Cyclisme : Bradley Wiggins et la Team Sky accusés de dopage sur le Tour de France 2012

Cyclisme : Bradley Wiggins et la Team Sky accusés de dopage sur le Tour de France 2012

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TRUCAGE – Selon un rapport parlementaire révélé ce lundi au Royaume-Uni, la Team Sky et son ex-leader Bradley Wiggins, vainqueur du Tour de France 2012, ont eu recours à des médicaments pour améliorer leurs performances sportives. Des pratiques cependant autorisées car contournant les règles antidopage mais qui sèment le trouble autour de l’équipe britannique. Explications.

Une enquête explosive qui secoue encore la planète cyclisme. Selon un rapport parlementaire britannique révélé ce lundi, la célèbre Team Sky et son champion maison Bradley Wiggins, vainqueur du Tour de France 2012 après une riche carrière sur piste, ont eu recours à des médicaments pour améliorer leurs performances sportives.


En cause : la prise d’un corticoïde – la triamcinolone – avant la Grande Boucle finalement remportée par l’ex-pistard, ainsi qu’un traitement similaire mais non-identifié pris par ce même Wiggins lors du Critérium du Dauphiné, en juin 2011. 

Des contournements des règles antidopage suspectés

"Nous pensons que ce puissant corticoïde a été utilisé pour préparer Bradley Wiggins, et peut-être aussi d’autres de ses équipiers, pour le Tour de France", écrivent les députés auteurs du texte de 54 pages. "L’objectif n’était pas de traiter un problème médical mais bien d’améliorer son rapport poids-puissance avant la course." De quoi jeter un peu plus le trouble et le soupçon autour des pratiques de la Team Sky et de son manager Dave Brailsford, déjà embêtés par le récent contrôle positif au salbutamol de l’autre star de l’équipe, Christopher Froome, lors du Tour d’Espagne 2017.

En septembre 2016, un groupe de hackers russes avait révélé – après avoir piraté le site de l'Agence mondiale antidopage (AMA) – que Bradley Wigggins avait bénéficié d'autorisations d'usage à des fins thérapeutiques (AUT) pour pouvoir prendre ce produit avant trois courses majeures. Ces dérogations constituent pour les parlementaires un paravent visant à masquer une utilisation dopante du produit. "Cela ne constitue pas une violation du code mondial antidopage, mais franchit la ligne éthique que David Brailsford avait dit avoir lui-même fixé pour Team Sky", poursuivent les parlementaires. 

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Le portrait en hashtag : Christopher Froome

Je réfute fermement l'accusation selon laquelle des médicaments ont été utilisés sans raison médicaleBradley Wiggins

À l’instar de la direction de l’équipe, le quintuple champion olympique, qui a pris sa retraite fin 2016, a réfuté l’ensemble de ces accusations. "Je trouve triste que des gens puissent être accusés pour des choses qu'ils n'ont jamais faites et qui sont considérées comme des faits", a-t-il posté sur Twitter. "Je réfute fermement l'accusation selon laquelle des médicaments ont été utilisés sans raison médicale." 

L'ancien entraîneur de la Sky et de l'équipe britannique de cyclisme, Shane Sutton, a indiqué aux membres de la commission que ce que Wiggins avait fait "n'était pas éthique mais pas contre le règlement". Comme l’écrivent nos confrères du Monde, une source anonyme "au fait des pratiques médicales" de la Team Sky a permis aux parlementaires d’en savoir plus sur ces usages allant contre l’éthique. "En 2012, l’équipe était soumise à une forte pression pour être performante. Dave Brailsford et Shane Sutton mettaient une grosse pression sur l’équipe médicale, en particulier Richard Freeman (le médecin de la formation, ndlr), pour qu’il soit plus proactif dans le soutien médical des coureurs."


Dans un documentaire de la BBC en novembre 2017, Sutton avait reconnu que certains médicaments nécessitant une AUT avaient pu être utilisés pour améliorer les performances. "Si vous avez un athlète qui est à 95% de son meilleur niveau et que pour aller chercher les 5% qui lui manquent en raison d'une blessure ou d'un petit souci handicapant, il faut demander une AUT, alors oui bien sûr, dans ce cas, vous le faites", avait-il déclaré. 

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ARCHIVES - Comment lutter contre le dopage, une pratique qui se généralise ?

Dans leur rapport, les députés britanniques prônent une interdiction totale des corticoïdes, alors qu'ils sont permis sans AUT par l'AMA dans certains cas en compétition.

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