"Avant, je ne voulais pas qu'on se retourne sur moi" : Mimie Mathy se livre dans "7 à 8"

TÉMOIGNAGES – Une réussite qui n'a rien de miraculeux. Mimie Mathy raconte son combat avec les préjugés pour imposer sa personnalité hors norme. La comédienne est l'une des personnalités préférées des Français. Elle se livre dans le portrait de la semaine.

PORTRAIT - Éternelle optimiste, la comédienne de 63 ans et interprète de "Joséphine Ange Gardien" depuis 23 ans déjà revient sur les épreuves qu'elle a dû surmonter pour embrasser la carrière d'artiste, face à Audrey Crespo-Mara dans l'émission "Sept à Huit" sur TF1.

Même dans la vraie vie Mimie Mathy semble avoir des ailes d’anges, celles qui lui permettent de survoler les épreuves : sa petite taille, un désir de maternité contrarié, les douleurs d’un corps qui se dérobe. Mais sa force de caractère a fait d’elle l’une des personnalités préférées des Français, bien au-delà de son rêve d’enfant. "Avant, je ne voulais pas qu'on se retourne sur moi, et pourtant aujourd’hui c’est le cas, mais pour des raisons un peu différentes", sourit-elle. 

L’occasion pour l’interprète de Joséphine Ange gardien de rendre hommage à ses parents. Sans qui, explique-t-elle, elle n’aurait pas eu ce parcours. "Quand j’étais petite, ils m’ont dit : ‘Tu es comme ça alors fais avec ! Tu n’arrives pas à atteindre un objet ? Soit tu nous demandes, soit tu prends un tabouret et l’attrapes par toi-même’. Ils m’ont aussi donné beaucoup d’amour, et c’est ce qui m’a donné cette force", explique la comédienne de 63 ans.

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Qu’elle devienne artiste, pour eux, était pourtant loin d’être une évidence. Il a donc fallu les convaincre. "Mes parents me voyaient bien dans un petit bureau, bien planquée, à l’abri du regard. J'avais fait des études en sciences économiques. Mais ce n’était pas ce que j’avais envie de faire. Je voulais être artiste. Ils étaient morts de trouille car ils craignaient qu’on me fasse du mal", explique-t-elle. 

Lors de ses débuts à la télévision, dans l’émission "Les Fugues à Fugain" les samedis après-midi sur TF1 (de 1981 à 1984), la comédienne a d’ailleurs pu en faire l’expérience. "Un téléspectateur avait écrit un courrier à la chaîne en disant : ‘Comment peut-on mettre un gnome difforme à la télévision ?’ À l’époque, ça m’avait fait mal et en même temps, j’ai eu la chance que tous les copains de la télévision me disent : ‘Tu t’en fous, tu es là !’".

J’ai eu la chance de rencontrer des gens qui m’ont donné ma chance- Mimie Mathy

Mimie Mathy, elle aussi, a eu ses anges gardiens. "J’ai eu la chance de rencontrer des gens qui m’ont donné ma chance :  Michel Fugain, tout d’abord, avec son école de comédie musicale à Nice. Et aussi Philippe Bouvard qui m’avait pris dans son émission "Le petit théâtre de Bouvard" contre l’avis des dirigeants de France 2. Grâce à lui, je suis devenue Mimie et non plus juste la naine de service", explique-t-elle. 

Si depuis longtemps déjà, l'actrice assume sa différence, elle n'en fait pas pour autant un totem. "J’ai plutôt tendance à fuir mes semblables. On ne va pas devenir une secte non plus", plaisante-t-elle. "Lors de mes spectacles, j’ai souvent des personnes de petites tailles qui se mettent au premier rang et qui me font des coucous pendant le spectacle. Et ça, c’est l’horreur ! Je parle avec eux après le spectacle, bien sûr. Et je leur dis toujours : ‘Arrêtez de venir en bande, ne vous marriez pas les uns avec les autres, en plus vous allez faire des petits'", poursuit-elle.

Devenir mère, Mimie Mathy  y a songé aussi. "On a essayé et puis ça n’a pas fonctionné. Mais ce n’est pas grave. D’autant qu’il y avait un risque qu’il soit comme moi. C’est une chance sur quatre. Je ne me voyais pas attendre l’échographie décisive au bout de quatre mois et me dire : ‘Je le garde ou pas, est-ce qu’il m’en voudra s’il me ressemble ?’. Le monde est dur et je ne voulais pas que mon enfant morfle comme moi", confie-t-elle.

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Il y a quatre ans, j’ai failli perdre l’usage de mes jambes- Mimie Mathy

Sa belle étoile, Mimie Mathy la doit désormais aux médecins qui la suivent. "Il y a quatre ans, j’ai failli perdre l’usage de mes jambes. C’est à cause de ma colonne vertébrale, au niveau du canal rachidien. Les nerfs ont tendances à être comprimés. C’est un peu comme des fils électriques qui seraient dans une gaine trop petite", explique la comédienne, dont c'est la quatrième opération. "J'ai eu la chance de rencontrer des médecins merveilleux qui m’ont aidée à échapper au fauteuil roulant, poursuit-elle. Aujourd'hui, je marche et je peux continuer à tourner et je ferai à nouveau de la scène", s’enthousiasme l'actrice. Un miracle ou presque.

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