SEPT À HUIT – "Qu’on brûle tout ça !" : l’interview sans concession de Rose McGowan, l’actrice par qui le scandale Weinstein a éclaté

COMBATTANTE - A deux semaines d’une cérémonie des Oscars inévitablement bouleversée par l’affaire Harvey Weinstein, l’actrice Rose McGowan, victime présumée du producteur déchu et fer de lance du mouvement #Metoo, s’est confiée face aux caméras de Sept à huit. Impact de la libération de la parole des femmes qu'elle a initiée, silence de Meryl Streep, tribune controversée sur le harcèlement co-signée par Catherine Deneuve… Elle déballe sans détour ses vérités.

Un an avant les révélations du New Yorker et du New York Times sur les agissements d’Harvey Weinstein, elle avait sonné l’alarme en affirmant, déjà, avoir été agressée sexuellement par un grand producteur américain. Mais sans jamais, alors, le nommer. Plus de 4 mois après l’étalage sur la place publique de l’affaire qui a ébranlé Hollywood, Rose McGowan refuse toujours, ou presque, de prononcer le nom du "monstre" qu’elle accuse de l’avoir violée en 1997, alors qu’elle était âgée de 23 ans et à l’affiche de la comédie d’horreur Scream. "A chaque fois que je l’entends, c’est comme si une balle me transperçait le cœur", lâche-t-elle face aux caméras de Sept à Huit.

L’interview de l’actrice américaine diffusée ce dimanche dans l’émission de TF1 prend un écho tout particulier à deux semaines des Oscars. Alors que l'industrie du cinéma est encore groggy par le tsunami du mouvement "#Metoo", Rose McGowan est plus que jamais déterminée à poursuivre le combat. Les larmes aux yeux quand elle confie s’être coupé les cheveux pour "rompre avec le monde, ou être "un peu jalouse" face à celles qui parviennent à "traîner leur monstre devant le tribunal" - les faits dont elle accuse Harvey Weinstein sont prescrits -, elle se fait acide lorsqu’il s’agit d’évoquer "les abrutis d’Hollywood". Porter du noir sur les tapis rouges pour montrer sa solidarité avec les victimes de harcèlement et d’abus sexuels ? "Stupide" à ses yeux. Meryl Streep affirmant qu’elle ne savait rien des agissements d’Harvey Weinstein ? Un mensonge : "A moins qu’elle ne vive dans un monde à part, tout le monde savait qu’il était un homme mauvais, horrible, méchant, abusant des gens". La tribune controversée signée par une centaine de femmes, dont Catherine Deneuve, pour la "liberté d'importuner" ? Rose McGowan n’en retire qu'un sentiment de "peine" : "Je pense qu’elles ont toutes un certain âge. L’idée qu’un homme peut draguer comme ça… Qu’elles la ferment !"

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Après le scandale Harvey Weinstein, la parole se libère selon les associations de défense des femmes

Interrogée sur le fait de savoir si le torrent d’accusations qui a essaimé aux quatre coins du globe et dans toutes les strates de la société n’était pas allé trop loin, l’héroïne de la série Charmed estime que"non, au contraire" : "Réveillez-vous, ouvrez les yeux. C’est la première fois dans l’histoire qu’on croit ce que disent les femmes". Et le producteur de d’Hollywood qui viendrait lui proposer de faire un film sur son histoire est d’ores et déjà prévenu. Ce serait un non sans appel : "J'explique déjà très bien ce que je suis. Pourquoi on l'écrirait à ma place? Un film ? A Hollywood ? Qu’on brûle tout ça !"

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