Villa Médicis, la maison de tous les dangers

Villa Médicis, la maison de tous les dangers

ZOOM - Les révélations du Canard Enchaîné concernant la nomination de Julie Gayet au sein du jury de la Villa Médicis de Rome - information démentie par le ministère de la Culture - placent la prestigieuse institution culturelle au coeur de la polémique. Une nouvelle fois.

François Hollande pris en flagrant délit de favoritisme ? Mercredi, Le Canard Enchaîné a ajouté un épisode à la ''love story'' présidentielle en révélant que l'actrice Julie Gayet , avec qui le chef de l'Etat entretiendrait une relation, devait faire partie du jury chargé de sélectionner les artistes candidats à l’Académie de France à Rome pour l'année 2014. Statutairement, cette décision touchant à la prestigieuse Villa Médicis est du ressort de la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti. Celle-ci dément ce mercredi les informations du journal satiriqu e, pourtant corroborées par un communiqué publié - puis retiré - sur le site de l'Académie.

Quoi qu'il en soit, ce n'est pas la première fois que la Villa Médicis plonge un président de la République dans l'embarras. En 2008, le prédécesseur de François Hollande, Nicolas Sarkozy, avait été embarqué dans une violente polémique concernant, cette fois, la nomination du directeur de l'institution. Alors que le chef de l'Etat souhaitait y recaser son conseiller culturel, Georges-Marc Benamou, Olivier Poivre d'Arvor, candidat au poste, s'était indigné de ce ''fait du prince''. Finalement, la controverse avait été éteinte par la nomination de Frédéric Mitterrand à la tête de l'imposant palais situé sur les hauteurs de la capitale italienne.

Le Sénat fait le tour du propriétaire

Il faut dire que, pour tout représentant de la culture française, la Villa Médicis a de quoi faire rêver et susciter les convoitises. Créée en 1803 par Napoléon, l'institution a pour vocation de faire rayonner les arts hexagonaux au-delà des frontières - de la peinture à la sculpture, en passant par le cinéma et même... la cuisine. D'où l'importance de ce fameux jury, dans lequel Julie Gayet aurait pu prendre place, chargé de sélectionner les artistes de demain qui auront le droit d'exercer, pendant plusieurs mois, leurs talents au sein de la prestigieuse maison romaine.

Mais là encore, tout n'est pas simple et limpide. Le choix des pensionnaires a en effet été à plusieurs fois épinglé par le passé. Normalement évalués sur dossier, nombre d'entre eux profiteraient surtout de leur réseau - artistique, voire politique - pour obtenir leur sésame italien. Tant et si bien qu'en 2012, le Sénat s'était penché sur la Villa Médicis , dans le cadre d'une mission d'information visant à clarifier les règles de recrutement. Des pensionnaires, pas des membres du jury.

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