VIDÉO - "Allez travailler dans l'administration !" : Mathieu Kassovitz tacle les mécontents du monde du cinéma

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POLEMIQUE – Invité ce mercredi de LCI, Mathieu Kassovitz a estimé que les artistes devaient accepter la fermeture des salles de cinéma "par solidarité avec les gens qui sont vraiment dans la merde en France". Et parce que d’après lui, la précarité engendrée par la pandémie de coronavirus fait partie des risques du métier qu’ils ont choisi.

Fossoyeur ou visionnaire ? À l’annonce de la non-réouverture des salles de spectacle, le 10 décembre dernier, l’acteur et réalisateur Mathieu Kassovitz avait suscité un vif émoi en dénonçant sur BFMTV "l’égo mal placé" des professionnels du secteur. "Vous avez la télé, vous pouvez regarder des films à la maison. Le cinéma n’est plus essentiel comme il a pu l’être à une époque", avait jugé l’auteur de La Haine, estimant que les cinémas étaient "voués à disparaître". Et que la pandémie de coronavirus était "juste un accélérateur" d'une évolution plus large et durable du secteur.

 

Invité ce mercredi d’Elizabeth Martichoux sur LCI, "Kasso" a enfoncé le clou. "Aujourd’hui je ne pense plus que ce soit essentiel, quand on a chez soi des écrans 4K, et la capacité en quelques secondes de downloader des films entiers, de se retrouver dans des salles où la projection n’est pas forcément optimale", a-t-il insisté. "L’expérience n’est plus la même, la société évolue. Le monde évolue. Et nous, en tant que créateurs de film, on doit évoluer avec. Je n’ai pas envie de faire de films pour Netflix… mais j’en ferai ! Parce que je suis obligé d’aller dans cette direction-là."

Par solidarité avec les gens qui sont vraiment dans la merde en France, on ne peut pas en tant qu'artistes réclamer des choses qui mettraient en péril nos proches et ceux des autres- Mathieu Kassovitz sur LCI

Mathieu Kassovitz n’est évidemment pas insensible à la situation des professionnels du cinéma dont l’activité est en péril. "J’ai beaucoup d’amis qui sont dans des situations dramatiques parce qu’on ne peut plus ouvrir les cinémas, parce que pour eux l’économie s’est arrêtée pendant six mois", a-t-il admis. "Mais si on se réclame artistes, si on veut être intermittent du spectacle et avoir cette vie un peu spéciale où on ne va pas au bureau, une vie où les choses se décident au jour le jour, que ça marche ou ça ne marche pas, il faut accepter les règles du jeu. Et cette pandémie-là, elle entre dans les règles du jeu". 

Si ces propos ne devraient pas calmer ses détracteurs, l’acteur et réalisateur en appelle à la responsabilité de ses collègues. "Par solidarité avec les gens qui sont vraiment dans la merde en France, on ne peut pas en tant qu'artistes réclamer des choses qui mettraient en péril nos proches et ceux des autres", a-t-il plaidé. "C’est la vie qu’on a choisie et le gouvernement ne nous doit rien. Vous voulez de l’assurance ? Allez travailler dans l’administration ! (...) Nous, on n’a pas ce problème-là. On a le problème que quand on n’a pas de travail, on ne mange pas. C’est terrible. Mais on ne peut pas se regarder le nombril."

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Depuis l’annonce de la non-réouverture des salles de cinéma, de nombreuses personnalités du secteur ont exprimé leur incompréhension. "Quand je vois la cohue des gens dans les centres commerciaux, dans les supermarchés, je ne comprends pas bien la cohérence de tout ça", a confié à LCI Gilles Lellouche, au générique de Bac Nord, un film qui devait sortir le 23 décembre.

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Plus amère encore, Maïwenn s’en est prise au chef de l’Etat mardi sur le plateau de Quotidien. "C'est comme si on n'existait pas : le gouvernement ne nous considère pas. Je pense que le président Macron se fout de la culture", a déploré l’actrice et réalisatrice dont le dernier film, ADN, devait ressortir le 15 décembre, après seulement deux jours à l’affiche fin octobre. 

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Sorti avant le reconfinement, Adieu les cons était l'un des grands succès en salles de l'automne. Son acteur et réalisateur Albert Dupontel s'était confié dans notre podcast "Le cinéma, c'est la vie en mieux"...

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