Wonder Woman, une ambassadrice des droits des femmes à l’ONU qui fait grincer des dents

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POLÉMIQUE - Ça sonne comme une mauvaise blague mais c’est bien la réalité : le personnage de comics Wonder Woman a bien été choisi par l’ONU comme ambassadrice honoraire pour promouvoir l’émancipation des femmes. Une décision qui fait scandale jusqu’au sein même de l’institution internationale.

Pour promouvoir l’égalité des sexes et mettre en exergue l’émancipation des femmes et des filles, l’ONU a donc choisi pour ambassadrice un personnage de fiction qui se promène en petite culotte et avec un décolleté très suggestif. Cette décision de faire de Wonder Woman une ambassadrice honoraire a fait grincer les dents des organisations féministes, mais aussi d'une partie de son personnel qui n’a pas manqué de manifester son désaccord.

Une ambassadrice contestée

Cette Amazone fille de Zeus mettra donc ses super-pouvoirs au service d'une campagne onusienne d'un an sur l'émancipation des femmes et des filles. Elle a été désignée ce vendredi 21 octobre lors d’une cérémonie en présence de l'actrice Lynda Carter, qui a incarné ce personnage de bande-dessinée à la télévision de 1975 à 1979, et de Cal Gadot, qui lui prête ses traits dans Batman V Superman : L’Aube de la Justice et bientôt dans le prochain film de DC Comics qui sera consacré à l’héroïne. 


Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, initialement annoncé, était absent. Son adjointe à la communication Cristina Gallach a très sérieusement salué "l'engagement de Wonder Woman en faveur de la justice, la paix et l'égalité". Au fond de la salle, quelques dizaines de protestataires, femmes et hommes, tournaient le dos au podium. Certains membres du personnel tenaient des pancartes où il était inscrit "Les vraies femmes méritent une vraie ambassadrice". 

Incarnation de la pin-up

Shazia Rafi, une des dirigeantes du mouvement She4SG qui milite pour nommer une femme à la tête de l'ONU, juge "ridicule" d'avoir choisi comme modèle un personnage de fiction. "Il y a tant de femmes bien réelles qui auraient pu être choisies." Une pétition, signée par 350 employés de l'ONU, avait circulé pour demander à M. Ban d'abandonner ce projet.


Sur un site internet créé par ces protestataires, on pouvait lire que Wonder Woman était "l'incarnation de la pin-up : une femme blanche à la poitrine opulente et aux mensurations improbables", "vêtue d'un costume moulant aux couleurs du drapeau américain". Les commentaires postés sont cinglants : "mauvaise plaisanterie", "insulte faite aux femmes", ou "il vaudrait mieux nommer plus de femmes à des postes de direction à l'ONU".

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Pour Cristina Gallach, plus que son apparence, "ce sont les valeurs incarnées par Wonder Woman" qui comptent. Lors d'une conférence de presse convoquée à la hâte, elle a aussi fait valoir que l'ONU avait nommé de nombreuses "ambassadrices en chair et en os" dont l'actrice Emma Watson, Leymah Gbowee, prix Nobel de la Paix, ou la reine Mathilde de Belgique. Reste que le prochain secrétaire général de l’ONU, qui prendra la succession de Ban Ki-Moon en janvier prochain, est encore un homme. Il s’agit du Portugais Antonio Guterres.


Le lancement de cette campagne coïncide avec le 75ème anniversaire de la première apparition de Wonder Woman dans un "comic book", pendant la Seconde guerre mondiale, et avec un film produit par Warner Bros qui doit sortir l'été prochain. Patty Jenkins, la réalisatrice de ce gros blockbuster et Diane Nelson, la présidente de DC Entertainment, qui détient les droits du personnage, étaient également présentes à la cérémonie. Un sacré coup de pub donc pour la franchise de DC Comics !

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