œuvres sont conservées dans les musées français depuis 130 ans, ils s'apprêtent à être rendus dans les prochaines semaines à leur pays d'origine. Le président, Emmanuel Macron, a présidé mercredi 27 octobre au musée du Quai Branly la cérémonie officialisant la restitution au Bénin de ces trésors. 

Pour que cette entreprise soit possible, plusieurs conditions doivent être remplies. "Les critères que l’on examine ici, qui ont servi de base à cette restitution, c’est la violence, le fait d’acquérir des objets sans le consentement de son propriétaire. Soit la violence, soit la contrainte", rappelle Emmanuel Kasarhérou, président du musée du Quai Branly, dans la vidéo du 20H de TF1 en tête de cet article.

La restitution fait l'objet d'une loi spéciale votée fin 2020. En principe, le code du patrimoine interdit ce type de transfert de propriété, il stipule que les biens culturels des musées de France sont inaliénables et ne peuvent pas être cédés. "Il y a un problème d'atteinte à un principe fondamental qui est dans l'ADN des musées français. Les biens africains sont les meilleurs ambassadeurs de l’Afrique en Europe. C’est ça le musée à la française", souligne Yves-Bernard Debié, avocat spécialiste du marché de l'art.  Il ajoute : "Si on part de ce principe que les biens africains en Afrique et les bien esquimaux aux inuits, c’est contraire au principe d’universalité des musées français."

Une accélération après le discours de Ouagadougou

L'accélération sur ce dossier africain s'inscrit dans une volonté initiée par le président Macron dès 2017. Il s'était engagé lors d'un discours à l'université de Ouagadougou en novembre 2017 à rendre possible d’ici à cinq ans les restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en France. "Ce discours a suscité un certain nombre de demandes. Officiellement, on en recense six ou sept aujourd'hui", indique Jean-Christophe Castalin, rédacteur en chef du journal des Arts. 

Sur la base d'un rapport remis par les universitaires sénégalais et française Felwine Sarr et Bénédicte Savoy, il a été décidé de rendre 26 œuvres, réclamées par les autorités du Bénin, provenant du trésor d'Abomey et conservées au musée du Quai Branly-Jacques Chirac, ainsi que le sabre et le fourreau d'El Hadj Omar Tall, demandé par le Sénégal. 

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Selon des experts, 85 à 90% du patrimoine africain se trouverait hors du continent. Depuis 2019, outre le Bénin, six pays - Sénégal, Côte d'Ivoire, Ethiopie, Tchad, Mali, Madagascar - ont soumis des demandes de restitutions. Au moins 90.000 objets d'art d'Afrique subsaharienne sont dans les collections publiques françaises. 70.000 d'entre elles au Quai Branly, dont 46.000 arrivées durant la période coloniale.

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