"Il y a des pièges partout" : à peine dévoilé, le tracé du Tour de France 2018 fait déjà trembler le peloton

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CYCLISME - Depuis ce mardi midi, la carte de la prochaine Grande Boucle est connue. LCI est allé à la rencontre des coureurs, qui emprunteront ce tracé. De Chris Froome à Bryan Coquard, en passant par Warren Barguil et Romain Bardet, de l'avis de tous, l'édition 2018 du Tour de France sera très exigeante.

Un Tour à rebondissements. En substance, c'est ce qui se dégage lorsqu'on interroge les coureurs après l'officialisation du tracé de la Grande Boucle 2018, dévoilé ce mardi midi au Palais des Congrès à Paris. Cette 105e édition, "longue de 3.329 kilomètres", selon le patron de la course Christian Prudhomme, va offrir un terrain de jeu varié à chaque type de coureurs. "Il y a beaucoup d'inédits, des ascensions courtes et des routes étroites", assure à LCI Romain Bardet, présent sur le podium du Tour en 2016 et 2017. Ainsi, il devrait y en avoir pour tout le monde. La première partie de course sera clairement favorable aux sprinteurs tandis que l'enchaînement Alpes-Pyrénées va voir la montée en puissance des grimpeurs, et bien sûr des favoris.

Ces premiers jours sans la montagne, c'est ce qui me fait plus peurChris Froome

Ceux qui jouent le général, ou les classements intermédiaires (comprenez le maillot à pois et le maillot vert), devront toutefois garder l'oeil bien ouvert. Et ce, dès le Grand Départ en Vendée le 7 juillet prochain. "Il y a des pièges partout, juge Warren Barguil, meilleur grimpeur du dernier Tour. La première partie risque de surprendre, ce ne sera pas dix jours tranquille (...) Ce ne sera pas simple de sortir indemne". Et le Morbihannais n'a pas forcément tort quand on regarde le carte.

En effet, les premières étapes dites de plaine pourraient réserver leur lot de surprises dans ce Tour. "On verra qu'en Bretagne, ce n'est pas plat", sourit Barguil, le nouveau visage de l'équipe Fortuneo-Oscaro. En témoigne notamment la 6e étape au départ de Brest avec la double ascension vers Mûr-de-Bretagne. D'ailleurs, Chris Froome, quadruple vainqueur de l'épreuve, sait qu'il va devoir sortir le bleu de chauffe pour éviter une déconvenue. "Ces premiers jours sans la montagne, c'est ce qui me fait plus peur parce que je peux perdre la course", juge-t-il au micro de LCI. Il rappelle aussi qu'il ne "peut pas la gagner" à ce moment-là. 

L'étape-reine ? 65 km de haute montagne

Au fil de leur périple sur les routes de l'Hexagone, les coureurs vont devoir se confronter à d'autres risques. À commencer par les mythiques pavés de Paris-Roubaix lors de la 15e étape au départ d'Arras. Quinze secteurs seront empruntés par le peloton pour un total de 21,7 kilomètres de pavés, un record depuis 25 ans. "C'est toujours un risque", abonde Chris Froome. Pour Romain Bardet, selon les conditions météo, "il peut y avoir de grosses pertes ce jour-là". S'il est probable que les pavés provoquent un écrémage dans le peloton, ils ne devraient toutefois pas permettre de faire la différence entre les principales têtes d'affiche.


Place ensuite aux "étapes montagneuses" dans les Alpes et les Pyrénées. "Elles font peur aux sprinteurs et je pense que ça peut aussi effrayer les autres", déclare à LCI Bryan Coquard, absent de la Grande Boucle l'an dernier. "Ce sera mouvementé", prévient-il pour conclure. Mouvementé, ce le sera en effet. Et pour cause, le peloton va notamment se mesurer à l'étape-reine de ce Tour 2018 : un parcours de 65 kilomètres dans les Pyrénées, entre Bagnères-de-Luchon et Saint-Lary-Soulan, l'étape en ligne la plus courte depuis 30 ans. Celle-ci se clôturera avec l'ascension inédite du col de Portet (16 km à 8,7%), "le nouveau Tourmalet" pour Christian Prudhomme. "Je ne sais pas ce qui peut se passer", estime Chris Froome. Même son de cloche chez Romain Bardet, qui s'attend à un règlement de comptes entre leaders "dès le kilomètre 0". 


Vous l'aurez compris, l'inconnue est de mise. Et l'appréhension du peloton déjà palpable.

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