Qui est Cheng Ji, le coureur chinois lanterne rouge du Tour 2014 ?

Qui est Cheng Ji, le coureur chinois lanterne rouge du Tour 2014 ?

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TOUR DE FRANCE 2014 - Cheng Ji, 26 ans, est le premier Chinois à participer au Tour de France. Mais l’apprentissage est difficile pour celui qui, mardi lors de la journée de repos, fermait le classement général à 180e place...la dernière. Le coureur de Giant-Shimano, cloîtré dans l’ombrageux rôle de rouleur pour l’équipe, ne s'interdit pas pour autant de rêver à Paris et des Champs-Elysées où a lieu l'arrivée le 27 juillet.

Cheng Ji passerait presque inaperçu. Sortie discrète derrière le rideau du bus, casque de Giant-Shimano qui masque le haut de son crâne, gabarit de coureur moyen avec ses 67 kilos répartis sur 178 centimètres. Et quelques pas de chat sur la pointe de ses chaussures à vélo. Puis un appel : "Cheng", tente une supportrice asiatique derrière la rambarde de sécurité. Le dossard 107 se retourne et, un sourire soudain éclaire son regard. Le coureur se rapproche de celle qui, venue de Francfort (Allemagne), ne manque pas une étape de son chouchou.

Cheng Ji, 26 ans, est le premier Chinois à prendre le départ du Tour de France, en 101 éditions. Sans que ça n’émeuve plus que cela un professionnel dont la progression est linéaire depuis son arrivée dans l’équipe néerlandaise, en 2007. "Bien sûr que je suis content d’être le premier, confie à metronews le natif de Harbin, dans le nord de la République populaire. Mais cela fait partie de mon boulot. L’objectif était d’être là un jour. Voilà, j’y suis." Un brin "surpris" par le monde au départ (on parle de 5 millions de spectateurs lors des trois étapes en Angleterre), Cheng s’est, depuis, fondu dans le quotidien d'un membre à part entière du peloton. Ce qui n’était pourtant pas évident.

"Quand ça monte beaucoup, j’ai du mal"

Ce n’est qu’en 2002, à 15 ans, que l’ancien athlète enfourche un vélo. Il débarque cinq ans plus tard dans l'équipe qui s'appelle alors "Skil-Shimano". A sa création, le team néerlandais recherche un coureur chinois et enrôle l’un des rares pratiquants. L’Asiatique découvre alors le rythme d’entraînement à l'européenne, les premières courses professionnelles, souvent effectuées en queue de course, les premiers lauriers, les abandons (encore 10 sur 17 courses en 2014). Et finalement, il trouve sa place dans un collectif jeune et en progression. "Quand nous avons commencé à travailler avec lui, nous avions un plan à long terme, évoquait fin juin son directeur sportif Rudi Kenna. Nous voyons aujourd’hui qu’il joue un rôle important dans les sprints."

En réalité, celui qui jure" ne jamais avoir eu de modèle" dans le peloton est "un tueur d’échappée", comme il est surnommé par ses coéquipiers. Son rôle : rattraper, lors des étapes de plaine, ceux qui se sont fait la malle dans les premiers kilomètres pour que Marcel Kittel, son sprinteur , fasse parler sa vitesse dans le final. Dans la montagne, Cheng entoure toujours l’Allemand, tant bien que mal : "quand ça monte beaucoup, comme aujourd’hui (lundi), j’éprouve des difficultés. Mais je vais faire de mon mieux", promet-il.

Déjà dernier de la Vuelta en 2012

180e... sur 180 coureurs. Son classement peut prêter à sourire.  Pour le premier jour de repos, mardi à Besançon,  le Chinois squatte la lanterne rouge et les petites attentions des spectateurs qui vont avec. "Ah bon ?, s’étonne-t-il. Je n’ai pas vu si j’étais dernier, je ne regarde pas. J’ai entendu parler des histoires, du soutien de la part du public quand on est dernier, mais je n’ai pas regardé. Je travaille pour l’équipe, peu importe combien je suis classé." En revanche,  malgré les 2h21 qui le séparent du maillot jaune, Vicenzo Nibal i, il donne bien rendez-vous à Paris, où il espère parader le 27 juillet prochain. En 2012, il avait déjà été le premier de son pays à courir sur le Tour d’Espagne. Son résultat ? Dernier.

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