Vincenzo Nibali, l'Italie à sa botte

Vincenzo Nibali, l'Italie à sa botte

CYCLISME - Vainqueur du Tour de France 2014, Vincenzo Nibali est le premier Italien à remporter la Grande Boucle depuis Marco Pantani, en 1998. Dominateur de bout en bout, ''le Squale'' s'appuie sur un cocon transalpin et évoque dès qu'il le peut ses illustres prédécesseurs. Même si le cliché de l'Italien ne lui colle absolument pas.

L'image de l'Italien loquace et un brin acteur ne lui sied guère. Celle du Sicilien, plus expressif encore, semble à l'opposée de sa personnalité. Pourtant, c'est bien à Messine, sur l'île tout au Sud de la Botte, que Vincenzo Nibali est né et a grandi, jusqu'à 15 ans, pour rejoindre la Toscane, son Amérique à lui. Là-bas, il a gagné ses premières courses et ses premières primes. Le début de sa construction qui l'a emmené presque logiquement jusqu'au sommet du Tour de France, à 29 ans. Après avoir déjà gagné la Vuelta (2010) et le Giro (2013), devenant seulement le sixième homme à remporter la ''triple couronne''. (*)

Bartali, Casartelli et Basso à l'esprit

Révélé à la Fassa Bortolo, couvé chez Liquigas, Vincenzo Nibali est aujourd'hui une vedette, l'un des plus gros salaires du peloton, avec près de 4 millions d'euros annuels (et quelques primes, comme un million d'euros reçus pour sa victoire sur le Tour). Ce qui n'enlève rien à son caractère. Le Squale qu'il est à bicyclette se transforme en champion presque discret en dehors, très disponible pour signer des autographes à tous ses fans devant l'hôtel, préférant s'asseoir pour bien répondre à tous les journalistes en zone mixte quand beaucoup filent après deux réponses banales.

Ses messages sont, d'ailleurs, rarement improvisés. Après le récit de sa stratégie de course, qu'il se plaît à décortiquer à l'arrivée, Nibali rend sans cesse hommage aux Italiens qui ont couru avant lui. A Chamrousse, dans les Alpes, il avait dédié sa victoire à Gino Bartali, double vainqueur du Tour né il y a 100 ans tout juste, mais aussi Fabio Casartelli, jeune coureur mort sur le Tour le 18 juillet 1995. Quant à son calme, il avoue s'inspirer d'Ivan Basso, son ancien leader chez Liquigas (suspendu deux ans pour son implication dans une affaire de dopage). ''Je bénéficie de son expérience aujourd'hui'', clame le maillot jaune 2014.

Une promesse faite à la mère de Pantani

Bien qu'évoluant dans une équipe étrangère (Astana, financée par le Kazakhstan), ''Enzo'', comme il est appelé à Messine, a construit autour de lui son clan sicilien : Paulo Slongo, son entraîneur personnel depuis ses débuts professionnels, Giuseppe Martinelli, directeur sportif d'Astana, Alex Carera, son agent, son masseur Michele Pallini et le Bergamasque Alessandro Vanotti, son coéquipier et protecteur sur la route.

Dimanche, tous vont savourer le premier sacre d'un coureur italien depuis Marco Pantani, en 1998. ''Le Pirate'', son idole qu'il aimait imiter, en bandana, quand il était jeune, et dont il a récupéré un des maillots en début d'année. ''Sa mère m'a remis l'un des maillots jaunes de Marco (décédé en 2004), expliquait Nibali début juillet. Si je lui succède, ce sera un très grand honneur et j'ai promis à sa mère que je lui donnerai l'un des miens si tout se passe bien.'' Un maillot d'un jaune éclatant.

(*) Après Jacques Anquetil, Felice Gimoni, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Alberto Contador.

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