VIDEO - Tim Burton : "Eva Green, c’est la maîtresse d’école que vous n’avez jamais eue"

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INTERVIEW – LCI a rencontré le réalisateur de "Alice au pays des merveilles" et "Charlie et la chocolaterie" à l'occasion de la sortie de "Miss Peregrine et les enfants particuliers", adaptation d’un roman de Ransom Riggs. Opposant des enfants dotés de dons (invisibilité, lévitation...) à des forces occultes, ce nouveau long-métrage drôle, gothique et horrifique permet au cinéaste américain de revenir au meilleur de son art. Rencontre.

Pensez-vous à l’enfant que vous étiez quand vous réalisez ce genre de film ? 

Mais je suis toujours un enfant. Quand vous vieillissez, les sentiments qui vous habitaient quand vous étiez jeunes restent avec vous. Quand j’ai lu le roman de Ransom Riggs, je me suis immédiatement reconnecté avec celui que j’étais.  C’est quelque chose que j’aime explorer dans chacun de mes films. 


De quels sentiments liés à l’enfance parlez-vous ? 

Les mêmes que ceux du personnage principal : l’impression de ne pas être à sa place, d’être maladroit, de ne pas savoir communiquer. Un sentiment assez triste de solitude parce que vous n’êtes pas populaire. Cependant, enfant, je n’avais pas la sensation d’être singulier, étrange, même si les gens disaient le contraire. 

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Enfant, vous auriez aimé avoir un don ? 

Je voulais être invisible mais je ne fantasmais pas sur les super héros et leurs pouvoirs. Je me sentais plus proche des monstres comme Frankenstein, Le fantôme de l’Opéra , L’étrange créature du lac noir... 


Pourquoi avoir choisi Eva Green pour incarner une figure maternelle avec ce rôle de maîtresse de maison pour les enfants particuliers ?  

C’est la maîtresse d’école que vous n’avez jamais eue mais que vous avez rêvé d’avoir. Une sorte de Mary Poppins baroque. Eva a quelque chose de rare: elle est drôle, émouvante, tragique, étrange, belle.... Elle peut tout être à la fois et peut même vous faire croire qu’elle se transforme en oiseau. Et sans jamais en faire trop. 

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Un mot sur le look du film : comment l’avez-vous abordé ? 

Il y a bien sûr des effets spéciaux mais je voulais que l’environnement des jeunes acteurs qui pour la plupart n’avaient jamais joué semble réel. Nous avons ainsi tourné dans une vraie bâtisse, dans un décor naturel, avec le moins d’écrans verts possible. 


Définiriez-vous Miss Peregrine comme un film d’horreur pour enfants ? 

Absolument. Mais je ne veux pas faire peur aux parents en disant cela. Quand j’étais enfant, je regardais des films bien plus effrayants que Miss Peregrine. Et depuis vingt ans, on me dit sans arrêt : Batman, est trop sombre, Beetlejuice est trop sombre, L’étrange Noël de Monsieur Jack est trop sombre, Les noces funèbres est trop sombre... Je n’en peux plus de l’entendre mais ça revient sans cesse. Or, je crois que les enfants sont comme les adultes : s‘ils ont peur, ils détourneront les yeux mais seuls eux sont vraiment capables de savoir ce qu’ils peuvent supporter ou non.

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