Dopage mécanique dans le cyclisme : "De très grands coureurs" en auraient bénéficié, une enquête ouverte en France

Dopage mécanique dans le cyclisme : "De très grands coureurs" en auraient bénéficié, une enquête ouverte en France

CYCLISME
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SUSPICIONS - Selon Le Canard Enchaîné de ce mercredi, deux juges d'instruction français enquêtent depuis plusieurs mois sur le dopage mécanique et les liens entre équipes, sociétés privées et instances du cyclisme. Le journal affirme que de grands noms du cyclisme professionnel auraient bénéficié des apports de cette technologie.

Un moteur dans le vélo "de très grands coureurs" ? Après l'affaire Chris Froome, au coeur de la polémique après les révélations concernant un contrôle anormal au salbutamol l'été dernier sur la Vuelta, le dopage mécanique revient au dans l'actualité. Selon Le Canard Enchaîné paru ce mercredi, deux juges d'instruction français, Claire Thépaut et Serge Tournaire, ont en effet été nommés cet été, à la suite d'une enquête préliminaire du parquet financier, pour approfondir le sujet. Ils soupçonneraient "un pacte de corruption scellé au plus haut niveau international" qui aurait "profité à de très grands coureurs".


Jusqu'à présent, seuls une jeune Belge courant dans les catégories espoirs en 2016 et un coureur amateur français ont été pris la main dans le sac. Mais le dopage mécanique serait en fait plus répandu que l'on croit. Et il impliquerait plusieurs intermédiaires. D'après l'hebdomaire satirique, "les liens entre équipes internationales, sociétés privées et hautes instances du cyclisme" sont actuellement "épluchés" par les deux juges. "De très grands coureurs" auraient ainsi "bénéficié des dernières avancées technologiques en matière de moteurs électriques", et donc du surplus d'énergie offert par le mécanisme à certains moments de la course.

Des vidéos ravivent le spectre du dopage mécanique

Lorsqu'on en vient à évoquer le dopage technologique (ou mécanique selon les aspérités), certaines images suspectes nous reviennent subitement à l'esprit. Les premiers soupçons datent d'accélérations très douteuses de Fabian Cancellera lors du Paris-Roubaix 2010. Plus récemment, sur la Vuelta 2014, Ryder Hesjedal chute dans un virage et l'une des roues du vélo, pourtant au sol, continue de tourner. Sur le Tour de Valence 2016, le même scénario se répète pour Ion Izaguirre. Malgré ces soupçons, aucun vélo à moteur n'a cependant pour le moment été détecté dans le peloton professionnel d'une grande course.

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ARCHIVE - Vélo à moteur : une affaire qui roule

Quoiqu'il en soit, le dopage mécanique est  pris très au sérieux par l'Union cycliste internationale. Le nouveau président français de l'instance, David Lappartient, avait d'ailleurs fait de ce dossier l'une de ses causes prioritaires. L'UCI a procédé à 50.000 vérifications entre 2016 et 2017, dont 4000 à l'occasion du dernier Tour de France. 


Mais, dans les faits, les tests seraient loin d'être infaillibles comme le rappelait en septembre une enquête de Stade 2. Avec l'ouverture d'un front judiciaire depuis quelques mois, cette nouvelle forme de tricherie est donc plus que jamais sous le feu des projecteurs.  

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