Il y a 100 ans, la Française Adrienne Bolland réalisait l'un des plus beaux exploits de l'histoire de l'aviation

Il y a 100 ans, la Française Adrienne Bolland réalisait l'un des plus beaux exploits de l'histoire de l'aviation

CENTENAIRE - Son nom ne vous dit peut-être rien, mais Adrienne Bolland a marqué l'Histoire. En avril 1921, cette héroïne des airs est devenue la première aviatrice à traverser la cordillère des Andes.

Les gens se bousculent et les chapeaux en toile semblent flotter dans les airs. Sur plus de huit kilomètres, l'avenue de Buenos Aires est prise d'assaut par des centaines d'Argentins. Des hommes uniquement. Nous sommes en 1921 et tous se sont déplacés pour acclamer la reine des airs, une aviatrice française. Sur les photos jaunies par le temps, la silhouette d'Adrienne Bolland se détache sur un paysage saturé de costume-cravates. 

Âgée de 25 ans, la jeune femme vient de réaliser un exploit : traverser la cordillère des Andes à bord d'un coucou un peu frêle, son Caudron G3. Si les rues de la capitale argentine s'en souviennent encore, l'héroïne céleste ne déplace pas les foules dans son pays natal. À l'instar d'autres femmes, le nom de l'aviatrice a été oublié des livres d'Histoire. Cent ans après cet exploit, le 20 heures de TF1 revient sur cette pilote méconnue qui a tenté d'ouvrir la voie aux femmes dans l'aviation. 

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Les poncifs ne manquent pas pour qualifier cette pionnière : tête brûlée, grande gueule ou encore garçon manqué. Dans les années 20, Adrienne Bolland détonne dans le monde de l'aviation. Alors que les femmes restent cantonnées à la sphère du privé, très peu sont encouragées à s'épanouir sur le plan professionnel. Que ce soit sur terre ou bien dans les airs. À cette époque, le ciel est peu encombré par les femmes, d'autant plus que la célèbre aviatrice Raymonde de Laroche vient de se tuer dans un accident en 1919. La même année, Adrienne Bolland intègre l'école du Crotoy. 

À l'époque, la jeune femme est ruinée (ayant perdu tout son argent au jeu) et a jeté son dévolu sur l'aviation. Aux manettes de bolides aériens, Adrienne Bolland excelle. À plusieurs reprises, la pilote précoce arrache la place de pionnière. Elle est la première femme à obtenir un brevet de pilote après la Grande Guerre, la première aussi à traverser la Manche ou bien à réussir un looping. En 1920, la future génie des airs est embauchée  comme pilote dans la maison d’aviation de René Caudron. Mais celle qui est la dernière d'une famille de sept enfants n'est pas rassasiée.

Les chances de traverser étaient minimes- Adrienne Bolland, aviatrice

1921. Adrienne Bolland s'envole pour l'Argentine, son Caudron G3 démonté dans ces bagages. Son patron vient de lui proposer un voyage en Amérique du Sud afin de promouvoir ses engins sur le continent. A son arrivée à Buenos Aires, Adrienne Bolland rêve de gloire. Peu à peu, l'idée germe dans sa tête : elle va traverser la cordillère des Andes à bord de son frêle coucou. "Je ne voulais pas faire une seconde mais une première. Je voulais passer par des endroits où personne n'était passé", insiste la navigatrice dans une archive retrouvée par TF1.

Sourire en coin, ton assuré et un regard franc presque insolent. Devant les caméras, l'aviatrice décrit avec quel insouciance elle a mis sur pied son exploit mondial. "Les chances de traverser étaient minimes. Il n'y avait pas de raisons que je passe. Les gens me répétaient que c'était impossible. J'étais démoralisée par les gens qui m'ont dit que ce serait difficile. Mais en fait plus on me disait cela et plus je voulais le faire", se souvient-elle. Alors qu'elle a encore très peu d'heures de vol, la pilote n'hésite pas une seule seconde. 

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1er avril 1921. 6 h du matin. Dans quelques heures, Adrienne Bolland deviendra une légende. En attendant, son mécanicien prépare le petit moteur du Caudron G.3. La ville de Mendoza a été choisie comme point de départ. Elle se situe dans la Pampa, au pied de la Cordillère des Andes. Son objectif est le ralliement de Santiago du Chili, à 200 kilomètres. Dans ses papiers, la pilote de 25 ans ne dispose d'aucun plan de vol. Sa seule indication : la parole des paysans qui lui ont pointé du doigt la direction de Santiago. Ils disaient :"C'est là", en joignant la parole aux gestes. 

La traversée a été ardue. Adrienne Bolland a dû se confronter à des vents de face terrible. Résultat : quarante minutes de surplace dans la Cordillère des Andes. À ce moment-là, elle a très froid et ses bras sont ankylosés. Quatre heures de vol plus tard, la pilote aperçoit au loin l'océan Pacifique descendre dans la plaine de Santiago. Dans ce pays d'Amérique du Sud, elle est érigée au rang d'héroïne. Le président de la République chilienne vient la féliciter en personne. De son côté, l'ambassadeur de France, lui, ne se déplace pas. Il croit à un poisson d'avril. À tort. 

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